Jorge Martin a repris sa place de leader en MotoGP avec Aprilia, mais le pilote espagnol admet qu’il n’est pas encore à 100 % de ses capacités. Après une saison 2025 cauchemardesque où il n’a disputé que quatre Grands Prix, et une période hivernale marquée par deux opérations supplémentaires, le champion 2024 a surpris par sa vitesse en ce début d’année 2026. Absent aux essais de Sepang, il a enchaîné des top 5 à Buriram avant de briller au Grand Prix du Brésil.

Le cauchemar de 2025 et la longue récupération
La saison 2025 a été un véritable calvaire pour Jorge Martin. Blessé à la clavicule lors du Grand Prix du Japon en septembre, il n’a pu disputer que quatre courses au total. Cette fracture, survenue dans un choc avec Marco Bezzecchi, a mis un terme prématuré à sa défense de titre.
L’hiver n’a pas été plus clément. Martin a découvert que ses blessures n’avaient pas totalement guéri, nécessitant deux opérations supplémentaires. Il raconte même n’avoir pas pu s’alimenter seul au début de sa convalescence. Cette période brutale l’a tenu éloigné des pistes pendant des mois.
Malgré tout, le pilote Aprilia a maintenu un entraînement rigoureux. « J’ai été enfermé pendant cinq mois et demi, juste à m’entraîner, à récupérer, à m’entraîner, à récupérer », confie-t-il après le Brésil. « Je n’ai raté aucun jour de régime. J’étais toujours focalisé sur mon objectif, et voilà le résultat. Le travail acharné paie. »
Son saison 2025 brisée par les blessures a testé sa résilience, comme détaillé dans nos analyses internes. Aprilia a patienté, convaincue de son retour.
Aujourd’hui, cette détermination porte ses fruits, même si la route est encore longue.
Premiers pas encourageants en 2026 à Buriram
Absent à Sepang, Martin a fait son retour lors des essais à Buriram, en Thaïlande. Bien qu’il n’ait été que le troisième meilleur pilote Aprilia là-bas, derrière Bezzecchi, ses top 5 en sprint et en Grand Prix ont dépassé les attentes.
La RS-GP s’est révélée la moto la plus rapide sur ce circuit, confirmant la domination précoce d’Aprilia. Martin, encore en phase d’adaptation, a montré une vitesse brute impressionnante.
Ces résultats ont surpris beaucoup d’observateurs. Parti avec un handicap, le pilote a prouvé qu’il pouvait rivaliser dès le début de saison. La domination d’Aprilia au Grand Prix du Brésil prolonge cette dynamique, comme nous l’avions anticipé.
Buriram a servi de rampe de lancement. Martin y a gagné en confiance, posant les bases de progrès futurs.
La pause avant les États-Unis sera cruciale pour affiner sa condition.
Brillance au Grand Prix du Brésil
Le week-end brésilien à Goiânia a été le théâtre d’une performance mémorable. Martin a commencé fort en essais, puis a terminé troisième du sprint, son premier podium depuis 2024.
Le dimanche, il a fait encore mieux : deuxième derrière son coéquipier Bezzecchi, offrant un 1-2 historique à Aprilia. Il a perdu du terrain au départ mais a remonté le peloton avec un double dépassement sur Marc Marquez et Fabio Di Giannantonio.
Ce charge évoquait ses jours glorieux chez Pramac. Malgré une chute en qualification qui l’a privé de la pole, sa vitesse en course était indéniable.
- Troisième en sprint : premier podium de la saison.
- Deuxième en Grand Prix : doublé Aprilia.
- Classé deuxième au championnat, à neuf points de Bezzecchi.
Pour plus de détails sur cette course, consultez l’analyse MotoGP sur le site officiel.
Cette performance valide les mois de labeur post-Japon.
Opérant à 95 % de ses capacités
Martin évalue sa forme à 95 % actuellement, contre 85 % en Thaïlande. Il manque encore de ressenti au niveau de la main et de l’épaule, mais progresse lap après lap.
« Je suis beaucoup mieux qu’en Thaïlande. Peut-être 85 % là-bas, 95 % maintenant », explique-t-il. « Ce qui me manque le plus, c’est un peu de feeling avec l’Aprilia. Je roule encore un peu tendu, mais chaque jour s’améliore. Dans un mois ou un mois et demi, je serai à mon top. »
La moto Aprilia domine, mais Martin doit s’adapter. Sa position de pilotage tendue freine son potentiel maximal.
La pause de quatre semaines après les États-Unis sera clé. Elle offrira du temps pour récupérer et reset avant l’Europe.
À 28 ans, il a le temps de peaufiner.
Pas encore un prétendant au titre
Deuxième au championnat, Martin refuse le statut de favori. Il manque de constance sur de longs runs et de laps avec l’Aprilia pour égaler Bezzecchi, « parfait » avec la moto.
« Pas pour le moment. J’ai peu de tours avec Aprilia », dit-il. « Marco et la moto ne font qu’un. J’arrive de l’arrière et je commence à comprendre. Sur certaines boucles je suis fort, puis faible, puis fort. Il faut trouver la constance. »
La vitesse et la confiance sont là, mais la régularité fait défaut.
- Forces : vitesse pure, remontées spectaculaires.
- Faiblesses : adaptation à la RS-GP, fitness incomplet.
- Objectif : progresser jour après jour.
La saison est longue ; il jouera ses cartes progressivement.
Aprilia n’a jamais douté de son recrue
Massimo Rivola, CEO d’Aprilia Racing, a toujours cru en Martin. Instrumental dans son recrutement après l’oubli Ducati, il savoure les podiums.
« Je ne veux pas dire surpris, car c’est un double champion du monde. Un pilote naturellement super rapide », déclare Rivola. « Week-end super émotionnel. Deux podiums en grand style. Jorge arrive. Ce qu’il a fait en Thaïlande et au Brésil est impressionnant. Nous sommes heureux d’y avoir cru. »
Pour en savoir plus sur l’équipe 2026, voir le site Aprilia Racing.
Cette confiance mutuelle porte ses fruits.
Jorge Martin est bel et bien de retour, avec un podium au Brésil qui récompense sa persévérance. À 95 % de ses moyens, il vise son pic dans un mois, au cœur d’une saison dominée par Aprilia. Reste à trouver la clé de la constance pour défier Bezzecchi au titre. La pause américaine sera décisive ; suivez ses progrès pour ce qui promet une bataille épique en MotoGP 2026.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.