La journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

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Lors du Grand Prix de Singapour, les projecteurs se braquent naturellement sur les pilotes et leurs monoplaces de pointe. Mais derrière chaque tour de piste, chaque dépassement audacieux et chaque incident, il y a une armée invisible d’environ 1 100 volontaires vêtus de combinaisons orange qui assurent le bon déroulement et la sécurité de l’événement. Ces commissaires de piste, ou marshals, constituent l’épine dorsale du sport automobile. Sans eux, aucun Grand Prix ne pourrait avoir lieu.

Découvrir la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour, c’est plonger dans un univers méconnu du grand public, où la passion pour la F1 se conjugue avec un engagement personnel considérable. Entre les longues heures de formation, les journées marathon et les responsabilités vitales, ces bénévoles vivent le sport automobile d’une manière unique.

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Le réveil matinal pour une journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

La journée commence bien avant que les moteurs ne rugissent sur le circuit de Marina Bay. Pour les marshals du Grand Prix de Singapour, l’heure d’appel est fixée à 10h45, ce qui peut sembler raisonnable jusqu’à ce qu’on réalise que la journée ne se terminera qu’à 23h00, après la fin de toutes les sessions nocturnes.

Cette convocation matinale permet aux équipes de se préparer minutieusement avant la première session de roulement. Les marshals doivent d’abord pointer leur présence, une procédure essentielle pour s’assurer que tous les postes sont correctement staffés. Le circuit urbain de 5,063 km nécessite une couverture complète, avec des équipes stratégiquement positionnées à chaque secteur.

Avant même que les premiers moteurs ne se réveillent, les marshals participent à un briefing de sécurité obligatoire. Ces réunions permettent de rappeler les procédures d’urgence, de discuter des particularités de chaque session et d’identifier les zones à risque du circuit. À Singapour, où le tracé urbain présente des défis uniques, ces briefings prennent une importance particulière.

Le petit-déjeuner et les derniers préparatifs se font dans une atmosphère de camaraderie. Les marshals vérifient leur équipement : casques, gants ignifuges pour les fire marshals, drapeaux pour les flag marshals, et radios pour maintenir la communication constante avec le contrôle de course. Chaque détail compte lorsqu’il s’agit de sécurité.

Dans les heures précédant la première session, les secteurs chiefs effectuent une dernière inspection de leurs zones respectives. Ganesh Radhakrishnan, chef de secteur expérimenté qui participe à sa seizième édition du Grand Prix de Singapour, explique : “Nous sommes les yeux et les oreilles du directeur de course. Le contrôle de course dispose d’images caméras, mais ils comptent aussi sur nous pour les informer des événements. Si une voiture heurte le mur mais continue, y a-t-il des dommages qui pourraient affecter la session ? C’est aux observateurs de le repérer, puis le chef de secteur communique cela de manière concise au contrôle de course.”

Les rôles multiples dans la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

Le Grand Prix de Singapour mobilise plus de 150 rôles et responsabilités différents, une diversité qui reflète la complexité de l’organisation d’une course de Formule 1 en plein cœur d’une ville. Chaque marshal reçoit une chasuble colorée correspondant à sa fonction spécifique, créant ainsi un système visuel immédiatement identifiable.

Les track marshals forment la première ligne d’intervention. Leur mission principale consiste à dégager rapidement les débris de la piste, qu’il s’agisse de morceaux de carbone provenant d’un aileron endommagé ou de fragments de pneus. La vitesse d’exécution est cruciale : chaque seconde où un débris reste sur la piste représente un danger potentiel pour les pilotes lancés à plus de 200 km/h. Ces marshals doivent également évaluer la gravité des incidents et décider si une intervention immédiate est nécessaire.

Les recovery marshals, quant à eux, interviennent lors d’accidents plus conséquents nécessitant l’évacuation d’une monoplace. Équipés de grues et de véhicules de récupération, ils doivent travailler avec une efficacité chirurgicale pour retirer une voiture accidentée tout en minimisant l’interruption de la session. Leur coordination avec le contrôle de course doit être parfaite, particulièrement lorsqu’une voiture Safety Car ou un drapeau rouge est déployé.

Les flag marshals et leurs homologues chargés des panneaux lumineux jouent un rôle de communication vital. À Singapour, où le circuit nocturne impose des conditions de visibilité particulières, les panneaux lumineux complètent efficacement les drapeaux traditionnels. Ces marshals doivent réagir instantanément aux ordres du contrôle de course, brandissant drapeaux jaunes, rouges ou verts selon les situations. Dom, un marshal australien de 71 ans qui opère les drapeaux, partage son expérience : “La concentration est essentielle. Tu dois être prêt à agir en une fraction de seconde.”

Les fire marshals représentent une autre composante essentielle de l’équipe de sécurité. Formés pour répondre à tout risque d’incendie, ils surveillent constamment les signes de surchauffe ou de fumée suspecte. Lors des essais libres 1, lorsque les freins fumants d’Alex Albon ont été repérés, les fire marshals ont immédiatement été placés en état d’alerte, démontrant la vigilance constante requise.

Les observers constituent les sentinelles silencieuses du circuit. Positionnés stratégiquement à chaque secteur, ils scrutent chaque passage de voiture, identifiant les anomalies qui pourraient échapper aux caméras. Un observer vigilant peut repérer une bouteille en plastique près de la trajectoire de course, comme cela s’est produit lors d’une session, ou détecter qu’une voiture ayant heurté le mur présente des dommages susceptibles d’empirer. Cette formation permet aux marshals de bien analyser les sessions comme lors des essais libres du Grand Prix de Singapour.

La formation intensive pour préparer la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

Devenir marshal au Grand Prix de Singapour ne s’improvise pas. Chaque volontaire doit suivre un minimum de 32 heures de formation avant d’être autorisé à opérer sur le circuit. Cette exigence, particulièrement rigoureuse, reflète les défis uniques posés par un circuit urbain temporaire utilisé une seule fois par an.

La formation théorique constitue la première étape du processus. Les futurs marshals apprennent les procédures standard de la FIA, les codes de drapeaux, les protocoles de communication radio et les règles de sécurité fondamentales. À Singapour, où de nombreux volontaires locaux n’ont pas d’expérience préalable en sport automobile en raison du manque d’infrastructure permanente dans la cité-État, ces sessions théoriques prennent une importance accrue.

Les sessions pratiques permettent ensuite aux marshals de mettre en application leurs connaissances. Sur le circuit lui-même, avant le début du week-end de course, les équipes simulent différents scénarios : récupération d’une voiture en panne, extinction d’un incendie fictif, déploiement rapide d’un drapeau rouge. Ces exercices répétés développent les réflexes et la coordination nécessaires pour intervenir efficacement le moment venu.

Singapour fait appel à des marshals expérimentés venus du monde entier pour compenser le manque d’expertise locale et mentorer les nouveaux venus. Sophia, une marshal britannique de 30 ans avec neuf ans d’expérience, a voyagé depuis le Royaume-Uni pour participer à son premier Grand Prix de Singapour. “Mon premier Grand Prix était Silverstone, et j’ai également fait Miami et Abu Dhabi,” explique-t-elle. “Je me suis déjà inscrite pour Melbourne l’année prochaine. J’essaie de cocher toutes les courses que j’adore regarder enfant.”

Le système de “tangos” – des chefs de secteur en formation – illustre la transmission de connaissances au sein de la communauté des marshals. Ces apprentis suivent des chefs de secteur chevronnés pendant plusieurs événements, apprenant les subtilités de la coordination d’équipe et de la communication avec le contrôle de course. Ganesh, le chef de secteur expérimenté, supervise deux tangos lors du week-end de Singapour, leur transmettant 16 années d’expérience sur ce circuit spécifique.

La formation continue même pendant le week-end de course. Chaque session est suivie d’un débriefing où les équipes analysent ce qui s’est bien passé et identifient les points d’amélioration. “Après le week-end, nous réfléchissons toujours aux bonnes choses, mais aussi à ce qui aurait pu mieux se passer,” note Ganesh. Cette culture d’amélioration continue garantit que les marshals restent au sommet de leur art.

Les certifications nationales constituent également une condition préalable. Les marshals doivent généralement être enregistrés auprès de l’autorité sportive automobile de leur pays, qui délivre des licences basées sur l’expérience accumulée. Certains pays exigent un certain nombre de journées de course en championnat local avant d’autoriser leurs marshals à participer à des événements internationaux de Formule 1.

L’action en piste durant la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

Lorsque le message radio crépite “Voitures en piste”, l’adrénaline monte d’un cran. Les essais libres du vendredi après-midi marquent le début de l’action sur le circuit de Marina Bay, et les marshals positionnés tout autour du tracé se mettent en alerte maximale. Au virage 5, zone d’impact élevé avec une importante zone de freinage, pas moins de 18 marshals sont déployés.

Les premières sessions se déroulent souvent dans un calme relatif, les pilotes explorant progressivement les limites du circuit. Mais ce calme apparent ne doit pas tromper : la vigilance reste constante. “Un circuit urbain est unique car tout peut arriver. Si vous vous préparez à 100 scénarios, c’est le 101ème qui se produira réellement,” avertit Ganesh. En 2023, il était positionné au dernier virage lorsque Lance Stroll a eu un accident violent lors des qualifications, un incident totalement inattendu dans cette zone.

Les observers scrutent chaque passage, identifiant les comportements inhabituels. Lorsqu’une voiture frôle le mur un peu trop près, l’information est immédiatement transmise au contrôle de course. Oscar Piastri, pilote McLaren australien, teste régulièrement les limites du mur de sortie au virage 5, glissant pour maintenir sa monoplace hors des barrières. Les marshals restent prêts à intervenir, mais le talent du pilote lui permet d’éviter le contact.

Lors des essais libres 2, l’action s’intensifie. George Russell percute le mur et perd son aileron avant, déclenchant une intervention du secteur 16. Le drapeau rouge est immédiatement brandi par Dom, stoppant la session. Deux véhicules de récupération sont déployés pour réaligner les barrières TecPro endommagées. Une fois le travail de nettoyage terminé, le contrôle de course envoie un message d’appréciation : “Contrôle de course au secteur 16, ceci est un message du directeur de course. Bon travail !”

Quelques minutes après la reprise, un nouveau drapeau rouge est nécessaire suite à l’accident de Liam Lawson à l’avant-dernier virage. Des débris jonchent l’ensemble du virage, créant un danger majeur. Une fois la dernière voiture rentrée au stand, les secteurs 17 à 19 déploient leurs track marshals pour collecter les débris le plus rapidement possible. “Balais dehors,” ordonne le contrôle de course. “J’ai besoin d’urgence de votre équipe.” Les marshals s’exécutent avec une efficacité remarquable, dégageant la piste en quelques minutes.

La communication radio constitue l’artère vitale de ces opérations. Les échanges sont concis, précis et suivent des protocoles stricts. Chaque chef de secteur doit transmettre les informations essentielles sans encombrer les fréquences. Le timing est crucial : lorsqu’un débris est repéré, chaque seconde compte avant qu’un pilote n’arrive à pleine vitesse.

La gestion de la météo représente un autre défi permanent à Singapour. Les ciels menaçants et les averses tropicales soudaines peuvent transformer radicalement les conditions de piste. Les marshals doivent alors adapter leurs procédures, sachant que les risques d’aquaplaning et de perte de contrôle augmentent considérablement. Heureusement, lors de cette session du vendredi, seule une légère bruine épargne le circuit d’une mousson complète.

Les défis physiques et mentaux de la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

Le Grand Prix de Singapour impose des conditions particulièrement éprouvantes aux marshals. Avec une journée de travail s’étirant de 10h45 à 23h00, soit plus de 12 heures debout, l’endurance physique devient un facteur déterminant. Cette configuration nocturne unique en Formule 1 bouleverse les rythmes biologiques habituels et exige une résistance particulière.

La chaleur tropicale de Singapour constitue un adversaire redoutable. Même après le coucher du soleil, les températures restent élevées avec une humidité écrasante qui transforme les combinaisons ignifuges en véritables saunas. L’hydratation devient une priorité absolue. Lors des pauses entre les sessions, les marshals doivent boire abondamment pour compenser la transpiration excessive. Les organisateurs mettent à disposition des zones de ravitaillement, mais le timing des pauses dépend entièrement du déroulement des sessions.

La concentration mentale sur une aussi longue période représente peut-être le défi le plus difficile. Contrairement à ce que le public pourrait imaginer, une session de Formule 1 n’offre pas une action constante. De longues périodes de calme peuvent alterner avec des moments d’intervention intense. Les marshals doivent maintenir un état d’alerte permanent, sachant qu’un relâchement même bref pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Le stress lié à la sécurité pèse également sur les épaules des volontaires. Bien que les accidents graves soient heureusement rares, l’incident récent au Grand Prix du Mexique, où Liam Lawson a failli percuter deux track marshals, rappelle que le danger est bien réel. Les marshals opèrent à quelques mètres seulement de monoplaces lancées à plus de 200 km/h, avec des temps de réaction comptés en millisecondes. Cette proximité avec le danger exige un sang-froid remarquable.

L’aspect psychologique du bénévolat international ne doit pas être sous-estimé. Pour les marshals voyageant depuis l’étranger, comme Sophia venue du Royaume-Uni, le coût financier personnel est considérable. Billets d’avion, hébergement, repas – tout est à la charge du volontaire. Cette réalité signifie que seuls les plus passionnés peuvent se permettre de participer à plusieurs Grands Prix internationaux par saison. Pourtant, ces défis financiers ne dissuadent pas les véritables passionnés.

Les risques physiques inhérents au métier nécessitent également une préparation mentale. Intervenir sur une piste où des voitures circulent encore, même sous régime de voiture de sécurité, expose les marshals à des situations potentiellement dangereuses. La formation intensive vise à développer les automatismes qui, en cas d’urgence, peuvent sauver des vies – y compris celle du marshal lui-même.

Malgré ces défis, le moral reste généralement élevé. L’esprit de camaraderie qui unit la communauté des marshals constitue un puissant facteur de motivation. “Quand j’ai commencé, je suis tout simplement tombée amoureuse,” confie Sophia. “Il y a aussi un véritable sens de la famille dans la communauté des marshals. Tu travailles ensemble pendant quatre longues journées sur le même poste, tu apprends vraiment à connaître les autres et tu te fais des amis.” Cette dimension sociale transforme l’expérience de simple travail bénévole en aventure humaine enrichissante, ce qui permet de vivre des moments intenses comme les qualifications du Grand Prix de Singapour.

L’évolution démographique dans la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour

Le visage du marshaling en Formule 1 a considérablement évolué ces dernières années, et le Grand Prix de Singapour illustre parfaitement cette transformation. Traditionnellement dominé par des hommes d’âge mûr, le corps des marshals accueille désormais une diversité croissante en termes d’âge, de genre et d’origine ethnique.

L’explosion de popularité de la Formule 1, largement attribuée au succès de la série Netflix “Drive to Survive”, a provoqué un afflux massif de nouveaux volontaires. “Jusqu’à la pandémie, nous manquions de personnes,” explique Dom, le marshal australien de 71 ans. “La plupart d’entre nous étaient un peu plus âgés et ressemblaient beaucoup à moi. Mais depuis Drive to Survive, nous avons eu des centaines de candidatures à Victoria où je travaille habituellement. C’est formidable de voir des jeunes trouver leur chemin vers le marshaling. Ils apportent beaucoup d’énergie et de passion à la communauté.”

Cette injection de sang neuf a revitalisé une communauté qui vieillissait progressivement. Les jeunes marshals, souvent dans la vingtaine et la trentaine, apportent une perspective différente et une familiarité naturelle avec les nouvelles technologies. Leur présence équilibre l’expérience des vétérans, créant un mélange idéal de sagesse accumulée et d’enthousiasme juvénile.

La représentation féminine a également progressé de manière significative. Sophia, marshal britannique d’origine sud-asiatique, témoigne de cette évolution : “J’étais la seule marshal féminine asiatique au Royaume-Uni. Le manque de représentation était assez frustrant et choquant. Heureusement, beaucoup de choses ont changé depuis. Motorsport UK a fait beaucoup de travail avec ses événements communautaires, tout comme la FIA avec son programme Girls on Track. Lewis Hamilton a également été un soutien énorme à travers Mission 44.”

Cette diversification ne concerne pas uniquement le genre. Les marshals à Singapour proviennent littéralement du monde entier : locaux singapouriens, expatriés venus d’Inde comme Ganesh, Européens comme Sophia, Australiens comme Dom, et représentants de dizaines d’autres nationalités. Cette mosaïque culturelle enrichit l’expérience collective et démontre le caractère universel de la passion pour le sport automobile.

Le directeur de course de F1, Rui Marques, lui-même ancien marshal portugais devenu professionnel du sport automobile, observe avec satisfaction cette évolution. “Oui, en Europe, l’âge des volontaires devenait de plus en plus élevé. Ne vous méprenez pas, nous voulons et respectons tout le monde. Certains d’entre eux ont 30 ans d’expérience, ce qui est également important. Mais nous pouvons maintenant voir plus de jeunes arriver, ce qui est vraiment bien.”

L’âge ne constitue plus une barrière à l’entrée dans aucune direction. Dom, qui a commencé le marshaling à 65 ans après sa retraite, prouve qu’il n’est jamais trop tard pour s’impliquer. À 71 ans, il continue de brandir les drapeaux avec autant d’enthousiasme qu’un débutant. À l’inverse, des jeunes de 18 ans, dès qu’ils atteignent l’âge minimum requis, rejoignent les rangs avec une impatience palpable.

Cette démocratisation du marshaling reflète également l’évolution du public de la Formule 1. Les nouveaux fans, plus jeunes et plus diversifiés, trouvent dans le bénévolat une manière accessible de vivre leur passion de l’intérieur, transformant le spectateur passif en acteur essentiel du spectacle.

La fin de la journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour et les perspectives d’avenir

Lorsque le drapeau à damier clôture la dernière session de la journée, le travail des marshals n’est pas tout à fait terminé. La procédure de fin de session suit un protocole strict : “Une minute. Silence radio, finish en attente. 5, 4, 3, 2, 1, drapeau à damier.” Les dernières voitures rentrent au stand, mais les marshals doivent encore effectuer une inspection finale de leurs secteurs respectifs.

Cette vérification post-session garantit qu’aucun débris n’a été oublié sur la piste, qu’aucun équipement de sécurité n’a été endommagé, et que tout est prêt pour la session suivante ou le lendemain. Pour les secteurs ayant connu des incidents, un débriefing rapide permet d’analyser les interventions et d’identifier les points d’amélioration. Ces retours d’expérience constituent une partie essentielle de l’apprentissage continu.

À 23h00, après plus de 12 heures sur le circuit, les marshals peuvent enfin quitter leurs postes. L’épuisement physique est réel, mais la satisfaction d’avoir contribué au succès de la journée compense largement la fatigue. Pour Dom, un bon week-end se définit ainsi : “Quand tu as pu travailler avec des personnes intéressantes et compétentes, et quand tu as passé un bon moment et forgé des amitiés.”

Le lendemain, le cycle recommence. Samedi apporte les essais libres 3 et les qualifications, des sessions où la pression monte d’un cran. Les pilotes poussent leurs machines à la limite absolue pour décrocher la pole position, augmentant les risques d’incidents. Dimanche, la course elle-même représente l’apogée du week-end, avec 62 tours où tout peut arriver.

L’avenir du marshaling en Formule 1 semble prometteur. La FIA a créé en 2024 un nouveau département des officiels visant à centraliser et améliorer la formation des commissaires, stewards et directeurs de course. L’organisation a également proclamé octobre comme “Mois des Volontaires et des Officiels” pour célébrer ses “héros méconnus” à travers divers événements et récompenses.

Pour ceux qui aspirent à devenir marshals, Rui Marques offre ce conseil pragmatique : “Il est bon que les gens n’envisagent pas uniquement la F1. Si vous commencez avec la F1 – ce que beaucoup font et font très bien – vous vivez dans une bulle d’équipement et de standards, et vous ne voyez pas qu’il existe d’autres réalités. Dans les courses de club, vous n’avez pas toujours la dernière technologie ou le GPS, et c’est bon d’apprendre à travailler sans. Chaque catégorie exige des choses différentes.”

Cette philosophie souligne une vérité essentielle : le marshaling ne se limite pas à la Formule 1. Les courses locales et nationales offrent des opportunités tout aussi enrichissantes, souvent plus accessibles financièrement et avec un engagement pratique plus important. Beaucoup des meilleurs marshals n’opèrent jamais en F1 et n’en ont aucun désir, trouvant leur épanouissement dans les championnats régionaux.


La journée type d’un marshal F1 au Grand Prix de Singapour révèle une réalité souvent invisible du grand public : derrière chaque course spectaculaire se cache une armée de passionnés dont l’engagement volontaire rend possible ce que nous voyons à l’écran. Ces hommes et ces femmes, de tous âges et de tous horizons, consacrent leur temps, leur énergie et souvent leurs ressources financières personnelles pour garantir que le spectacle se déroule en toute sécurité.

Du réveil matinal à 10h45 jusqu’au retour épuisé à 23h00, en passant par les formations intensives, les interventions sous pression et les moments d’attente vigilante, les marshals incarnent l’esprit du sport automobile dans sa forme la plus pure. Leur camaraderie, leur professionnalisme et leur passion constituent le fondement invisible sur lequel repose tout l’édifice de la Formule 1. À Singapour comme ailleurs, ce sont eux les véritables héros méconnus du paddock. Pour ceux qui souhaitent rejoindre cette famille mondiale, il suffit de contacter son club ou circuit local et de s’enregistrer auprès de l’association sportive automobile nationale pour débuter cette aventure extraordinaire.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.