La limite de 25 tours par stint au Qatar Grand Prix : Révolution chez Pirelli avec les pneus slick
L’édition 2025 du Qatar Grand Prix s’annonce déjà comme un tournant majeur pour la Formule 1. Pirelli a annoncé une mesure radicale : une limitation stricte à 25 tours par stint pour les pneus slick, bouleversant les stratégies d’écuries et promettant une course plus imprévisible que jamais. Cette décision, motivée par les conditions extrêmes du circuit de Lusail, impose aux équipes une réflexion tactique inédite.
L’information a été confirmée officiellement par les ingénieurs italiens suite à des analyses poussées des données collectées lors des éditions précédentes. Les températures élevées du tracé qatari, combinées à l’importance de la charge latérale, créent des contraintes sans précédent sur les gommes. Mario Isola, responsable de Pirelli pour la F1, a déclaré lors de la conférence de presse technique : « Nous devons garantir la sécurité tout en préservant l’intérêt sportif. Cette limite de 25 tours est le fruit de milliers d’heures de simulation. »

Pourquoi Pirelli impose cette limite de 25 tours au Qatar Grand Prix
Le circuit de Lusail représente un défi technique exceptionnel pour les pneumatiques. Les 16 virages, majoritairement rapides, soumettent les gommes à des contraintes thermiques extrêmes. Les températures de piste dépassent régulièrement les 40°C, même en soirée, ce qui accélère considérablement la dégradation des composés.
Les données de télémétrie révèlent que les températures internes des pneus atteignent des pics à 110°C, provoquant un phénomène de blistering précoce. Cette dégradation accrue rend les performances des slick imprévisibles au-delà du 25e tour. Lors des essais hivernaux 2025, certains pilotes ont signalé une perte de performance de plus de 2 secondes au tour entre le 20e et le 30e tour sur le même jeu de pneus.
La sécurité constitue le facteur déterminant. En 2024, deux crevaisons spectaculaires avaient émaillé la course, directement liées à une usure excessive. Max Verstappen avait alors déclaré : « Je sentais la dégradation dès le 22e tour, mais nous avons poussé jusqu’à 28 pour couvrir la fenêtre stratégique. C’était risqué. »
Impact stratégique majeur sur les courses de F1
Cette restriction transforme radicalement l’approche tactique des écuries. Les stratèges doivent désormais concevoir des plans de course avec des arrêts obligatoires plus fréquents. Une course de 57 tours au Qatar imposerait au minimum trois arrêts au stand, contre deux auparavant pour les équipes les plus agressives.
Les modèles de simulation montrent que le temps perdu au stand, environ 22-24 secondes par arrêt, devient un facteur prépondérant. Les écuries doivent calculer avec précision le gain de performance fraîcheur des pneus contre le temps perdu à l’arrêt. Les stratégies à deux arrêts, qui permettaient de gagner jusqu’à 15 secondes sur la piste, deviennent désuètes face à l’obligation de trois passages obligatoires.
Les qualifications prennent une importance renforcée. Partir en fond de grille signifie une gestion du trafic beaucoup plus complexe avec des relais plus courts. Les chefs d’équipe anticipent déjà une hausse significative des dépassements dès le milieu des stints, lorsque les écarts de performance entre pneus frais et usés atteignent 3 secondes au tour.
Les pneus slick Pirelli spécifiques pour le Qatar
Pour faire face à ces contraintes, Pirelli a développé des composés spécifiques pour ce Grand Prix. Les C1, C2 et C3 de la gamme 2025 bénéficient d’une structure renforcée avec des flancs plus résistants. La ceinture d’acier a été repensée pour mieux dissiper la chaleur, tandis que la couche de roulement intègre de nouveaux polymères haute résistance thermique.
Les tests en soufflerie et sur simulateur ont démontré une amélioration de 15% de la résistance au blistering par rapport à l’année précédente. Cependant, cette avancée reste insuffisante pour lever la limite des 25 tours. Les ingénieurs expliquent que le compromis performance/durabilité atteint ses limites physiques avec les contraintes actuelles des réglementations techniques.
Les équipes disposeront quant à elles de 13 jeux de slicks pour le week-end, contre 11 auparavant. Cette augmentation permet des programmes d’essais plus ambitieux le vendredi, essentiels pour valider les réglages dans des conditions proches de la course. Le directeur technique de Mercedes a confié : « Nous passerons probablement 40% de notre programme vendredi à simuler des relais de 25 tours, c’est complètement nouveau. »
Conséquences sur le championnat du monde F1 2025
Cette nouvelle règle risque de réduire l’avantage des écuries dominatrices. Red Bull et McLaren, traditionnellement douées pour préserver leurs pneus, voient leur marge de manœuvre réduite. Les simulations prédisent une convergence des performances entre les top teams et les poursuivants, favorisant les courses plus serrées.
Les pilotes devront adapter leur style de pilotage. La gestion des pneus devient primordiale dès le premier tour. Les attaques trop agressives en début de stint se paieront cash en fin de relais. Charles Leclerc a testé différents approches lors des simulations : « Le compromis idéal se trouve à 85% de l’attaque maximum sur les 15 premiers tours, puis 90% sur les 10 derniers. Tout dépassement doit être anticipé. »
Le championnat s’en trouvera probablement resserré. Les points perdus par une erreur stratégique seront plus lourds de conséquences. Les équipes de milieu de tableau, plus habituées à des stratégies multi-arrêts, pourraient profiter de cette situation pour créer la surprise. Alpine et Haas ont déjà recruté des analystes de données supplémentaires pour optimiser leurs simulations.
Ce que cela change pour les fans et les paris sportifs
Pour les spectateurs, cette limite promet une action continue. Les arrêts plus fréquents créent des opportunités de dépassements accrues, notamment lors des phases de sortie des stands. Les différences de rythme entre les voitures sur des stints différents multiplieront les duels spectaculaires.
Les bookmakers ont déjà ajusté leurs cotes. Les probabilités de safety car augmentent mécaniquement avec le nombre d’arrêts (risque d’erreur au stand). Les paris sur le nombre total d’arrêts au stand deviennent une variable à part entière, avec une moyenne fixée à 3,2 par pilote contre 2,4 en 2024.
Les réseaux socaux des équipes diffuseront probablement plus de contenu tactique en temps réel. Les fans pourront suivre les simulations de dégradation pneumatique en direct via les applications officielles. Cette transparence renforce l’engagement du public, même si certains puristes regrettent une complexification excessive des stratégies.
Cette révolution pneumatique au Qatar Grand Prix marque une étape décisive dans l’évolution de la Formule 1. Les équipes doivent repenser leurs approches de A à Z, les pilotes adapter leurs sensibilités au millimètre près, et les fans s’attendre à une course comme jamais auparavant. Le championnat 2025 pourrait bien se jouer sur la capacité des uns et des autres à dompter ces 25 tours qui changent tout.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.