Horner candidat au poste de directeur d'équipe Aston Martin F1 : une rumeur qui divise le paddock

F1

Le départ de Christian Horner de Red Bull Racing en 2025 a secoué la Formule 1. Après vingt ans à la tête de l’écurie autrichienne, l’homme qui a bâti l’ère moderne du Taureau Ailé cherche un nouveau défi. Parmi les destinations possibles, Aston Martin F1 figure en bonne place. Pourtant, le propriétaire Lawrence Stroll semble avoir fermé la porte à cette hypothèse, créant une situation complexe qui agite le paddock depuis des semaines.

Les rumeurs d’un intérêt d’Horner pour le poste de directeur d’équipe chez Aston Martin se sont amplifiées lorsque Andy Cowell, actuel PDG et directeur de l’écurie britannique, a laissé planer le doute lors d’une conférence de presse à Singapour. Ses déclarations ambiguës ont immédiatement alimenté spéculations et analyses, chacun y voyant un possible signe avant-coureur d’un changement de direction majeur dans l’équipe de Silverstone.

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Les ambitions de Christian Horner après Red Bull

Un palmarès impressionnant de 20 ans

Christian Horner n’est pas un dirigeant comme les autres. Sous sa direction, Red Bull a remporté 13 titres de champion du monde des constructeurs et 7 titres de champion du monde des pilotes. Le Britannique a su entourer de personnalités clés comme Adrian Newey, désormais chez Aston Martin, et créer une culture de la performance qui a dominé la grille pendant plus d’une décennie.

Son départ en 2025, officialisé avec un accord financier très avantageux, n’a pas été une simple page qui se tourne. Il prépare activement son retour, armé d’un soutien financier colossal évalué à 15 milliards d’euros selon certaines sources. Ce capital conséquent lui donne une marge de manœuvre unique sur le marché des dirigeants F1.

Une approche méthodique des écuries

Selon les informations recueillies par nos confrères de NextGen-Auto, Horner n’a pas attendu longtemps avant de prendre contact avec la majorité des propriétaires d’écuries. Andy Cowell lui-même a confirmé cette approche lors du Grand Prix de Singapour : “Il semble que Christian soit en train d’appeler pratiquement tous les propriétaires d’écuries en ce moment. Vous pouvez lui transmettre la question.”

Cette stratégie méthodique montre une volonté de ne rien laisser au hasard. Alpine, Cadillac, Haas, Audi et Williams figurent parmi les équipes qu’il a approchées. Chaque discussion aurait été menée avec la même ambition : obtenir un rôle central et un contrôle total sur les opérations sportives et commerciales de l’équipe.

La situation actuelle chez Aston Martin F1

Andy Cowell à la tête de l’écurie

Depuis le début de la saison 2025, Andy Cowell cumule les fonctions de PDG et de directeur d’équipe d’Aston Martin. L’ancien gourou des moteurs Mercedes a remplacé Mike Krack, avec pour mission de transformer l’équipe en prétendant au titre mondial. Son arrivée coïncide avec celle d’Adrian Newey, recruté comme associé à la gestion technique pour 2026.

Cowell a hérité d’un projet massivement financé par Lawrence Stroll, qui a fait construire un nouveau campus ultramoderne à Silverstone. Les installations, parmi les plus impressionnantes du paddock, doivent permettre à l’équipe de rivaliser avec Red Bull, Mercedes et Ferrari dès l’entrée en vigueur des nouveaux règlements techniques en 2026.

Le projet futuriste de Lawrence Stroll

Le propriétaire d’Aston Martin F1 n’a pas ménagé ses efforts pour hisser son équipe au sommet. L’arrivée d’Adrian Newey à 30 millions d’euros par an, suivie de celle d’Enrico Cardile comme directeur technique, témoigne d’une ambition sans limite. Le projet inclut un nouveau tunnel aérodynamique et des ressources financiaires considérables.

Pourtant, les résultats sur la piste en 2025 n’ont pas été à la hauteur des attentes. L’équipe peine à atteindre les objectifs fixés par Stroll, ce qui a naturellement alimenté les spéculations sur un possible changement de direction. C’est dans ce contexte que le nom de Horner a refait surface.

Les obstacles à un éventuel recrutement

Les exigences élevées de Horner

L’ancien patron de Red Bull ne souhaite pas simplement occuper un poste de directeur délégué. Selon des sources concordantes, il aurait proposé à Lawrence Stroll un contrat de sponsoring lucratif accompagné d’un consortium d’investisseurs prêts à acheter une participation minoritaire dans Aston Martin. La condition sine qua non : obtenir le contrôle total en tant que PDG et directeur d’équipe.

Cette exigence de pouvoir absolu semble avoir été la principale pierre d’achoppement. Horner n’est pas intéressé par un rôle où il devrait rendre des comptes à une hiérarchie. Il souhaite construire son propre projet, avec sa propre vision et ses propres méthodes, comme il l’a fait chez Red Bull.

La position ferme de Lawrence Stroll

Selon l’article de NextGen-Auto, Lawrence Stroll aurait fermement rejeté la proposition de Horner. Des sources au sein d’Aston Martin ont confirmé que le propriétaire canadien avait personnellement contacté des cadres supérieurs pour démentir les rumeurs et les rassurer sur le fait que Horner ne rejoindrait l’écurie à aucun titre.

Interrogé sur ces déclarations, Andy Cowell a dû clarifier sa position : “Je peux clairement affirmer qu’il n’est pas prévu que Christian s’impliquer à l’avenir, que ce soit dans un rôle opérationnel ou d’investissement.” Cette clarification publique a mis fin aux spéculations, du moins temporairement.

Ce que l’avenir réserve à Horner

Les alternatives sur le marché

Avec Aston Martin apparemment hors jeu, Horner doit explorer d’autres options. Alpine semblait une destination naturelle, notamment grâce à sa proximité avec Flavio Briatore, conseiller exécutif de l’équipe française. Pourtant, les discussions n’ont pas abouti, même si l’écurie cherche un véritable leader depuis le départ d’Otmar Szafnauer en 2023.

Haas a confirmé des discussions exploratoires avec Horner, mais la situation financière et structurelle de l’équipe américaine ne correspond pas à ses ambitions. Cadillac, qui entrera en F1 en 2026, a également fermé la porte, de même qu’Audi et Williams.

La possibilité d’une douzième écurie

Une alternative qui fait de plus en plus parler d’elle est la création d’une douzième écurie. Horner disposerait du soutien financier nécessaire et pourrait attirer des ingénieurs de haut niveau. Pourtant, cette option reste compliquée. Stefano Domenicali, PDG de la Formule 1, a déclaré en septembre qu’il n’y avait “plus de place” pour une autre structure après l’acceptation au forceps de Cadillac.

Le règlement permet jusqu’à 12 équipes, mais la F1 semble peu enthousiaste à l’idée d’ajouter une nouvelle structure, préférant protéger les équipes actuelles. Horner devrait donc non seulement convaincre la FOM, mais aussi se battre contre une opposition collective des équipes existantes, qui redoute une dilution des revenus.

La situation de Horner candidat au poste de directeur d’équipe Aston Martin F1 illustre la complexité du marché des dirigeants en Formule 1. Malgré un palmarès exceptionnel et des ressources financières considérables, ses exigences de pouvoir absolu et de contrôle total freinent son retour. Aston Martin, avec son projet déjà bien engagé sous la direction d’Andy Cowell et la supervision de Lawrence Stroll, ne semble pas prête à céder aux demandes de l’ancien patron de Red Bull.

L’avenir de Horner reste incertain. Son approche méthodique du marché, contactant “pratiquement tous les propriétaires d’écuries”, montre une détermination sans faille. Pourtant, chaque porte semble se fermer l’une après l’autre. La Formule 1 évolue, les projets se structurent, et le temps presse pour celui qui a été l’un des architectes de la domination récente du sport. La question n’est plus tant de savoir s’il trouvera un poste, mais plutôt sous quelles conditions il acceptera de revenir dans un paddock qui lui doit tant, mais qui semble désormais résister à sa volonté de tout contrôler.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.