Après une saison 2025 décevante où Toyota a dominé avec 12 victoires contre seulement deux pour Hyundai (Grèce et Arabie Saoudite), l’équipe coréenne se montre confiante pour le championnat du monde des rallyes 2026. Le Rallye Monte-Carlo, qui démarre cette semaine, sera le premier test majeur. Hyundai a travaillé dur pour corriger les faiblesses de sa i20 N Rally1 Evo, notamment sur asphalte et en conditions glissantes.
Le directeur sportif Andrew Wheatley affirme que l’équipe est dans une position plus forte. « Je sens personnellement que l’équipe est bien plus solide », déclare-t-il. Avec des ressources réallouées après les défis de 2025, Hyundai vise un challenge sérieux aux titres pilotes et constructeurs.

Les leçons de la saison 2025
La campagne 2025 a été marquée par des investissements massifs dans la version Evo de la i20 N. Si des progrès ont été faits sur les rallyes gravier rapides, la voiture souffrait d’une fenêtre d’exploitation étroite. Sur asphalte, et surtout en conditions bosselées et glissantes, les performances étaient décevantes.
L’arrivée des nouveaux pneus Hankook a compliqué les choses, rendant difficile l’obtention d’une vitesse constante. Hyundai a aussi dispersé ses ressources avec un programme usine en Championnat du monde d’endurance (WEC) sous la marque Genesis. La relocalisation vers une nouvelle base à Offenbach, en Allemagne, a ajouté du chaos.
Malgré ces défis, l’équipe a analysé chaque variable. Les ingénieurs ont identifié les points faibles, comme la stabilité avant et les ratios de transmission adaptés au nouveau restrictor de turbo plus petit, sans l’hybride.
Aujourd’hui, cette introspection porte ses fruits. Hyundai a stabilisé ses opérations et recentré ses efforts sur le WRC. La saison 2026 s’annonce comme une revanche.
La concurrence n’a pas dormi. Toyota, champion en titre, a upgradé la suspension et l’aérodynamique de sa GR Yaris, avec un aileron arrière modifié (lire plus ici).
Les améliorations techniques de la i20 N Rally1
Hyundai a utilisé ses deux jokers d’homologation pour 2026. Le premier concerne les ratios de boîte de vitesses, compensant la perte d’hybride et le restrictor plus petit. Cela rend la voiture plus flexible quand les pilotes ne connaissent pas parfaitement la route.
Le second joker cible la stabilité de l’avant, via des modifications de suspension. Cela réduit le nervosité et élargit la fenêtre d’exploitation. « Nous avons rendu la voiture plus prévisible sur une plage plus large », explique Wheatley.
Depuis la fin du Rallye d’Arabie Saoudite en novembre, 16 journées d’essais ont été effectuées. Pas seulement sur Rally1, mais aussi Rally2 pour mieux comprendre les pneus Hankook, en vue des regs 2027 plus proches du Rally2.
La base d’essais permanente a migré de Finlande vers la France, offrant gravier et asphalte. Idéal pour le nouveau pilote Hayden Paddon. Ces changements techniques visent la consistance.
- Ratios de vitesses optimisés : Meilleure adaptabilité.
- Stabilité avant améliorée : Moins de surprises en virage.
- 16 jours d’essais : Kilomètres massifs sur divers terrains.
- Nouvelle base en France : Accès polyvalent.
Wheatley insiste : « La performance est bonne, c’est l’exploitation qui compte. » (Détails sur les upgrades Hyundai).
Les réactions des pilotes
Thierry Neuville, champion 2024, a peiné en 2025 avec l’Evo et les Hankook. Frustré, il note des progrès mais pas encore la confiance totale. « J’ai fait des pas en avant, mais il manque du feeling pour attaquer, surtout ici à Monte-Carlo », dit-il.
Malgré l’optimisme pour de meilleurs résultats, Neuville reste prudent. « La voiture peut aller vite, mais partout et tout le temps. C’est ce qu’il faut pour gagner. » Les essais en Devoluy ont aidé, sans être parfaits.
Adrien Fourmaux, impressionnant en rookie 2025, est plus confiant. « Les conditions bosselées sont améliorées, l’avant est moins nerveux. C’était plus facile à conduire dès les tests. » Parfait pour Monte-Carlo.
Hayden Paddon bénéficie de la nouvelle base française. L’équipe aligne une formation solide pour ce premier round asphalté, litmus test ultime.
Les pilotes soulignent l’effort incessant des ingénieurs. Pas de pause hivernale, juste du travail pour Monte-Carlo.
Le challenge de Monte-Carlo
Monte-Carlo, avec ses asphalte glissants et imprévisibles, testera les upgrades. Un degré d’air en plus change tout. Wheatley prévient : « Une mauvaise décision a des conséquences en cascade. Ce n’est pas une loterie, mais pas gagné d’avance. »
Hyundai vise la régularité dès le début. Toyota reste favori, mais les Coréens sont prêts. Les rivaux comme M-Sport (Ford Puma) et Toyota GR Yaris upgradée seront surveillés.
Historiquement, Monte-Carlo récompense la prévisibilité. En 2024, Neuville y brillait ; 2025 fut plus dur. 2026 pourrait inverser la tendance.
Les fans attendent un duel intense. Hyundai a les outils, reste à les maîtriser.
Hyundai entre dans 2026 revigoré, avec une i20 N plus stable et une équipe unie. Monte-Carlo dira si cela suffit face à Toyota. Si les pilotes gagnent en confiance, les titres sont à portée. Une saison excitante s’annonce, avec Hyundai de retour au premier plan. Qu’attendre du reste du calendrier ? Les yeux rivés sur les stages monégasques.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.