La relation entre Lewis Hamilton et Ferrari après son transfert : une première saison 2025 tumultueuse

F1

Les déboires de 2025 : une saison d’adaptation compliquée

Le passage de Lewis Hamilton chez Ferrari a été marqué par des difficultés techniques et des résultats décevants. Le pilote britannique a terminé la saison à la sixième place du championnat avec seulement 127 points, loin des 213 points de son coéquipier Charles Leclerc. Cette différence de 86 points illustre le fossé de performance qui s’est creusé entre les deux pilotes tout au long de la saison.

La déception technique du SF-25

La monoplace Ferrari 2025 a été un casse-tête constant pour les ingénieurs et les pilotes. Le modèle SF-25 ne performait vraiment que lorsqu’il roulait extrêmement près du sol, mais cette configuration provoquait une usure excessive du patin de protection du plancher. Ce problème technique a plombé la saison de l’équipe dès la troisième course en Chine, où Hamilton et Leclerc ont été disqualifiés après la course pour non-conformité technique.

L’affaire du patin usé a révélé une problématique structurelle chez Ferrari. Pour être vaguement compétitive, l’équipe devait rouler si bas qu’elle risquait constamment de dépasser les limites d’usure autorisées. Une solution qui rendait la voiture lente si elle était règlée plus haute. Cette situation a mis Hamilton dans une position inconfortable, obligé de composer avec une machine qui ne répondait pas à son style de pilotage basé sur un freinage tardif et une rotation aggressive de la monoplace.

“Je ne vais pas regretter un seul aspect de ces voitures, c’est aussi simple que ça”, a déclaré Hamilton à Abu Dhabi, exprimant clairement son mépris pour cette génération de bolides née des réglementations 2022.

L’écart avec Charles Leclerc

Le contraste avec Charles Leclerc a été saisissant tout au long de la saison. Le Monégasque a signé sept podiums contre zéro pour Hamilton, dont une pole position à Budapest. En qualifications, Leclerc a dominé son coéquipier 22 fois contre 7, avec un avantage moyen de 0,15 seconde par tour. La position moyenne sur la grille de départ de Leclerc était 5,6 contre 9,5 pour Hamilton.

Cette domination interne a alimenté les questionnements sur les capacités d’adaptation du septuple champion du monde. Pour la deuxième année consécutive, Hamilton a été dominé par un coéquipier plus jeune, après avoir déjà souffert face à George Russell chez Mercedes en 2024.

Les tensions médiatiques et les commentaires controversés

Les difficultés sportives se sont accompagnées de commentaires publics parfois surprenants de la part du pilote britannique. Après une séance difficile à Budapest, Hamilton n’a pas hésité à déclarer qu’il était “simplement inutile”, suggérant même que l’équipe “devait probablement changer de pilote”. Ces mots prononcés dans le feu de l’action ont immédiatement fait le tour du paddock.

L’intervention du président Elkann

Les frustrations répétées de Hamilton n’ont pas échappé à la direction de la Scuderia. Après le Grand Prix de São Paulo, où Hamilton a qualifié sa saison de “cauchemar”, le président de Ferrari John Elkann a fait une intervention publique rare. Il a déclaré que ses pilotes devaient “se concentrer sur la conduite et moins parler”, un message clairement destiné au Britannique.

Ces commentaires ont créé un climat tendu, amplifié par les médias qui ont rapidement évoqué un divorce imminent. Pourtant, Hamilton n’a pas modifié son approche médiatique, continuant à exprimer ses frustrations publiquement. Après une course difficile à Las Vegas, il a confié à BBC Sport qu’il ne se “réjouissait pas de la saison prochaine”.

Finalement, à Abu Dhabi, où il a subi son troisième échec consécutif en Q1, Hamilton a parlé d’une “colère et d’une rage insupportables”. Des propos qui contrastent avec l’image habituelle du pilote serein et maître de lui-même.

La réaction de l’équipe principale

Frederic Vasseur, le directeur d’écurie, a constamment minimisé ces commentaires. “Je ne fais pas attention aux réactions dans le périmètre TV”, a-t-il déclaré à Abu Dhabi. “Honnêtement. Ou les réactions qu’ils ajoutent parfois au micro dans la voiture, à la radio.”

Vasseur a développé un discours consistant à souligner les marges infinitésimales qui séparaient Hamilton de la qualification. “Hier en Q1, vous passiez de la P6 à la P16 pour moins de 0,1 seconde”, a-t-il expliqué, oubliant que Hamilton avait manqué le cut de seulement 0,009 seconde.

Cette justification technique, pourtant valable, ne répondait pas à la question principale : pourquoi Leclerc n’était-il pas affecté de la même manière ?

Le point de vue interne : une relation meilleure qu’elle ne paraît

Malgré les apparences, les dirigeants techniques de Ferrari assurent que la relation avec Hamilton est bien plus solide que ce que suggèrent les médias. Matteo Togninalli, chef de l’ingénierie piste, a pris la défense du champion britannique lors des derniers Grands Prix de la saison.

Les défis de l’adaptation

“Pour un pilote qui change d’équipe, surtout pour un pilote comme Lewis qui a passé 10 ans dans la même équipe, il y a un certain niveau d’expérience”, a expliqué Togninalli aux médias à Qatar. “C’est très difficile pour les deux côtés, pour le pilote et pour l’équipe, car chaque équipe fonctionne de manière légèrement différente.” L’ingénieur italien a insisté sur le fait que ce que l’on voit de l’extérieur est “beaucoup pire que ce que c’est en réalité”. Il a décrit la relation avec Hamilton comme “extrêmement positive” et souligné les progrès réalisés en seulement dix mois.

“Si on remet ça dans son contexte, vous passez 10 ans dans la même équipe avec les mêmes personnes, et après 10 mois, je pense que nous avons déjà une équipe très, très forte”, a-t-il affirmé.

La frustration des résultats

Togninalli a reconnu que la frustration des mauvais résultats créait une image négative, mais il a insisté sur le fait que les deux parties acceptaient qu’elles avaient besoin de temps pour s’adapter mutuellement.

“Donner une voiture performante et des résultats, je pense, est fondamental. Nous sommes des compétiteurs, il est un compétiteur, donc la frustration quand on perd est massive”, a-t-il expliqué.

Cette perspective interne révèle une compréhension technique des défis d’adaptation, loin des polémiques médiatiques qui ont entouré la saison. L’équipe semble consciente que la transition d’un pilote de l’envergure de Hamilton nécessite une période d’ajustement.

Hamilton en 2025 : une saison sans éclat

Ce qui marque le plus la saison 2025 de Lewis Hamilton, c’est l’absence de ces moments de brilliance qui ont fait sa légende. Jusqu’à cette année, même dans les saisons les plus difficiles, Hamilton produisait invariablement quelques performances extraordinaires : un tour qualificatif sorti de nulle part, une course d’une vitesse constante et dévastatrice, un dépassement spectaculaire.

L’exception qui confirme la règle

À part sa victoire en Sprint en Chine, issue d’une pole position dominante, il est difficile de se souvenir d’un quelconque moment similaire en 2025. La voiture ne lui a pas permis de montrer son talent habituel, et les rares occasions où il a montré du rythme brut n’ont pas abouti à des week-ends complets.

Hamilton a clairement exprimé son dégoût pour cette génération de voitures. “Il n’y a pas un seul aspect de ces voitures que je vais regretter, est aussi simple que ça. Je n’ai pas apprécié”, a-t-il déclaré à Abu Dhabi.

La théorie avancée par les experts technique est que ces bolides d’appuis ne correspondent pas au style de Hamilton, basé sur un freinage tardif et une rotation agressive de la monoplace. Pourtant, cela reste un mystère qu’un pilote réputé pour son adaptabilité n’ait pas réussi à s’ajuster.

Le débat sur l’âge

Les performances décevantes de Hamilton ont alimenté le débat sur l’impact de l’âge. À 40 ans au début de la saison, et bientôt 41 ans, Hamilton fait face à des questionnements légitimes sur son niveau physique et mental.

Certains observateurs ont tiré des parallèles avec le retour mitigé de Michael Schumacher chez Mercedes de 2010 à 2012. Pourtant, Fernando Alonso, son ancien rival, âgé de trois ans de plus, a démontré qu’il était possible de rester compétitif à un âge avancé en Formule 1.

“Les humains vieillissent de différentes manières et à des rythmes différents”, note BBC Sport dans son analyse. Cette saison 2025 posera probablement des questions sur la capacité de Hamilton à rivaliser au plus haut niveau, même si Ferrari fournit une voiture compétitive en 2026.

2026 : Une page blanche pour Hamilton et Ferrari

Malgré les difficultés de 2025, Lewis Hamilton reste motivé et concentré sur l’avenir. La saison prochaine marquera une révolution technique majeure avec de nouvelles réglementations pour les voitures et les moteurs. Cette refonte complète offre une opportunité unique pour Ferrari et Hamilton de repartir à zéro.

La décision stratégique de Ferrari

Consciente de ses difficultés, Ferrari a pris une décision courageuse mi-saison 2025. L’équipe a collectivement choisi de concentrer ses efforts dès le début sur la voiture 2026, sacrifiant les performances de la saison en cours.

“J’en faisais partie, j’étais l’un de ceux qui poussaient pour ça”, a reconnu Hamilton. “Vous ne pouvez pas prendre de retard sur les autres en termes de développement pour la nouvelle voiture parce que c’est une courbe d’apprentissage abrupte pour nous tous.”

Cette stratégie, bien que coûteuse pour le moral en 2025, pourrait s’avérer payante. Toutes les équipes partiront à égalité avec les nouvelles régulations, et Ferrari espère avoir fait les bons choix pour rebondir.

Le plan de Hamilton pour l’hiver

Le champion britannique a annoncé son intention de se couper du monde pendant la trêve hivernale. “J’ai déjà hâte de la pause, juste pour me déconnecter, ne parler à personne”, a-t-il déclaré à Abu Dhabi. “Personne ne pourra me joindre cet hiver. Je n’aurai pas mon téléphone avec moi.”

Cette “déconnexion de la matrice” semble nécessaire après une saison aussi éprouvante. Mais Hamilton a aussi un plan de travail structuré. Il entend analyser chaque aspect de sa saison avec l’équipe, identifier les points forts et les axes d’amélioration.

“Je sais où ils se trouvent tous. Il s’agit de s’asseoir avec l’équipe à la fin de l’année”, explique-t-il. Il envisage aussi d’optimiser son équipe personnelle pour améliorer l’efficacité en termes de déplacements et de timing.

La motivation intacte

Malgré les rumeurs de retraite anticipée, Hamilton a clairement affirmed son désir de continuer. “C’est l’amour de ce que vous faites. C’est l’amour de la course”, déclare-t-il. “J’ai un soutien incroyable de la part des gens autour de moi, de mes fans. C’est de garder constamment un œil sur le rêve.”

Ce rêve reste inchangé : remporter un huitième titre mondial avec Ferrari. Les détracteurs qui suggèrent qu’il devrait raccrocher peuvent clairement être ignorés. La question est maintenant de savoir si Ferrari et Hamilton peuvent se relever ensemble en 2026.

Enseignements et perspectives d’avenir

La saison 2025 a mis en lumière des problèmes structurels chez Ferrari, mais aussi des questions légitimes sur les capacités d’adaptation de Hamilton. Pourtant, les deux parties semblent déterminées à faire fonctionner cette relation.

Les leçons de 2025

Hamilton a identifié de nombreux domaines où l’équipe peut s’améliorer sur le plan opérationnel. La gestion des détails, l’optimisation des week-ends de course, la communication entre le pilote et les ingénieurs : autant de chantiers pour l’hiver. La décision de Ferrari de se concentrer sur 2026 est un pari risqué mais compréhensible. L’équipe espère que la nouvelle ère des réglementations verra Hamilton retrouver son niveau légendaire.

Un avenir incertain mais possible

La Formule 1 2026 s’annonce comme une année de transition majeure pour tous les acteurs. Les nouvelles voitures nécessiteront des niveaux d’adaptation sans précédent des pilotes, peut-être plus importants que jamais d’une année sur l’autre.

La capacité de Hamilton à s’adapter déterminera son avenir chez Ferrari. Si la voiture est compétitive et que le Britannique parvient à trouver un rythme, la relation pourrait rapidement se normaliser. Dans le cas contraire, les tensions de 2025 pourraient resurgir de manière plus aiguë.

Si Ferrari et Hamilton peuvent rebondir, leur relation pourrait devenir l’une des plus prolifiques de l’histoire de la Formule 1. Pour l’instant, le rêve d’un huitième titre reste intact, mais sa réalisation dépendra de nombreux facteurs, techniques, humains et peut-être aussi physiques.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.