La saison 2025 de Formule 1 a livré bien des rebondissements, des duels majestueux en tête de grille et des performances individuelles remarquables. Pourtant, lorsqu’on évoque la meilleure histoire de la saison 2025 de Formule 1, c’est paradoxalement celle d’une équipe en fond de classement qui retient le plus l’attention. L’aventure d’Alpine F1 Team, passée d’un improbable double podium en 2024 à la dernière place du championnat constructeurs, incarne tout ce qui fait la richesse et la complexité de la discipline reine.
Cette année, Alpine n’a pas simplement connu une saison difficile. L’écurie française a vécu une véritable épopée faite de déclin technique, de résilience humaine, de décisions stratégiques radicales et d’un avenir incertain. Pierre Gasly, seul pilote à marquer des points pour l’équipe, a porté sur ses épaules l’héritage d’une écurie en pleine mutation. Son parcours solitaire au milieu de la tempête, combiné aux bouleversements organisationnels sans précédent chez Alpine, compose une narration captivante qui dépasse les simples résultats chronométrés.

La saison 2025 d’Alpine: la meilleure histoire de la saison de Formule 1 en dépit du classement
Le déclin technique de l’Alpine A525
La monoplace 2025 d’Alpine représentait pourtant une évolution prometteuse. Dévoilée le 18 février 2025 lors du F1 75 Live, l’A525 combinait les couleurs roses du sponsor BWT et le bleu métallique historique d’Alpine. Les ingénieurs avaient concentré leurs efforts sur l’aérodynamique et les suspensions, tout en résolvant les problèmes de surpoids qui handicapaient l’A524. Pourtant, dès les premiers essais hivernaux de Bahreïn, les faiblesses sont apparues.
Les 140 tours bouclés par Pierre Gasly et Jack Doohan n’ont pas suffi à masquer un déficit de performance structurel. Dès le Grand Prix d’Australie, les signaux d’alarme se sont enchaînés: 9e place pour Gasly, 14e pour le débutant Jack Doohan. L’espoir s’est rapidement transformé en cauchemar. Hormis l’éclaircie de Bahreïn où Gasly a signé une 5e place en qualifications (4e sur la grille), Alpine s’est installée durablement comme la lanterne rouge du plateau. Les monoplaces bleues naviguaient entre la 14e et la 20e place, faute d’un rythme de course compétitif.
Pierre Gasly, héros solitaire de la meilleure histoire de la saison 2025 de Formule 1
Au milieu de cette tempête, Pierre Gasly s’est imposé comme l’unique rempart contre la débâcle totale. Le Français a marqué tous les points de son équipe: 6 points à Bahreïn, 4 à Barcelone, 8 à Silverstone et 1 à Spa. Ses performances en qualifications étaient régulièrement spectaculaires avec dix entrées en Q3, exploit dont ni Jack Doohan ni Franco Colapinto n’ont jamais réussi à s’approcher.
«L’année prochaine sera la mienne», avait lancé Lando Norris après sa victoire à Abou Dabi. Mais c’est finalement Gasly qui a incarné la persévérance pure. Confronté à une monoplace déficiente, il a extrait chaque milli seconde possible, sauvant les meubles à chaque Grand Prix. Son talent a permis à Alpine d’éviter la totale humiliation, mais a également souligné par contraste la faiblesse de la voiture. Cette dichotomie entre l’excellence individuelle et l’insuffisance collective forme le cœur émotionnel de cette histoire.
Turbulences en coulisses: la gestion chaotique du deuxième baquet
La saison d’Alpine fut également marquée par une gestion humaine décriée. Jack Doohan, confirmé puis remis en question, a vécu un calvaire psychologique. L’arrivée de Franco Colapinto, porteur de 20 millions d’euros de financement, a transformé le deuxième baquet en siège éjectable. Flavio Briatore, devenu seul maître à bord après le départ d’Oliver Oakes, a orchestré cette transition chaotique, niant maladroitement que Doohan ait jamais été confirmé pour plus de cinq courses malgré les communiqués officiels.
Cette ambiance toxique s’est aggravée avec le départ inopiné de Luca de Meo, PDG de Renault, vers le groupe Kering en juin. L’arrivée de Steve Nielsen le 4 juillet, loin de rassurer, a confirmé l’impression d’une équipe en transition perpétuelle plutôt que dans une évidence structurelle. Les révolutions sans fin en coulisses ont distrait des performances sur piste et alimenté les rumeurs de vente.
Les décisions historiques qui font de 2025 la meilleure histoire de Formule 1
L’abandon du moteur Renault: fin d’une époque
Le tournant le plus dramatique de la saison est survenu hors des circuits. Renault-Alpine a annoncé l’abandon de sa motorisation maison, mettant fin à une saga commencée avec l’usine historique de Viry-Châtillon. Cette décision historique et douloureuse transforme l’usine française en simple cellule de veille technologique. Elle enterre le rêve de la «Ferrari à la française» et le fameux «Projet en 100 courses».
Cette décision représente un aveu d’échec cuisant, mais aussi une forme de lucidité face aux lacunes du bloc Renault. Le moteur E-Tech RE24, qui équipe l’A525, s’est révélé trop peu performant et trop gourmand. En choisissant de passer chez Mercedes pour 2026, Alpine renonce à son identité d’écurie d’usine mais gagne une chance de rebondir sportivement.
La transition vers Mercedes: un pari risqué pour l’avenir
L’unité de puissance Mercedes, qui équipera les Alpine l’an prochain, est perçue comme la plus performante du plateau. Ce choix stratégique offre à l’écurie une opportunité de remonter la hiérarchie, mais détruit aussi sa cohérence marketing et son unique différentiel. Comme le souligne le bilan de la saison, «il faudra désormais battre Williams à armes égales (sans parler de McLaren)».
Le risque est considérable. Rien ne garantit qu’une équipe ayant produit l’un des pires châssis de 2025 saura concevoir une machine gagnante pour 2026. Si la performance ne décolle pas malgré le moteur Mercedes, la question existentielle se posera avec acuité. Les rumeurs de vente, évoquant Hitech ou un consortium mené par Christian Horner, ne feront que croître.
Pourquoi cette histoire définit la meilleure saison 2025 de Formule 1
Une métaphore de la Formule 1 moderne
L’histoire d’Alpine en 2025 illustre parfaitement la dualité de la Formule 1 contemporaine. D’une part, la domination technique et financière des géants (Red Bull, Mercedes, Ferrari, McLaren). D’autre part, la lutte désespérée des écuries de milieu de grille pour survivre et espérer mieux. Cette saga montre que la F1 n’est pas qu’une simple course de vitesse, mais un écosystème complexe où l’humain, la technologie, la politique et l’argent se chevauchent.
Le parcours de Pierre Gasly, en particulier, rappelle que l’excellence individuelle peut exister même dans un contexte défavorable. Son duel silencieux contre la mécanique, ses qualifications héroïques suivies de courses anonymes, ses 10 entrées en Q3 contre zéro pour ses coéquipiers: tout cela compose une tragédie grecque moderne sur un circuit de course.
Les enseignements pour le championnat 2026
La décision d’Alpine aura des ramifications profondes pour 2026. Si l’équipe parvient à rebondir grâce au moteur Mercedes, elle prouvera qu’une écurie peut redéfinir son identité et survivre. Dans le cas contraire, elle pourrait devenir la première victime de la convergence technologique imposée par les nouveaux règlements 2026. L’incertitude qui plane sur Enstone rendra la saison prochaine compulsivement regardable.
Pour les fans français, cette histoire représente un test d’attachement. L’abandon du moteur Renault casse une partie du patriotisme sportif, mais le talent de Pierre Gasly et le potentiel de Franco Colapinto maintiennent un fil d’espoir. La meilleure histoire de la saison 2025 de Formule 1 ne se lit pas dans les classements, mais dans la résilience d’hommes et de femmes tentant de redonner vie à un rêve.
L’avenir d’Alpine F1 est plus incertain que jamais. Entre rebond technique imminent et possible vente du team, entre fierté nationale et réalisme économique, l’équipe incarne la tension qui anime toute la Formule 1. Cette histoire sera celle qu’on se racontera encore dans dix ans, celle du pilote qui a tout donné pour une cause perdue, de l’écurie qui a choisi de survivre plutôt que de mourir avec ses idéaux, et d’une discipline en perpétuelle métamorphose.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.