Vendredi après-midi, la Western District Court de Caroline du Nord a accueilli la première audience opposant Joe Gibbs Racing (JGR), son ex-directeur de la compétition Chris Gabehart et Spire Motorsports. Les débats portaient sur une demande d’ordonnance de restriction temporaire visant à empêcher Gabehart d’exercer ses fonctions chez Spire. La juge Susan C. Rodriguez a entendu les arguments des parties sans rendre de décision immédiate, préférant encourager des négociations sur le week-end.
Cette affaire, qui oppose JGR réclamant plus de 8 millions de dollars de dommages pour violation présumée d’un accord de non-divulgation et vol de données propriétaires, met en lumière les tensions internes dans le petit monde de la NASCAR. Gabehart, récemment nommé Chief Motorsports Officer chez Spire après 13 ans chez JGR, est accusé d’avoir emporté des informations sensibles. Pour en savoir plus sur l’extension du procès à Spire Motorsports, consultez cet article détaillé.

Le déroulement de l’audience
L’audience s’est ouverte avec les plaidoiries des principaux avocats : Sarah F. Hutchins pour JGR, Cary B. Davis pour Gabehart et Joshua Davies pour Spire Motorsports. Les clients étaient présents dans la salle, créant une atmosphère tendue. Après deux heures de débats, la juge a suspendu la séance à 15h20 pour une pause de 10 minutes.
Au lieu de cela, elle a convoqué les avocats en chambres à 15h35 pour un meet-and-confer visant une résolution amiable sur l’ordonnance restrictive. Les discussions n’ont pas abouti d’ici 16h26, heure de reprise, contrainte par le départ du greffier. La juge Rodriguez s’est dite prête à trancher mais a insisté pour des négociations supplémentaires.
« Êtes-vous sûrs de vouloir une décision maintenant ? Ne préférez-vous pas plus de temps pour discuter ? », a-t-elle demandé, encourageant les parties. Elle a ajouté : « C’est la forte préférence de la cour car nous sommes proches. » Reconnaissant la proximité du milieu NASCAR, qu’elle suit depuis l’enfance, elle a plaidé pour un terrain d’entente.
Les avocats se sont consultés séparément, notamment sur la participation de Gabehart au Grand Prix de St. Petersburg ce week-end avec l’équipe Trucks de Spire et Andretti Autosport en IndyCar. Aucune entente n’a émergé. La juge a conclu : « Je vois que nous ne sommes pas particulièrement proches aujourd’hui. »
À moins d’un accord sur le week-end, une nouvelle audience est prévue lundi après-midi pour une décision sur l’ordonnance.
Les arguments de Joe Gibbs Racing sur le non-concurrence
Sarah F. Hutchins a défendu l’application d’une clause de non-concurrence de 18 mois contre Gabehart, contrat signé pour la saison 2025. En tant qu’ex-directeur de la compétition, il avait « les clés du royaume » sur tous les aspects propriétaires de JGR. Son départ prématuré, au milieu du contrat, violerait cet accord.
JGR ne fait pas respecter les non-concurrences en cas de licenciement sans cause ou d’expiration naturelle, a précisé Hutchins. Gabehart risquerait d’utiliser des données sensibles dès ce week-end contre JGR. La juge a qualifié cela de « spéculatif » faute de preuves de transfert.
Hutchins a noté que Gabehart avait pris des photos de données sur son téléphone personnel, action « stupide » selon son avocat, mais découverte après coup par JGR. Malgré des mesures de protection des données, des examens forensics supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les fuites potentielles vers Spire.
Malgré cela, Gabehart pourrait travailler ailleurs pendant la non-concurrence : chez NASCAR, en IndyCar ou F1, dans les médias ou le privé, assurant sa subsistance. En NASCAR, où les millièmes de seconde comptent, la protection des données est vitale.
La défense de Chris Gabehart et les accusations de dysfonction
Cary B. Davis a admis que Gabehart avait photographié des données par frustration après un entretien avec Coach Gibbs, les qualifiant de « jouets » ou « couverture de bébé », fruit d’un an de travail. Il a financé lui-même l’analyse forensics « sans rien à cacher ».
Davis conteste le secret des setups en garage NASCAR, disputé par Hutchins. Gabehart nie tout transfert vers Spire. Dans sa réponse au procès, détaillée ici, il dénonce une dysfonction chez JGR centrée sur Ty Gibbs.[1][2]
Davis compare le rôle passé de Gabehart (coordinateur offensif pour 4 Cup cars) à celui actuel (head coach chez Spire, impliquant développement, grassroots et partenariat Hendrick). La juge note un chevauchement : « Les head coaches connaissent les plays des coordinateurs. »
La date exacte d’embauche chez Spire reste floue (« définitivement en février »), étonnant la juge. Le rôle, âgé de deux semaines, est encore « défini », argue Davis, vital pour Spire en ascension.
Gabehart exprime sa tristesse face à Coach Gibbs après 13 ans de collaboration, tous deux regrettant la situation.
La position de Spire Motorsports et les examens forensics
Joshua Davies présente le poste de Gabehart comme exécutif et large : NASCAR, Trucks, grassroots, sans setups directs (rôles tenus par competition directors et crew chiefs). Hutchins rétorque : si vital après deux semaines, pourquoi si flou ?
Les parties s’accordent sur un cadre d’examens forensics pour appareils de Gabehart et sa femme Jennifer, potentiellement Spire. La juge exige les détails écrits d’ici dimanche 21h.
- Appareils personnels de Gabehart.
- Téléphone de Jennifer Gabehart.
- Vérification de stockage ou accès à données JGR.
- Possible inclusion d’appareils Spire.
La juge Rodriguez se montre sensible aux « lignes de vie » et impacts sur les moyens de subsistance, tout en validant le « trust but verify » de JGR.
Perspectives et enjeux pour la NASCAR
Après la suspension, Coach Gibbs, Gabehart et Jeff Dickerson (Spire) se sont entretenus sobrement, rejoints par Heather Gibbs, Dave Alpern et Bill Anthony. Les avocats refusent les questions, se limitant au débat public.
Cette affaire illustre les risques des non-concurrences en NASCAR, où talents rares migrent vite. Une décision lundi pourrait bloquer Gabehart à St. Pete et au-delà, affectant Spire en pleine croissance. Plus de contexte sur la plainte initiale de JGR.[3]
Pour la communauté NASCAR, un règlement amiable préserverait l’unité ; sinon, des révélations explosives pourraient émerger. L’issue définira les limites des clauses restrictives dans un sport où l’innovation compétitive prime. Les fans attendent avec impatience les suites, potentiellement impactant la saison 2026.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.