Hyundai accélère ses améliorations en WRC pour combler l'écart avec Toyota

Hyundai Motorsport traverse un début de saison 2026 difficile en Championnat du monde des rallyes FIA (WRC), marqué par des défaites nettes face à Toyota lors des deux premières manches à Monte-Carlo et en Suède. Alors que Toyota a réalisé des triplés consécutifs sur ces épreuves, le meilleur résultat d’Hyundai reste la quatrième place d’Adrien Fourmaux à Monte-Carlo. L’équipe coréenne prépare désormais une vague d’améliorations pour son i20 N Rally1 « Evo », avec une première salve attendue pour le Rallye de Croatie en avril.[1][2]

Le Rallye Safari Kenya, troisième round du calendrier du 12 au 15 mars, servira de test grandeur nature avant ces évolutions. Malgré les défis de fiabilité passés sur ce terrain impitoyable, Hyundai aborde l’épreuve avec confiance grâce à des tests intensifs réalisés depuis la Suède.

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Un début de saison compliqué pour l’i20 N Rally1 Evo

L’i20 N Rally1 a subi des modifications importantes durant l’intersaison, avec des upgrades au niveau de l’avant et de la boîte de vitesses, suite à une année 2025 décevante où son étroite fenêtre d’exploitation a posé problème. Pourtant, les résultats ne reflètent pas le potentiel de la voiture. À Monte-Carlo, Fourmaux a signé la meilleure performance Hyundai en se classant quatrième, devant Thierry Neuville cinquième.[3]

En Suède, l’équipe a peiné à trouver la constance malgré deux temps scratch pour Neuville et des seconds meilleurs temps pour lui et Esapekka Lappi. Fourmaux a terminé cinquième, tandis que Neuville remportait la Super Spéciale finale. Ces performances ont laissé Hyundai à 66 points au classement constructeurs, loin des 117 de Toyota.[4]

Andrew Wheatley, directeur sportif d’Hyundai, admet que les résultats ne correspondent pas au travail accompli. « Les résultats ne reflètent définitivement pas le dur labeur effectué ni le potentiel de performance présent dans la voiture », a-t-il déclaré à Autosport. L’équipe sait que la voiture est rapide, mais sa fenêtre d’utilisation reste trop étroite face aux variations de conditions en WRC.

Toyota domine avec des podiums complets à Monte-Carlo – victoire d’Oliver Solberg, suivi d’Elfyn Evans – et en Suède. Hyundai doit élargir cette fenêtre pour rivaliser durablement.

Programme de tests intensifs pour préparer le terrain

Depuis la Suède, Hyundai a enchaîné les tests « autant que possible », avec un programme de dix jours prévu dès l’intersaison. Ces sessions, menées majoritairement sur sa nouvelle base d’essais en France, ont couvert du gravier rugueux pour le Kenya et de l’asphalte pour les épreuves à venir comme la Croatie et les Canaries.

Wheatley souligne l’engagement exceptionnel : « Je n’ai jamais vu un calendrier comme celui-ci, un engagement comme celui-ci. La première semaine sans activité pour les pilotes leaders est la semaine 21. » Les tests distinguent les évolutions nécessitant des jokers d’homologation – déjà utilisés pour l’avant et les rapports de boîte – et celles possibles sans, prêtes dans quatre à six semaines.

Ces améliorations visent une meilleure drivabilité dans un plus large éventail de conditions. « Nous verrons dans les quatre à six prochaines semaines plus de pièces disponibles, rendant la voiture plus facile à piloter dans une fenêtre plus large », précise Wheatley.

L’accent est mis sur la survie au Kenya, où la performance pure compte moins que la fiabilité. Des tests sur gravier ultra-rugueux ont impressionné : « La voiture a encaissé une punition incroyable sur trois jours, j’en suis resté bouche bée. »

Confiance pour le Rallye Safari Kenya malgré les défis

Le Safari Rally Kenya, basé à Naivasha, est l’une des épreuves les plus rudes du calendrier avec ses 350 km de spéciales sur terrain varié : rochers, fesh-fesh, boue et pluies localisées. C’est la première apparition de l’i20 N Rally1 Evo ici, mais Wheatley est optimiste : « La voiture n’a pas été conçue pour ces conditions, mais elle a gagné en Grèce et en Arabie Saoudite l’an dernier, deux des plus dures. »[1]

L’année passée, sans l’Evo, Ott Tänak et Neuville avaient offert un double podium – deuxièmes et troisièmes –, premier en podiums pour Hyundai depuis le retour de l’épreuve en 2021. Fourmaux avait abandonné tôt pour un souci électrique.

Les pilotes partagent cette confiance. Neuville : « C’est l’un des plus exigeants pour l’homme et la machine. Mon objectif est un rallye sans pépin ; nous pouvons être rapides. » Fourmaux, quart sur la route, cible un podium propre. Lappi insiste sur la fiabilité, avec un système de dégivrage amélioré.[5]

La liste des engagés confirme trois i20 N Rally1 : Neuville/Wydaeghe (#5), Fourmaux/Coria (#4), Lappi/Mälkönen (#6).[6]

  • Principaux engagés Hyundai :
    Pilote / CopiloteVoitureObjectif
    Thierry Neuville / Martijn Wydaeghei20 N Rally1Podium sans incident
    Adrien Fourmaux / Alexandre Coriai20 N Rally1Exploit de la propreté
    Esapekka Lappi / Enni Mälköneni20 N Rally1Apprentissage fiable

Améliorations à venir pour inverser la tendance

Post-Kenya, les retours informeront les upgrades pour Croatie (9-12 avril), sans jokers d’homologation requis pour certains composants. Hyundai travaille à 120 % pour sauver sa saison, comme l’indique Autosport.[2]

Wheatley : « Nous ne rivalisons pas avec la Toyota 2025, mais la 2026. Le Kenya sera sur la survie, pas la vitesse pure. » La preview officielle Hyundai insiste sur la patience face aux surprises.[5]

En France, AutoHebdo s’interroge : « Safari Rally : qui pour la gagne ? Toyota va-t-elle enfin être challengée ? » Hyundai, déçu en Suède, veut rebondir.

Ces efforts pourraient propulser l’équipe vers le titre constructeurs, toujours à portée malgré l’écart actuel.

Le Rallye Safari Kenya offrira des indications cruciales sur l’évolution d’Hyundai. Une performance solide là-bas, combinée aux upgrades imminents, pourrait relancer la lutte face à Toyota. Les fans attendent de voir si l’i20 N Evo survivra aux savanes kenyanes pour briller en Croatie et au-delà, marquant un tournant dans cette saison 2026 intense.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.