Onze mois après un accident tragique qui a failli lui coûter la vie, Mathieu Baumel a triomphé sur la première étape du Dakar aux côtés de Guillaume de Mevius. L’équipage belge-français, au volant d’une Mini X-Raid, a dominé les 197 kilomètres de spéciales dans le désert saoudien, prenant la tête du classement général devant Nasser Al-Attiyah et Martin Prokop. Cette performance, à Yanbu sur les bords de la mer Rouge, est bien plus qu’une victoire sportive : c’est un symbole de résilience.
Pour Baumel, 49 ans, originaire de Céreste dans le Luberon, ce succès arrive dans un contexte personnel bouleversant. Victime d’un grave accident routier le 29 janvier 2025 près de Reims, il a subi des arrêts cardiaques, 12 litres de transfusions sanguines et une dizaine de fractures à la jambe gauche. L’amputation de sa jambe droite a été la décision inévitable après des semaines de combat. Pourtant, avec une prothèse spécifique, il est de retour au plus haut niveau.

Le terrible accident et la reconstruction de Baumel
L’accident s’est produit alors que Baumel portait assistance à un véhicule en panne. Percuté par une voiture, son état critique a mobilisé une chaîne de soins entre Reims et d’autres centres. Des opérations multiples, une rééducation intense au Grau-du-Roi, et le soutien indéfectible de sa famille ont permis sa survie.
« Tout ce qu’il a traversé n’a pas altéré ses qualités de copilote, c’est magnifique et c’est une belle leçon de vie qu’il nous donne à tous », témoigne Daniel Elena, multiple vainqueur du Dakar et ami proche, venu à son chevet.
Baumel lui-même relativise avec humour : « J’ai passé les 100 km de liaison à répondre aux messages. Cette victoire me fait plaisir à moi mais aussi à beaucoup de monde, à tous ceux qui m’ont aidé pour cette prothèse. Je n’avais encore jamais fait autant de kilomètres avec, donc je ne savais pas ce que ça allait donner. »
Son retour en baquet semblait irréaliste à beaucoup. Romain Dumas, pilote engagé sur Ford Raptor, se souvient : « Après être sorti du centre mi-juillet, il est venu chez moi à Alès pour remonter dans une Porsche. J’avoue que j’ai douté pour le Dakar. »
François Cazalet, copilote de Saood Variawa, ajoute : « Son timing nous paraissait osé. Mais en le voyant au centre de rééducation, on a compris qu’il allait le faire. »
L’angoisse familiale pendant la spéciale
À 5 000 km de là, en Andorre, la famille Baumel a vécu un calvaire. Une panne de balise GPS a rendu la Mini n°222 invisible des pointages, ravivant les traumatismes.
« On a commencé à paniquer. Ça a duré… Quand Mathys a crié qu’ils passaient au km 108, quel soulagement », raconte Barbara, l’épouse et ancienne pilote.
Les deux heures suivantes ont été intenses. À l’arrivée, l’explosion de joie : « Ils ont l’air si sereins avec Guillaume… On est tellement fiers de sa bataille, et de la nôtre, mentale et morale. »
De Reims au Grau-du-Roi, en passant par Céreste, les proches ont pleuré de bonheur. Édouard, Gaël, Yann, Nathalie, Philippe : tous ont accompagné la famille dans cette épreuve.
Réactions dans le paddock et perspectives
Au parc d’assistance, accolades et poings serrés pour Baumel, les yeux brillants. Guillaume de Mevius, fidèle, priorisait ce retour : « Ce succès fait du bien à Mathieu, à moi et à ce projet monté dans l’urgence. »
Aujourd’hui, ils ouvrent la piste, un rôle redoutable pour les leaders. De Mevius, 2e du Dakar 2024 après une première victoire d’étape, tempère : « On sait qu’il y a de la stratégie, mais démarrer positif fait du bien. »
Pour plus de détails sur cette étape décisive, consultez l’article complet de L’Équipe. Et sur le parcours de Baumel, Le Parisien relate son combat.
Une leçon de persévérance pour le Dakar
Cette victoire n’est pas seulement celle d’un duo : elle honore tous les soutiens. Baumel prouve que les limites physiques ne définissent pas les champions. Avec Sébastien Loeb 10e à 3 minutes, la course s’annonce disputée.
À suivre : comment Mevius-Baumel gèreront l’ouverture de piste. Tout est possible, comme le dit le héros : « Ça montre que tout est possible. » Une motivation pour tous les pilotes du Dakar 2026.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.