La saison 2025 a tourné au cauchemar pour la Scuderia Ferrari. Alors que l’équipe italienne abordait l’année avec l’ambition de détrôner McLaren après une saison 2024 encourageante, elle a plutôt sombré dans une spirale de performances décevantes et de critiques médiatiques incessantes. Cette pression médiatique négative, particulièrement virulente dans la presse italienne, a créé un climat toxique qui affecte désormais l’ensemble de l’organisation, des ingénieurs aux mécaniciens en passant par les pilotes.
L’impact psychologique de cette couverture négative est devenu un sujet central dans les paddocks. Lewis Hamilton, qui a rejoint Ferrari en 2025 avec l’espoir d’une huitième couronne mondiale, a surpris les observateurs en pointant du doigt les médias comme un facteur contributif majeur aux difficultés de l’équipe. Cette prise de position souligne une réalité méconnue : en F1, les mots peuvent parfois peser aussi lourd que les secondes au chrono.

La saison 2025 de Ferrari : du rêve au cauchemar médiatique
Le contexte de la saison 2025 de Ferrari est essentiel pour comprendre l’ampleur de la pression médiatique. Après avoir manqué le titre constructeurs 2024 par seulement 14 points face à McLaren, les attentes étaient considérables. Pourtant, dès les essais hivernaux, il est devenu évident que la SF-25 souffrait de problèmes fondamentaux.
Les statistiques parlent d’elles-mêmes : zéro victoire en 2025, des performances qualificatives irrégulières, des erreurs stratégiques coûteuses et une dégradation de la performance en course. L’équipe a rapidement glissé hors de la lutte pour le titre constructeurs, décrochant même du podium des écuries dans les dernières courses. Cette contre-performance a déclenché une avalanche de critiques.
La presse italienne, connue pour sa passion exacerbée pour la Rossa, s’est montrée particulièrement sévère. Les publications comme La Gazzetta dello Sport et Corriere della Sera ont amplifié chaque rumeur, chaque défaillance, créant un environnement où chaque erreur devient un scandale d’État. Cette intensité médiatique est unique à Maranello : aucune autre écurie ne fait l’objet d’une telle attention, d’une telle exigence de la part de ses médias nationaux.
Les voix du paddock : Hamilton et Vasseur dénoncent l’impact psychologique
Lewis Hamilton n’a pas hésité à briser le silence sur le sujet. Après une saison frustrante où il n’a même pas réussi à monter sur un podium, le pilote de 39 ans a directement accusé les médias de nuire à la santé mentale de l’équipe :
“La négativité constante dans les médias, ça les affecte. Ils rentrent chez eux et leurs femmes leur disent ‘ils ont dit ça sur les gens où tu travailles’. Je suis sûr que c’est dur pour eux, et pour leurs enfants. Il y a un énorme effet sur beaucoup de gens.”
Ces propos, recueillis par GPblog.com lors du Grand Prix du Qatar, révèlent une dimension humaine souvent occultée dans le sport hautement technologique de la F1. Hamilton souligne que les membres de l’équipe, des ingénieurs aux mécaniciens, ne sont pas des machines mais des êtres humains sensibles aux critiques.
De son côté, le team principal Frédéric Vasseur a admis dans une interview avec The Athletic que les rumeurs infondées diffusées par les médias jouent un rôle “extrêmement négatif”. Le Français, connu pour son calme légendaire, a néanmoins reconnu la difficulté de gérer cette pression externe :
“Je sais très bien que nous devons travailler sous pression et nous y habituer – c’est dans l’ADN de ce sport. Mais je crois qu’une grande partie de cette pression vient déjà de la piste ; il n’est pas nécessaire d’aggraver les choses de l’extérieur.”
Les mécanismes de la pression médiatique
La couverture médiatique négative impacte Ferrari à travers plusieurs vecteurs :
- Rumeurs de licenciement : Dès juin 2025, la presse italienne spéculait déjà sur le remplacement de Vasseur, créant une incertitude managériale destructrice
- Tensions internes exagérées : Chaque discussion animée sur la radio équipe est transformée en “crise majeure”
- Spéculations sur les pilotes : Les frustrations de Charles Leclerc sont interprétées comme des demandes de départ
- Comparaisons dégradantes : La performance erratique est constamment comparée aux gloires passées de l’équipe
Vasseur a expliqué qu’il évite personnellement de lire les articles et les réseaux sociaux, mais il ne peut pas protéger l’ensemble de ses 1400 employés de cette onslaught médiatique. Les responsables communication de Ferrari doivent constamment filtrer et résumer les critiques, mais la parole est libre et la viralité des informations rend difficile toute forme de contrôle.
Conséquences concrètes sur la performance et le moral
L’impact de cette pression médiatique se traduit par des conséquences tangibles. D’abord, il y a la question du recrutement et de la rétention des talents. Ferrari, en tant qu’équipe la plus prestigieuse de la F1, attire naturellement les meilleurs ingénieurs. Mais qui voudrait rejoindre un environnement où chaque erreur est scrutée à la loupe et médiatisée à l’échelle nationale ?
Ensuite, le climat de peur inhibe l’innovation. Les ingénieurs, redoutant d’être pointés du doigt si une solution technique échoue, pourraient privilégier des approches conservatrices. Or, en F1, l’audace technologique est souvent la clé du succès.
Les performances sur la piste en souffrent directement. Les erreurs stratégiques à la puce, comme celles vues à plusieurs reprises en 2025, peuvent être attribuées à une pression de décision accrue. Quand chaque choix peut être dénoncé dans les médias nationaux le lendemain, la paralysie analytique guette.
Hamilton a insisté sur ce point :“Les résultats sont durs pour eux. Ils viennent chaque week-end en donnant leur meilleur, mais je ne pense pas que ça soit lié au développement, c’est juste ce à quoi nous avons été confrontés cette année.”*
La stratégie de réorientation vers 2026
Face à cette situation, Ferrari a pris une décision radicale : arrêter le développement de la SF-25 dès avril 2025 pour se concentrer sur la monoplace 2026 qui verra l’arrivée d’un nouveau règlement technique révolutionnaire.
Cette stratégie, défendue par Hamilton lui-même, a des implications doubles sur le plan médiatique :
- Côté positif : Elle fournit une explication rationnelle à la chute de performance et déplace le débat vers l’avenir
- Côté négatif : Elle est perçue comme une reddition, un aveu d’échec qui alimente les critiques
“Le développement n’a pas été le problème”, a insisté Hamilton. “Je voulais qu’ils passent à la voiture de l’année prochaine. Je voulais m’assurer qu’on commençait tôt.”
Pourtant, cette décision a créé un paradoxe médiatique : plus l’équipe justifie sa stratégie long-terme, plus la presse lui reproche de renoncer à la saison en cours. Chaque disqualification en Q1 ou course sans point est présentée comme une humiliation supplémentaire.
Impact sur les pilotes et dynamique d’équipe
Les pilotes ne sont pas épargnés par cette pression. Charles Leclerc, en particulier, voit chacune de ses frustrations transformée en spéculation sur son avenir chez Ferrari. Le Monégasque, pourtant fidèle à la Scuderia depuis 2019, se retrouve au centre de rumeurs de départ vers Mercedes ou Audi.
Lewis Hamilton, malgré son statut de champion à sept titres, découvre une pression médiatique sans précédent. Même pour un vétéran de la F1, l’acharnement de la presse italienne représente un défi nouveau. Son élimination prématurée en Q1 au Qatar a déclenché une nouvelle vague de critiques, qu’il a directement attribué à la “négativité médiatique”.
Les radios équipe, normalement confidentielles, sont désormais analysées mot par mot. Ralf Schumacher, ancien pilote F1, a pointé du doigt les commentaires “très agressifs” des pilotes Ferrari sur la radio en 2025, les interprétant comme un signe de tensions internes. Cette hyper-analyse chaque sortie médiatique crée une surveillance constante qui peut altérer les communications essentielles pendant la course.
Vers un avenir meilleur ? Perspectives pour 2026
Malgré l’ambiance actuelle, Ferrari garde l’espoir que la saison 2026 marquera un tournant. Les nouveaux règlements techniques offrent une opportunité de redémarrage à zéro, et l’équipe a investi massivement dans ce futur.
Fred Vasseur reste focalisé sur cet objectif :“Tout ça est derrière nous maintenant. Nous devons nous concentrer sur l’avenir.” Le Français cite Max Verstappen comme exemple de résilience :“Max a été capable de revenir. Il était P8 en qualif à Budapest, P9 en course, puis il a commencé à gagner des courses. Ça signifie que vous pouvez revenir.”
Cette référence est stratégique : elle rappelle que Red Bull a traversé des périodes difficiles avant sa domination actuelle, et que la roue tourne rapidement en F1.
Pour Hamilton, le défi est aussi personnel. Après des années de succès chez Mercedes, cette saison blanche chevalière est un test de caractère. Mais il maintient que la solution réside dans le collectif :“Il y a d’autres choses qui ont besoin d’attention”, sans préciser, suggérant des problèmes structurels plus profonds que la simple performance de la voiture.
L’impact de la couverture médiatique négative sur Ferrari en 2025 dépasse le simple spectacle sportif. Il révèle comment, dans l’ère des réseaux sociaux et de l’information instantanée, la pression psychologique est devenue un facteur de performance aussi critique que l’aérodynamique ou la puissance du moteur. La Scuderia, éternelle icône de la F1, doit non seulement reconstruire sa voiture pour 2026, mais aussi protéger sa culture d’équipe face à une attention médiatique qui peut être aussi destructrice que motivante. Le défi de Maranello n’est plus seulement technique, mais bien humain.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.