Après une saison 2025 difficile en Formule 1 avec Alpine, où il n’a disputé que les six premières courses avant d’être remplacé par Franco Colapinto, Jack Doohan s’apprête à tourner une page importante de sa carrière. Le pilote australien, fils de la légende du MotoGP Mick Doohan, serait sur le point de s’engager en Super Formula japonaise pour la saison 2026 avec l’écurie Kondo Racing, propulsée par Toyota. Cette information, révélée par Motorsport.com, marque un tournant stratégique pour le jeune pilote de 22 ans qui cherche à relancer sa trajectoire professionnelle loin des paddocks européens.
Les récentes visites de Jack et Mick Doohan au Japon, notamment lors de la finale du championnat Super GT à Motegi, témoignent du sérieux de cette démarche. Le directeur du sport automobile mondial de Toyota, Masaya Kaji, interrogé sur le sujet, n’a pas démenti l’intérêt du constructeur japonais pour l’Australien, déclarant simplement : “Il n’y a rien de concret que je puisse dire maintenant, mais c’est un bon pilote.” Cette perspective s’inscrit dans un contexte où Alpine semble déterminée à conserver Colapinto pour 2026, fermant définitivement la porte à un retour de Doohan en F1 avec l’écurie française.

Jack Doohan transfert en Super Formula 2026 : les raisons d’un départ vers le Japon
La décision de Jack Doohan d’explorer les opportunités en Super Formula ne relève pas du hasard. Après une première expérience décevante en Formule 1, où il n’a marqué aucun point lors de ses six apparitions au volant de l’Alpine, le pilote australien se trouve dans une position délicate pour 2026. Son contrat avec Alpine expire à la fin de l’année 2025, et les négociations pour prolonger son rôle de pilote réserve semblent au point mort.
La Super Formula représente néanmoins une alternative de choix pour maintenir un niveau de compétition élevé. Ce championnat japonais est reconnu comme l’une des séries monoplaces les plus compétitives au monde après la Formule 1, offrant des voitures rapides et des circuits exigeants. Pour Doohan, c’est l’occasion de démontrer son talent dans un environnement moins médiatisé mais tout aussi relevé techniquement.
L’intérêt de Kondo Racing pour Doohan s’explique également par la recherche d’expertise internationale de la part des équipes Toyota. Le constructeur japonais semble vouloir renforcer son line-up pour 2026 avec des pilotes ayant une expérience de la Formule 1 ou des catégories européennes de haut niveau. La signature potentielle de Doohan s’inscrit dans cette stratégie, aux côtés du champion du monde des rallyes Kalle Rovanperä, dont le transfert sensationnel vers la Super Formula avec KCMG a été confirmé par Toyota le mois dernier.
Le père de Jack, Mick Doohan, aurait également tenu des discussions avec Ayao Komatsu, le directeur d’équipe de Haas, dont l’écurie entretient des liens étroits avec Toyota. Cette connexion pourrait permettre à Jack de conserver un rôle de pilote réserve en Formule 1 tout en courant au Japon, les calendriers des deux championnats présentant relativement peu de chevauchements. Cette double casquette constituerait une solution idéale pour rester dans le radar de la F1 tout en accumulant des kilomètres de course.
La présence de Mick Doohan dans le paddock lors de la finale Super GT à Motegi a d’ailleurs attiré l’attention des médias japonais. Selon le site as-web.jp, le quintuple champion du monde de MotoGP et son fils auraient rencontré plusieurs représentants d’équipes lors de cet événement, consolidant ainsi les rumeurs d’un accord imminent avec Kondo Racing.
Kondo Racing et Toyota : une opportunité en or pour Jack Doohan
Kondo Racing constitue l’une des écuries les plus établies du championnat Super Formula. Motorisée par Toyota, l’équipe possède une solide réputation et dispose des ressources nécessaires pour rivaliser avec les meilleures formations du plateau. Pour la saison 2025, Kondo Racing aligne actuellement le pilote britannique Zak O’Sullivan, ancien membre de l’académie Williams, aux côtés du vétéran japonais Kenta Yamashita.
Cependant, l’avenir d’O’Sullivan au sein de l’écurie semble incertain. Le Britannique, qui a rejoint Kondo Racing en début de saison 2025, a connu des résultats mitigés, avec seulement deux courses dans les points et une septième place comme meilleur résultat obtenue sous la pluie à Sugo en août. Il occupe actuellement la 15e position au championnat. Bien qu’O’Sullivan ait exprimé son souhait de rester pour une deuxième saison, l’arrivée potentielle de Doohan pourrait compromettre ses plans.
La structure Toyota en Super Formula connaîtra plusieurs bouleversements pour 2026. Outre l’arrivée confirmée de Kalle Rovanperä chez KCMG, probablement en remplacement de Nirei Fukuzumi, d’autres mouvements sont attendus. Fukuzumi devrait quant à lui rejoindre l’équipe Rookie Racing à la place du vétéran Kazuya Oshima, qui prend sa retraite. L’équipe TGM Grand Prix, qui connaît des difficultés cette saison, aurait également manifesté son désir de recruter un pilote expérimenté pour 2026.
Pour Doohan, intégrer la galaxie Toyota représente un atout considérable. Le constructeur japonais investit massivement dans le sport automobile et offre à ses pilotes un soutien technique de premier ordre. Les monoplaces Dallara SF23 utilisées en Super Formula sont équipées de moteurs Toyota TRD-01F développant environ 550 chevaux, offrant des performances comparables à celles de la Formule 2, mais avec une adhérence mécanique supérieure.
La possibilité de combiner un programme Super Formula avec un rôle de réserve en F1, éventuellement chez Haas, représente également un scénario séduisant. Cette configuration permettrait à Doohan de rester visible auprès des décideurs de la Formule 1 tout en accumulant une expérience précieuse en course. Les liens entre Haas et Toyota, notamment à travers leur collaboration technique, facilitent ce type d’arrangement.
Les défis qui attendent Jack Doohan en Super Formula 2026 avec Kondo Racing Toyota
S’adapter au championnat japonais ne sera pas une sinécure pour Jack Doohan. La Super Formula présente des caractéristiques uniques qui nécessitent une période d’acclimatation, même pour des pilotes expérimentés. Les circuits japonais, souvent techniques et exigeants, demandent une compréhension fine des réglages et une adaptation rapide aux conditions climatiques parfois imprévisibles.
Le niveau de compétition en Super Formula est également particulièrement relevé. Des pilotes comme Tomoki Nojiri, triple champion en titre, ou Ritomo Miyata, vainqueur des 24 Heures du Mans avec Toyota, font partie des favoris réguliers. La grille compte également plusieurs anciens pilotes de F1 et de catégories européennes, créant un mélange éclectique de talents et d’expériences. Doohan devra rapidement trouver ses marques pour espérer figurer régulièrement dans le top 10.
L’adaptation culturelle constitue un autre aspect important. Vivre et courir au Japon implique une immersion totale dans une culture sportive différente, avec des attentes spécifiques en termes de discipline, de communication et de relation avec les ingénieurs et mécaniciens. Zak O’Sullivan, qui évolue actuellement chez Kondo Racing, a témoigné dans une interview accordée à Dive-Bomb de l’importance de cette adaptation : comprendre les codes japonais et s’intégrer pleinement dans l’équipe s’avère crucial pour performer.
La barrière linguistique peut également représenter un défi, bien que la plupart des équipes disposent de traducteurs et que l’anglais soit couramment utilisé pour les aspects techniques. Néanmoins, la capacité à communiquer efficacement avec son équipe, surtout lors des séances d’essais où chaque minute compte, sera déterminante pour le succès de Doohan.
Sur le plan sportif, Kondo Racing devra fournir à son nouveau pilote une voiture compétitive. L’équipe dispose de l’expertise nécessaire, mais la régularité des performances sera la clé. Le championnat Super Formula se joue souvent sur des détails, et la fiabilité mécanique, associée à une stratégie de course affûtée, peut faire toute la différence entre une saison réussie et une campagne décevante.
Un transfert qui s’inscrit dans une tendance internationale
Le transfert potentiel de Jack Doohan vers Kondo Racing s’inscrit dans une tendance plus large de pilotes internationaux rejoignant la Super Formula. Kalle Rovanperä, double champion du monde WRC, représente le cas le plus spectaculaire avec sa reconversion complète vers les monoplaces japonaises. Cette décision démontre l’attractivité croissante du championnat pour des talents en quête de nouveaux défis.
Plusieurs autres noms circulent également pour la saison 2026. Selon les rapports japonais, Leonardo Fornaroli, actuellement leader du championnat de Formule 2, et le Néerlandais Richard Verschoor seraient en discussions avec des équipes japonaises. Cette internationalisation progressive du plateau Super Formula témoigne de la reconnaissance dont jouit désormais le championnat au niveau mondial.
Pour les pilotes qui n’ont pas trouvé de baquet en Formule 1, la Super Formula offre une alternative crédible pour maintenir un niveau de compétition élevé. Le championnat bénéficie d’une couverture médiatique croissante, notamment en Asie, et constitue une vitrine intéressante pour les pilotes souhaitant rester dans le radar des équipes de F1. Des exemples comme celui de Pierre Gasly, qui a couru en Super Formula en 2017 avant de rejoindre la F1, illustrent la valeur de ce championnat comme tremplin ou comme plan de secours.
L’implication de Toyota dans cette stratégie d’internationalisation n’est pas anodine. Le constructeur japonais, qui a quitté la Formule 1 en tant qu’équipe d’usine après 2009, continue d’investir massivement dans le sport automobile à travers la Super Formula, le WEC et le programme Gazoo Racing. Attirer des pilotes de renom international renforce la visibilité du championnat et permet à Toyota de continuer à développer de jeunes talents dans un environnement hautement compétitif.
L’éventuel transfert de Jack Doohan en Super Formula 2026 avec Kondo Racing Toyota représente un tournant majeur dans la carrière du pilote australien. Après une expérience écourtée en Formule 1 avec Alpine, cette opportunité japonaise lui offre une seconde chance de démontrer son talent dans l’un des championnats monoplaces les plus compétitifs au monde. Le soutien de Toyota, associé à la possibilité de maintenir un lien avec la F1 via un potentiel rôle de réserve chez Haas, constitue un scénario optimal pour rebondir après les déceptions de 2025.
La Super Formula s’affirme ainsi comme une destination de choix pour les pilotes internationaux en quête de kilomètres compétitifs et d’exposition. Avec l’arrivée confirmée de Kalle Rovanperä et les rumeurs entourant d’autres talents européens, le championnat japonais 2026 promet d’être l’un des plus relevés de son histoire. Pour Jack Doohan, cette aventure nippone pourrait bien être le tremplin nécessaire pour revenir un jour en Formule 1, armé d’une expérience enrichie et d’une maturité accrue face aux défis du sport automobile de haut niveau.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.