La colère de Lewis Hamilton après son élimination en Q1 au Grand Prix d'Abou Dhabi de Formule 1

F1

Le septuple champion du monde a vécu un cauchemar lors de ses qualifications pour le Grand Prix d’Abou Dhabi. Pour la troisième séance de qualifications traditionnelle consécutive, Lewis Hamilton a été éliminé dès la Q1, victime d’un incident absolument ubuesque qui l’a propulsé dans une rage noire. L’émotion était palpable dans sa voix lors des interviews, alors qu’il tentait de mettre des mots sur une déception immense.

Cette élimination prématurée marque un point bas supplémentaire dans une saison 2025 déjà catastrophique pour le pilote britannique. Aucune pole position, aucune victoire, aucun podium à son actif – seul un succès en course sprint en Chine vient éclairer un tableau abyssal. Abu Dhabi, qui aurait pu être une dernière occasion de briller, s’est transformé en un nouveau calvaire pour celui qui est pourtant le recordman des qualifications en Formule 1.

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Le coup du sort qui a tout changé en Q1 à Abou Dhabi

Le destin s’est acharné sur Lewis Hamilton dès les essais libres 3, où une sortie de piste au cours d’un tour lancé avait déjà limité son temps de roulage. Alors qu’il tentait de se reprendre en qualifications, le pilote Ferrari a été victime d’un événement totalement imprévisible. Kevin Magnussen, alors très lent sur la piste, s’est déporté pour ne pas gêner le Britannique, mais a malheureusement percuté un plot qui s’est retrouvé projeté en pleine trajectoire de Hamilton.

La rencontre avec ce cône malencontreux a eu des conséquences désastreuses pour le numéro 44. Le plot s’est coincé sous la monoplace, provoquant une perte de temps considérable et condamnant le pilote à une performance décevante en Q1. Les images publiées par la F1 sur Instagram ont confirmé cette thèse, montrant clairement le sabotage involontaire de la qualification du champion.

Sur la radio, Hamilton n’a pas caché son incompréhension et sa frustration. “À chaque fois, mec… Je suis tellement désolé”, a-t-il lâché, une phrase devenue malheureusement récurrente ces dernières semaines. La voiture pourtant jugée “excellente” après de nombreuses modifications apportées entre vendredi et samedi s’est retrouvée impuissante face à ce hasard qui a tout gâché.

Les excuses répétées d’un pilote en souffrance

Lewis Hamilton s’est présenté devant les médias avec une transparence qui en dit long sur son état d’esprit. Interrogé par Canal+, il a commencé par s’excuser auprès de son équipe et des fans : “Je ne pense pas qu’il y ait le moindre mot pour exprimer à quel point je suis désolé envers l’équipe et les fans”. Des mots lourds de sens, prononcés avec une sincérité qui transperce.

Devant la presse internationale, dont Motorsport.com, le Britannique est allé encore plus loin dans l’expression de sa colère. “Je n’ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens, juste beaucoup de colère”, a-t-il confié, la voix chargée d’émotion. Cette rage témoigne d’une frustration qui dépasse le simple incident de parcours.

Le pilote a toutefois tenté de rationaliser l’événement. À propos de sa sortie de piste en EL3, il a expliqué : “C’est sûr que ça n’aide pas quand on rate son second run, mais la voiture était très bien, elle a juste touché le sol et [j’ai] perdu l’arrière”. Il a ajouté : “Ce n’est jamais bon quand tu roules moins, c’est sûr, mais tout le monde est logé à la même enseigne”. Une façon de montrer qu’il ne recherche pas d’excuses, mais qu’il subit une série de coups du sort incompréhensibles.

Pourtant, malgré cette volonté de rester professionnel, l’accumulation des désillusions se lit sur son visage. Les journalistes ont noté son air ému, ses gestes empreints d’une lassitude évidente. Le champion, habituellement si maître de ses émotions, laisse transparaître une vulnérabilité qui interpelle toute la communauté de la Formule 1.

Une saison 2025 à oublier pour Lewis Hamilton

Les statistiques sont sans appel : 2025 restera comme l’année la plus noire de la carrière de Lewis Hamilton en Formule 1. À ce jour, aucune pole position, aucune victoire, aucun podium officiel. Seule une victoire en course sprint lors du Grand Prix de Chine vient rompre un silence qui pèse lourd sur les épaules du champion. Le score final face à Charles Leclerc, son coéquipier chez Ferrari, est éloquent : 23 à 7 dans la confrontation directe des qualifications, ou 19 à 5 sans les qualifs sprint.

Cette élimination en Q1 à Abou Dhabi, la quatrième si l’on inclut les qualifications sprint du Qatar, illustre parfaitement les difficultés rencontrées toute l’année par le Britannique. Ces F1 à effet de sol, en vigueur depuis 2022, peinent à convenir à son style de pilotage, forçant Hamilton à de constants compromis qui ne parviennent pas à porter leurs fruits.

L’aura de la légende s’estompe peu à peu face à la réalité des résultats. Les fans, habitués à des performances d’exception, découvrent un champion en proie au doute. Les réseaux sociaux s’enflamment à chaque contre-performance, créant une pression médiatique qui pèse sur l’ensemble de l’équipe Ferrari. Hamilton lui-même a dû se justifier à plusieurs reprises, expliquant les changements techniques et les adaptations nécessaires.

Pourtant, malgré cette saison cauchemaresque, le pilote de 39 ans continue de pousser avec une détermination qui force le respect. Chaque week-end, il remonte dans cette monoplace qui ne lui offre pas la performance espérée, tentant de trouver des solutions là où d’autres auraient déjà baissé les bras. Cette résilience, même dans l’adversité, reste la marque des plus grands champions.

L’impact psychologique et le regard vers l’avenir

L’accumulation des déceptions commence à laisser des traces sur le moral du champion. Lors de conférences de presse, Hamilton apparaît plus ému, plus vulnérable que jamais. Ses “désolés” répétés traduisent une culpabilité qui n’est pas seulement personnelle, mais collective. Il se sent responsable vis-à-vis de l’équipe qui travaille sans relâche pour lui offrir une voiture compétitive.

Cette pression psychologique s’ajoute à la difficulté technique. Le pilote doit non seulement gérer ses propres émotions, mais aussi répondre aux attentes démesurées des fans de Ferrari, qui espéraient voir en lui le sauveur capable de ramener l’écurie italienne vers le sommet. Chaque contre-performance devient une déception partagée, amplifiant le sentiment d’échec.

Pour l’avenir, Hamilton semble déterminé à rebondir. Son expérience l’a déjà confronté à des périodes difficiles, notamment chez McLaren avant ses années de gloire chez Mercedes. Il sait que la Formule 1 est un sport où les fortunes peuvent changer rapidement. La question n’est pas tant de savoir s’il peut, mais quand les circonstances lui permettront de démontrer à nouveau son talent.

La fin de saison à Abou Dhabi, loin d’être une conclusion en fanfare, s’apparente à un rappel amer des réalités du sport automobile. Le hasard, la technique, et parfois la malchance, peuvent détruire en quelques instants les espoirs légitimes d’un champion. Pour Hamilton, il reste maintenant à digérer cette colère et à transformer cette frustration en motivation pour 2026.


Le Grand Prix d’Abou Dhabi 2025 restera comme un symbole d’une saison à ranger aux oubliettes pour Lewis Hamilton. Entre la colère légitime face à un incident indépendant de sa volonté, et la souffrance d’un champion habitué à la victoire, l’émotion était au rendez-vous. Les paroles du Britannique, empreintes de frustration et de détermination, témoignent d’une volonté intacte malgré les coups du sort.

Pour les fans de Formule 1, cette élimination en Q1 est un rappel que même les légendes ne sont pas à l’abri de la malchance. La route est encore longue pour Lewis Hamilton, mais son histoire dans le sport nous a appris une chose : il ne faut jamais compter un champion parmi les absents. La colère exprimée à Abou Dhabi pourrait bien être le catalyseur d’un retour en force, dès que le destin cessera de s’acharner contre le numéro 44.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.