L’annonce est tombée ce mardi comme une évidence. Isack Hadjar, la révélation française de la saison 2025, officialise son transfert chez Red Bull Racing pour 2026 au détriment de Yuki Tsunoda. À seulement 21 ans, le pilote parisien s’apprête à vivre le défi ultime de sa jeune carrière en devenant coéquipier de Max Verstappen, quadruple champion du monde en lice pour une cinquième couronne. Pour le Japonais, qui occupait le baquet depuis le début de la saison, c’est la fin d’un rêve et probablement d’une carrière en Formule 1 qui aura duré cinq saisons au sein du girne autrichien.
Cette décision, bien que pressentie depuis plusieurs semaines, marque un tournant décisif pour Red Bull. L’écurie de Milton Keynes choisit de miser sur la jeunesse et la fraîcheur d’un pilote qui n’a pas démérité dans sa première année chez les grands, avec notamment un podium historique aux Pays-Bas et une régularité qui a convaincu les dirigeants. Le défi est immense pour Hadjar, qui se retrouve propulsé aux avant-postes d’une équipe en transition, avec un nouveau motoriste maison et des règlements techniques radicalement différents.

Isack Hadjar officialisé aux côtés de Verstappen : le pari Red Bull 2026
Le communiqué de Red Bull Racing ne laisse aucun doute sur les intentions de l’équipe. “Red Bull Racing a le plaisir d’annoncer qu’Isack Hadjar rejoindra Max Verstappen pour former le duo de pilotes de l’équipe pour 2026”, peut-on lire dans le texte officialisé ce mardi. Le Français arrive avec un palmarès déjà dense pour une première saison, accumulant pas moins de 15 passages en Q3 sur 23 qualifications, une quatrième place sur la grille à Zandvoort et surtout, ce podium inespéré en terres néerlandaises qui a fait basculer le regard des décideurs.
La progression du natif de Paris a été méthodique. Après un début de saison chaotique marqué par une sortie dès le tour de formation en Australie, il s’est rapidement repris. Le Grand Prix du Japon, troisième manche de la saison, lui offrait ses premiers points en Formule 1. Depuis, il n’a cessé d’affûter sa régularité, signant dix courses dans les points avant la finale d’Abu Dhabi et cumulant 51 unités au classement général. Une performance qui le place dixième, devant des pilotes chevronnés comme Nico Hülkenberg et Fernando Alonso.
Une saison 2025 éblouissante comme tremplin
Le parcours d’Hadjar chez Racing Bulls, l’écurie junior de Red Bull, a été un modèle d’efficacité. Le jeune homme a dominé son coéquipier Liam Lawson en qualifications (15-6), montrant une vitesse pure indéniable. Son podium aux Pays-Bas reste le point d’orgue d’une année où il a su conjuguer vitesse et gestion des émotions, deux qualités que Helmut Marko, le célèbre découvrreur de talents de Red Bull, avait remis en cause avant la saison.
Le directeur de l’écurie, Christian Horner, n’a pas caché sa satisfaction. “Isack a impressionné tout le monde cette saison”, a-t-il commenté lors de la conférence de presse. “Sa capacité à rebondir après des moments difficiles, son sens du travail et sa maturité à seulement 21 ans font de lui le candidat idéal pour relever le défi Red Bull.” Le pilote lui-même semblait mesurer la portée de l’enjeu : “C’est un rêve qui devient réalité, mais je sais que la pression sera différente. Être aux côtés de Max, c’est l’opportunité d’apprendre du meilleur.”
Les défis qui attendent le pilote français
La promotion d’Hadjar s’effectue dans un contexte technique particulier. La saison 2026 apportera des changements majeurs avec l’arrivée de nouveaux moteurs hybrides simplifiés et des châssis profondément remaniés. Red Bull devient motoriste à part entière, quittant Honda après des années de partenariat fructueux. Cette transition inédite pourrait jouer en faveur du Français, tout le monde repartant à zéro dans une certaine mesure.
Néanmoins, la malédiction du deuxième baquet Red Bull est un phénomène bien réel. Depuis le départ de Daniel Ricciardo fin 2018, aucun pilote n’a réussi à s’imposer durablement aux côtés de Verstappen. Pierre Gasly, Alexander Albon, Sergio Pérez et maintenant Yuki Tsunoda ont tous échoué à tenir la cadence du Néerlandais. Cette succession d’échecs pèsera sur les épaules d’Hadjar, qui devra prouver qu’il peut rompre cette malédiction.
Yuki Tsunoda : une page qui se tourne après cinq saisons
L’histoire de Yuki Tsunoda chez Red Bull s’achève sur une note d’inachevé. Le pilote japonais de 25 ans n’a jamais réussi à s’imposer comme titulaire incontestable, oscillant entre l’écurie principale et l’écurie junior. Sa chance en 2025, après le remplacement de Liam Lawson, s’est soldée par une déception. Au volant de la redoutable RB21, il n’a pas trouvé les sensations nécessaires pour briller régulièrement.
Dans une interview accordée à Viaplay avant le GP du Qatar, Tsunoda laissait transparaître la certitude de son éviction. “Je sais quelque chose que je ne peux pas partager, mais la plupart des gens le savent”, confiait-il avec le recul. “Je ne sais pas ce qu’il va se passer, donc on verra.” Interrogé sur un plan B pour 2026, il répondait : “Non, pas vraiment. Je ne pense qu’à cette course. Rien n’est décidé pour l’instant, c’est encore entre mes mains, et je vais simplement essayer d’aider Max autant que possible.”
Une saison 2025 difficile au volant de la RB21
Les statistiques ne mentent pas. Tsunoda a dominé le championnat pilotes face à Lawson (8-3) avant son arrivée chez Red Bull, mais sa performance avec l’écurie principale n’a pas atteint les niveaux escomptés. Sa saison a été émaillée d’erreurs et d’instabilité, culminant avec l’accident spectaculaire en qualifications à Imola. Il a détruit sa monoplace contre les murs du circuit d’Émilie-Romagne, un moment qu’il cite encore aujourd’hui comme son seul regret de la saison.
“Je pense que cela m’a probablement fait reculer assez nettement pour la suite”, analysait-il. “Ma décision de rejoindre Red Bull, j’en suis heureux. Je reprendrais exactement la même [s’il fallait]. Oui, ça m’a rendu plus fort. Mais la seule chose où je me dis : ‘OK, voilà une grosse erreur cette année’, c’est cet accident à Imola. C’est tout.” Cette sortie, médiatisée et coûteuse, semble avoir pesé lourd dans la balance du conseil de direction.
Les regrets d’Imola et les incertitudes de l’avenir
L’accident d’Imola restera comme le tournant négatif de la saison 2025 de Tsunoda. Non seulement il a privé l’équipe d’une monoplace en course, mais il a fragilisé psychologiquement le pilote. Les semaines suivantes ont été difficiles, avec des qualifications décevantes et des courses en retrait. Sa place chez Red Bull, déjà fragile, n’a pas résisté à cette déconvenue.
Pour 2026, les options de Tsunoda semblent limitées. Racing Bulls a officialisé le duo Liam Lawson-Arvid Lindblad pour son line-up, fermant la porte à un retour chez l’écurie junior. Sans volant disponible au sein du girne Red Bull et avec un marché des pilotes déjà bien rempli, le Japonais pourrait bien quitter la Formule 1 après cinq saisons. Son avenir pourrait passer par les championnats américains ou japonais, voire par un pivot vers les courses d’endurance.
Red Bull 2026 : un défi technique et humain immense
La saison 2026 représente bien plus qu’un simple changement de pilotes pour Red Bull. Le règlement technique révisé apportera des modifications profondes avec des voitures plus légères, des aérodynamiques simplifiées et des moteurs hybrides avec une composante électrique accrue. L’écurie autrichienne deviendra son propre motoriste, un saut dans l’inconnu après des années de partenariat réussi avec Honda.
Cette refonte totale pourrait être une bénédiction pour Isack Hadjar. Toute l’écurie repartira quasiment à zéro en termes de développement et de compréhension du comportement des voitures. La domination actuelle de Verstappen sur la RB21 ne garantit aucune suprématie sur la RB22. Les simulations en soufflerie et les premiers essais hivernaux seront décisifs pour établir la hiérarchie du début de saison.
La malédiction du deuxième baquet face à Verstappen
Le défi le plus redoutable pour Hadjar restera son coéquipier. Max Verstappen a écrasé toute opposition depuis 2021, remportant quatre titres consécutifs. Son aisance à tirer le maximum de chaque voiture Red Bull, même imperfecte, a mis en lumière les insuffisances de ses coéquipiers. Le fossé de performance entre le Néerlandais et ses équipiers successifs a nourri la théorie d’un “baquet maudit” à Milton Keynes.
Pourtant, Hadjar arrive avec un avantage : l’expérience d’une saison complète en Formule 1. Contrairement à Gasly, Albon ou même Tsunoda qui ont découvert la catégorie reine en même temps que Red Bull, le Français connaît déjà les circuits, les procédures et la pression médiatique. Son expérience avec Racing Bulls, équipe satellite qui utilise la même technologie Red Bull, lui fournit une base de connaissances précieuse sur la philosophie de l’équipe mère.
Les nouvelles régulations comme facteur d’espoir
Le nouveau règlement technique de 2026 redistribue les cartes. Les voitures perdront du poids, passeront de 798 à 768 kilos minimum. Les ailerons avant et arrière seront simplifiés, réduisant l’effet de sillage et facilitant les dépassements. Côté motorisation, la part électrique passera de 120 à 350 kW, transformant la gestion de l’énergie en course.
Pour Red Bull, devenir motoriste est un défi d’une autre ampleur. L’équipe doit développer son V6 hybride, le RB16, sans l’expérience cumulative de constructeurs établis comme Ferrari ou Mercedes. Cette inconnite technique pourrait créer des opportunités pour des équipes comme McLaren ou Aston Martin en début de saison. C’est dans ce contexte de réinitialisation que Hadjar espère pouvoir rivaliser plus serré avec Verstappen, tout le monde découvrant la nouvelle donne simultanément.
La saison 2026 s’annonce passionnante, avec des incertitudes techniques majeures et une nouvelle donne politique au sein de Red Bull. Le pari sur Isack Hadjar est audacieux mais calculé. L’écurie mise sur la fraîcheur d’un pilote qui n’a jamais vraiment connu d’échec en monoplace, espérant qu’il rompra la malédiction du deuxième baquet. La pression sera immense, mais comme le disait récemment Helmut Marko : “Les grands pilotes naissent des grands défis. C’est à Hadjar de montrer s’il en fait partie.”
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.