Enea Bastianini a vécu une saison 2025 en MotoGP marquée par des difficultés inhabituelles. Passé chez Tech3 sur une KTM RC16 d’usine aux côtés de Maverick Viñales, l’Italien n’a jamais trouvé ses marques. Terminant 14e au championnat avec seulement 112 points, il a été largement distancé par son coéquipier et par Pedro Acosta, qui a accumulé 307 points sur la KTM usine.
Cette performance représente un net recul par rapport à ses années Ducati, et même à sa saison rookie en 2021. Bastianini explique ouvertement les raisons de ce calvaire, pointant du doigt une adaptation compliquée à la moto autrichienne.

Un premier contact compliqué à Valence
Dès les essais de fin 2024 à Valence, les ennuis ont commencé. Bastianini a découvert la RC16, très différente de sa Ducati GP24. Une lourde chute a détruit sa moto, renforçant ses doutes initiaux.
« L’adaptation à la moto cette année a été très compliquée pour moi, à partir du premier test quand j’ai sauté », a-t-il confié. Ce n’était pas un choc total, mais presque, en raison des sensations inédites.
La saison a démarré en mars avec les mêmes problèmes. Bastianini peinait les vendredis en essais libres, qualifiant souvent mal. À Valence en fin de saison, il partait 20e mais terminait 10e grâce à un bon rythme en course.
Cette tendance s’est répétée tout au long de l’année. Vendredi laborieux, samedi en amélioration, dimanche compétitif. Mais ces remontées ne suffisaient pas toujours pour viser le top.
L’ombre de Viñales et les moments d’espoir fugaces
Maverick Viñales s’adaptait bien mieux. Sur les 10 premières manches, avant sa fracture à l’épaule au Sachsenring, Bastianini comptait 42 points contre 69 pour l’Espagnol.
Un sursaut est apparu en Hongrie avec une 4e place en qualifications, suivi d’un podium à Barcelone. Ces résultats ont brièvement ravivé l’espoir d’une inversion de tendance.
Pourtant, ces éclairs n’ont pas suffi. Bastianini terminait loin derrière Acosta, soulignant les limites de la Tech3 face à l’usine KTM.
Cette saison reste sa pire en MotoGP, pire même que 2021 où il était 11e avec 102 points en 18 courses sans sprints.
Les soucis techniques et les pneus, clés du problème
Bastianini pointe une courbe d’apprentissage raide, premier changement de marque en MotoGP. « L’année dernière, j’étais rapide en sprints, toujours au top. Cette année, rien n’était clair », explique-t-il.
Le pattern des week-ends était constant : progrès overnight, mais trop de terrain à rattraper. Sa force en course venait d’une confiance accrue sur pneus mediums.
Avec les pneus tendres arrière, la moto souffrait de « rear pushing the front », rendant les virages impossibles. « L’arrière me pousse dehors dans chaque virage, pas de confiance. Avec le medium, je glisse mieux, lap after lap », décrit-il.
Pour plus de détails sur ses déclarations, Enea Bastianini parle de sa saison difficile avec KTM offre une analyse approfondie.
Les tests post-saison sans percée majeure
Aux essais de Valence post-championnat, Bastianini testait divers composants, dont un nouveau châssis. Mais le temps condensé n’a pas permis de claires réponses.
« Je n’ai pas dissipé tous mes doutes. J’ai testé deux motos différentes, mais je ne comprends pas encore les pros et cons », admet-il. Seule positive : une selle plus ergonomique.
Il terminait 17e des essais, frustré de ne pas finir plus haut. Pourtant, il se dit plus heureux d’avoir bouclé 2025.
Cette deuxième et dernière année de contrat chez KTM l’oblige à rebondir vite.
Vers un test décisif à Sepang
Bastianini mise sur le test pré-saison de Sepang en 2026. « Sepang sera crucial : je devrai travailler dur sur les trois jours », insiste-t-il.
Pour une saison difficile avec KTM, il faudra retrouver clarté et vitesse. Sans cela, son avenir pourrait être remis en question.
Cette expérience souligne les défis du changement de moto en MotoGP. Bastianini, avec son talent prouvé, a les armes pour rebondir, mais KTM doit l’aider à dompter la RC16. L’an prochain dira si c’est le début d’une renaissance ou la fin d’une aventure.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.