Seuls en selle, les pilotes moto du Dakar doivent jongler entre la conduite à haute vitesse et la lecture du road-book. Contrairement aux autos où un copilote gère la navigation, les motards assurent les deux tâches simultanément. Cette prouesse exige une concentration extrême, sous peine de chute ou de perte de route. Depuis 2025, les tablettes numériques ont remplacé le papier à dérouler, mais les défis persistent.
Ross Branch, champion du monde de rallye-raid 2024 au sein de l’équipe Hero, et Daniel Sanders, vainqueur du Dakar 2025 sur KTM, illustrent ces difficultés. Leurs témoignages révèlent un apprentissage long et exigeant. Pour mieux appréhender cette réalité, explorons les enjeux et les stratégies adoptées par ces pilotes d’élite.

Les défis uniques de la navigation à moto
Au guidon d’une moto, surveiller la piste et le road-book relève du défi permanent. Les dangers abondent : virages serrés, cailloux traîtres, dunes instables. Tout en roulant à 160 km/h, le pilote alterne son regard entre l’horizon et l’écran fixé au guidon. Ross Branch confie : « C’est une technique à laquelle il faut s’habituer. J’ai mis des années pour y arriver. Et même aujourd’hui, après sept ou huit Dakar, je sens que j’apprends encore, parce qu’il n’est pas naturel de rouler et de regarder le road-book en même temps. »
La plupart des chutes surviennent précisément lors de ces consultations. Branch estime vérifier son road-book toutes les vingt secondes sur les étapes simples, mais jusqu’à toutes les deux ou trois secondes sur les parcours complexes. Cette fréquence impose un timing parfait. Être debout sur les cale-pieds complique encore la posture, forçant une adaptation visuelle constante.
La solitude offre la tranquillité, mais amplifie la pression mentale. Sans copilote pour relayer les infos, tout repose sur le pilote. Branch insiste sur la confiance en soi : « Il y a un côté intimidant à rouler à 160 km/h tout en devant décider du chemin à prendre. Cela demande énormément de confiance, dans son corps et dans ses capacités mentales. »
Daniel Sanders, réputé pour sa gestion exemplaire, privilégie la prudence. « Pour moi, il est capital d’être sûr de bien lire les notes. Elles doivent bien entrer dans la tête », explique l’Australien. Ralentir légèrement assure une meilleure intégration des consignes, évitant les erreurs fatales.
L’évolution technologique : des tablettes au road-book digital
Depuis 2025, les motards ont adopté les tablettes numériques, comme les autos. Fini le papier à dérouler, sujet aux déchirures et à la poussière. Sanders accueille cette innovation favorablement, malgré quelques bugs initiaux. « Il y a eu quelques problèmes avec des pertes de connexion. Je ne sais pas si c’est à cause des vibrations, ça arrive aussi aux voitures. Mais un jour, la technologie fonctionnera parfaitement. »
Ces tablettes exigent un réglage optimal de la luminosité pour une visibilité maximale sous le soleil du désert. Sanders conseille de la pousser au maximum. Cette transition marque un pas vers plus de fiabilité, mais les vibrations restent un ennemi.
Pour l’avenir, Sanders rêve d’un système vocal. « Un bouton sur le guidon qui lit et relit la note dans le casque, ce serait la stratégie ultime. Ça rendrait les choses plus rapides, plus sûres. » Cette vision pourrait révolutionner la discipline, libérant les pilotes de milliers de coups d’œil superflus. Découvrez plus sur le road-book digital au Dakar.
Les progrès technologiques s’accélèrent, comme en témoigne le site officiel du Dakar qui détaille les outils de navigation. Pourtant, l’humain reste au cœur : concentration et expérience priment.
Stratégies et astuces des pilotes d’élite
Les pilotes développent des routines personnelles. Sanders répète mentalement les notes dans son casque : « Moi, c’est comme si je répétais la note dans ma tête. La théorie là-dessous, c’est qu’il faut entrer dans la zone, rester concentré et ne rien manquer. Parce que si on manque une note, on se perd. »
Voici quelques conseils clés partagés par les champions :
- Ralentir pour lire : Prioriser la compréhension sur la vitesse brute.
- Timing précis : Consulter le road-book aux bons moments, sans excès.
- Confiance corporelle : S’entraîner à rouler debout tout en naviguant.
- Réglages optimaux : Luminosité max et fixation stable de la tablette.
- Préparation mentale : Visualiser les étapes pour anticiper.
Branch admet ne pas avoir de recette miracle, mais l’expérience forge l’aisance. Ces astuces, issues de multiples Dakar, sauvent des classements.
Au prologue du Dakar 2025 à Yanbu, Daniel Sanders a brillé, confirmant ses talents. Relisez l’article complet de L’Équipe sur cette double mission.
Vers un Dakar plus sûr et plus rapide
La navigation à moto au Dakar reste un art exigeant, mais les innovations comme la tablette numérique pavent la voie à des progrès. Ross Branch et Daniel Sanders montrent que l’entraînement et la stratégie compensent les limites humaines. Leur réussite inspire les futurs pilotes.
À l’horizon, un système audio intégré pourrait transformer la course, minimisant les risques de chute. Reste que la confiance et la concentration demeurent irremplaçables. Pour les fans, suivre ces motards solitaires ajoute du suspense à l’épreuve mythique. Le Dakar 2025 confirme : la moto garde son aura d’aventure pure.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.