Isack Hadjar join Red Bull Racing as Verstappen's teammate for 2026

F1

Les rumeurs qui circulaient depuis des semaines dans le paddock de Formule 1 se sont finalement confirmées. Le Français Isack Hadjar, 21 ans, deviendra bien le coéquipier de Max Verstappen chez Red Bull Racing à partir de la saison 2026. Une promotion fulgurante qui fait de lui le plus jeune pilote français à intégrer l’équipe autrichienne depuis Pierre Gasly en 2019. L’annonce officielle, faite le 2 décembre 2025, quelques jours seulement avant la fin de la saison à Abou Dhabi, bouleverse les plans de la filière Red Bull et redistribue les cartes au sein de la structure.

Le parcours d’Hadjar dans l’école Red Bull Junior Team prend donc une tournure inespérée. Alors que beaucoup pensaient qu’il fallait au moins deux saisons en F1 pour mériter le baquet de la Red Bull officielle, le Parisien a franchi cette étape en seulement une année. Cette décision s’explique par des performances impressionnantes chez Racing Bulls, mais aussi par les difficultés de ses prédécesseurs.

isack-hadjar-red-bull-debut_0.jpg

Isack Hadjar: le pilote franco-algérien qui a tout gagné à la force du poignet

Né le 28 septembre 2004 à Paris d’un père physicien quantique algérien et d’une mère libano-algérienne, Isack Hadjar porte fièrement sa double identité. Son surnom de « Petit Prost » lui vaut d’entrer dans la légende du sport français, mais c’est surtout par son talent brut qu’il se distingue. Initié au karting en 2012 après avoir découvert le film Cars, le jeune pilote a suivi un parcours classique mais accéléré.

Vice-champion de Formule 2 en 2024, battu d’un demi-point seulement par Gabriel Bortoleto, Hadjar a impressionné les observateurs par sa régularité et sa capacité d’adaptation. Sa saison 2025 chez Racing Bulls l’a offertement confirmé: podium historique aux Pays-Bas à Zandvoort, sixième place à Monaco et Las Vegas, points marqués à dix reprises sur vingt-trois courses. Le tout avec une monoplace souvent excellente en qualification mais plus capricieuse en course, selon ses propres aveux.

De la F2 à Red Bull en 18 mois: une montée en puissance record

La trajectoire d’Hadjar est exemplaire de la nouvelle politique de Red Bull. Alors que l’écurie avait perdu plusieurs jeunes talents ces dernières années - dont son rival Victor Martins chez Alpine - elle a décidé de miser sur la fraîcheur. Promu pilote de réserve Red Bull en septembre 2024 après les déboires de Daniel Ricciardo, Hadjar avait alors déjà disputé plusieurs séances d’essais libres, impressionnant par son assurance.

Ses débuts en F1 n’ont pas été de tout repos. Sortie de piste lors du tour de formation en Australie, abandon au départ de sa toute première course. Mais le Français a su rebondir immédiatement. Au Japon, troisième Grand Prix de sa carrière, il marque ses premiers points en terminant huitième. Puis vient ce fameux podium aux Pays-Bas, le 31 août 2025, quatrième sur la grille mais troisième à l’arrivée après l’abandon de Lando Norris. Il devient le plus jeune Français à monter sur un podium en F1.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes: 51 points, 12e au classement général, 9 arrivées dans les points. Des chiffres qui surpassent largement ceux de Yuki Tsunoda sur la même période, avec une RB21 que le Japonais n’a jamais réussi à dompter malgré 111 Grands Prix d’expérience.

Yuki Tsunoda: de la RB21 à la réserve, une décision inéluctable

La rétrogradation de Yuki Tsunoda n’est pas une surprise pour les observateurs avertis. Promu dans la Red Bull officielle après seulement deux courses de Liam Lawson au début de la saison, le pilote nippon n’a jamais réussi à s’imposer. Ses statistiques sont sans appel: seulement sept places dans les points en 2025, derrière Hadjar et Lawson au championnat, une incapacité à capitaliser sur le potentiel de la RB21.

Helmut Marko, le célèbre talent scout de Red Bull, ne mâche pas ses mots: « Pour sa première saison, Isack a montré une grande maturité et qu’il pouvait apprendre vite. Plus important, il a fait la démonstration qu’il avait la pointe de vitesse, ce qui est la qualité numéro 1 dans ce sport. » Cette déclaration, rapportée par L’Équipe, sonne comme un réquisitoire contre les choix passés.

Yuki Tsunoda devient donc pilote d’essais et de réserve pour 2026, un statut qui le met en concurrence avec d’autres jeunes de la filière. Racing Bulls, l’écurie sœur, accueillera quant à elle Liam Lawson (prolongé) et Arvid Lindblad, un prodige britannique de 18 ans actuellement sixième en F2.

Les défis de coéquipier de Verstappen: un poste à haut risque

Devenir le coéquipier de Max Verstappen n’est pas une sinécure. L’histoire récente de Red Bull est éloquente: Pierre Gasly remercié au bout de douze courses en 2019, Alexander Albon démis en 2020, Sergio Pérez maintenu trois saisons mais sans jamais inquiéter le champion. Le Néerlandais a écrasé quiconque a partagé son garage, avec une régularité et une exigence qui intimident.

Hadjar semble pourtant conscient du défi qui l’attend. « Je me sens prêt pour rejoindre Red Bull, et je suis fier que l’équipe ressente la même chose. J’ai hâte de pouvoir travailler avec le meilleur et de pouvoir apprendre de Max », a-t-il déclaré dans le communiqué officiel. Cette humilité contraste avec la fougue qu’il montre en piste.

Laurent Mekies, le team principal, ajoute: « Nous croyons qu’Isack peut briller au côté de Max et produire de la magie sur la piste. » Des mots bienveillants qui masquent mal la pression énorme qui pèsera sur les épaules du Français. Verstappen ne tolère pas les erreurs répétées et exige un coéquipier capable de ramasser des points pour l’écurie sans le gêner.

Stratégie 2026: pourquoi Red Bull mise sur un rookie

La décision de promouvoir Hadjar s’inscrit dans une stratégie plus large. Avec l’arrivée des nouveaux règlements techniques en 2026, Red Bull veut se doter d’un pilote jeune, malléable, sans a priori. L’expérience de Tsunoda s’est révélée contre-productive, marquée par des erreurs de jugement et une incapacité à maximiser le potentiel de la voiture.

Hadjar apporte une fraîcheur dont l’équipe a besoin. Son passage en F1 2025 a démontré une capacité d’apprentissage rapide: après son erreur en Australie, il n’a plus commis de faute majeure. Sa gestion des pneus, sa compréhension des stratégies, son feedback technique ont progressé à chaque course.

Le jeu de chaises musicales se précise: Red Bull alignera Verstappen-Hadjar, Racing Bulls Lawson-Lindblad. Cette structure à quatre pilotes permet une gestion souple des talents, avec Tsunoda comme variable d’ajustement. Helmut Marko a toujours préféré le turn-over à la stagnation.

Avec 23 Grands Prix au compteur, une année d’expérience sur les circuits, et surtout un podium déjà en poche, Hadjar entre chez Red Bull avec un capital confiance étonnant pour un rookie. La saison 2026 s’annonce comme le test ultime pour celui qui veut devenir le nouvel espoir français de la F1.

Questions fréquemment posées

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.