Le dispositif holeshot, innovation technique majeure en MotoGP depuis son introduction par Ducati en 2018, continue de faire débat dans le paddock. Bien que Valencia n’ait pas accueilli de Grand Prix en 2024 en raison des inondations dévastatrices qui ont frappé la région, l’historique des courses sur le circuit Ricardo Tormo révèle les défis et problématiques liés à cette technologie. Les incidents survenus lors des différentes courses sprint et les défaillances techniques rencontrées par plusieurs pilotes soulèvent des questions cruciales sur la fiabilité et la sécurité de ces systèmes.
Cette technologie, désormais présente sur toutes les machines du plateau, est conçue pour abaisser le centre de gravité des motos afin d’améliorer l’accélération au départ et en sortie de virage. Pourtant, son utilisation ne va pas sans risques, comme l’ont démontré plusieurs incidents marquants au cours des dernières saisons, notamment lors des phases de départ où les conséquences peuvent être dramatiques.

Le contexte valencien et l’absence du Grand Prix 2024 en lien avec le problème du dispositif holeshot Bezzecchi Valencia MotoGP sprint
Le circuit de Valencia, théâtre traditionnel de la finale du championnat MotoGP, n’a pas pu accueillir l’épreuve prévue en novembre 2024. Les inondations catastrophiques qui ont frappé la région ont contraint les organisateurs à annuler le Grand Prix, un événement reporté au circuit de Barcelone-Catalunya. Cette décision, prise le 1er novembre 2024, a mis fin aux espoirs de voir les pilotes s’affronter une dernière fois sur ce tracé emblématique.
L’année précédente, Valencia 2023 avait été le théâtre d’incidents significatifs impliquant Marco Bezzecchi. Lors de la course principale, le pilote italien de l’équipe VR46 Racing avait été victime d’un accrochage avec Marc Marquez au troisième virage, provoquant son abandon prématuré. Cet incident, survenu au sixième tour, n’était pas directement lié au dispositif holeshot mais illustrait la violence des contacts en début de course, moment où ces systèmes sont intensivement sollicités.
Le tracé valencien, avec ses caractéristiques uniques, présente des défis particuliers pour l’utilisation des dispositifs de départ. La disposition des premiers virages et les zones de freinage influencent directement la façon dont les pilotes gèrent le désenclenchement de leurs systèmes. Valencia 2025 marque le retour du championnat sur ce circuit historique, après l’absence forcée de 2024.
Fonctionnement et principes techniques du dispositif holeshot affectant les performances lors du problème du dispositif holeshot Bezzecchi Valencia MotoGP sprint
Le dispositif holeshot repose sur un principe mécanique ingénieux développé initialement par Ducati. Le système permet d’abaisser l’avant ou l’arrière de la moto en modifiant temporairement la hauteur de caisse, réduisant ainsi le centre de gravité et limitant les wheelies lors des accélérations violentes. Cette technologie s’est révélée si efficace que tous les constructeurs l’ont rapidement adoptée.
À l’arrière, le mécanisme utilise un vérin hydraulique monté entre le bras oscillant et l’amortisseur. Ce vérin, contrôlé manuellement par des câbles selon le règlement MotoGP qui interdit tout système électronique, permet de modifier la longueur de la biellette reliant ces deux éléments. Un capteur de position surveille l’état du système, tandis que le désenclenchement s’effectue automatiquement lors d’un freinage appuyé, grâce aux forces mécaniques transmises directement.
À l’avant, le dispositif fonctionne selon un principe emprunté au motocross : un simple verrou bloque la fourche préalablement comprimée par un freinage fort. Ce système avant, utilisé principalement au départ, se libère dès le premier gros freinage. Les pilotes activent ces dispositifs via des commandes rotatives montées sur le té de fourche, nécessitant une coordination précise entre l’action mécanique et le pilotage.
L’efficacité de ces systèmes réside dans leur capacité à maintenir la roue avant au sol pendant l’accélération, permettant aux pilotes de transmettre davantage de puissance sans risquer un cabrage incontrôlé. Cependant, cette complexité mécanique représente également un point de défaillance potentiel, comme l’ont malheureusement découvert plusieurs équipes.
Les défaillances mécaniques majeures révélant les failles du système lors du problème du dispositif holeshot Bezzecchi Valencia MotoGP sprint
L’année 2025 a été marquée par une série de défaillances spectaculaires des dispositifs holeshot, notamment lors du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone. Yamaha a connu une véritable épidémie technique avec deux pannes identiques du système arrière. Fabio Quartararo, en route vers une victoire qui semblait acquise avec plus de quatre secondes d’avance, a vu ses espoirs s’envoler à sept tours de l’arrivée lorsque son dispositif est resté bloqué en position basse.
La moto du Français, impossible à redresser malgré tous ses efforts, l’a contraint à l’abandon. “Ce qui s’est passé est de la merde”, avait déclaré Quartararo avec une frustration légitime, lui qui n’avait plus gagné depuis le Sachsenring 2022. Le calvaire de Yamaha ne s’est pas arrêté là : Álex Rins a subi exactement la même défaillance dans le dernier tour, perdant de l’huile hydraulique et voyant sa moto rester abaissée. Il a perdu deux positions, dépassé par Raul Fernandez et Brad Binder.
Ces incidents ont révél�e9 une fragilité inqui9tante dans la fiabilité de ces systèmes sophistiqués. Rins a résumé la situation avec lucidité : “J’ai juste perdu de l’huile et elle est restée en bas. Il faut vérifier les deux Yamaha.” Cette double défaillance a jeté un froid sur la dynamique positive de Yamaha, qui montrait pourtant des signes encourageants avec trois pole positions consécutives de Quartararo.
D’autres incidents ont émaillé la saison. Au Grand Prix d’Autriche 2024, Marc Marquez avait révélé le chaos vécu dans le garage Gresini avant même le départ, avec des problèmes sur son système qui ont compromis sa course. Álex Márquez, quant à lui, a été victime d’une chute violente lors du premier départ à Silverstone 2025, son dispositif avant restant bloqué et compromettant son freinage dans le premier virage rapide du circuit britannique.
Les conséquences de ces défaillances vont bien au-delà des résultats sportifs immédiats. Elles remettent en question la fiabilité d’une technologie devenue indispensable à la compétitivité, créant un paradoxe où les équipes ne peuvent se permettre de l’abandonner malgré les risques encourus. Les ingénieurs à Iwata, comme dans les autres usines, travaillent d’arrache-pied pour identifier les causes exactes de ces pannes et garantir la fiabilité future.
Le débat sur la dangerosité et l’interdiction potentielle suite au problème du dispositif holeshot Bezzecchi Valencia MotoGP sprint
Les incidents répétés ont ravivé un débat qui couvait depuis plusieurs saisons : faut-il interdire les dispositifs holeshot avant leur suppression réglementaire prévue pour 2027 ? Les opinions des pilots divergent, révélant la complexité de cette question qui mêle sécurité, performance et spectacle. Certains circuits, comme Le Mans avec sa première courbe rapide, posent des problèmes spécifiques où le désenclenchement du système devient difficile.
Au Mans, le premier virage est une courbe à grande vitesse où les pilotes ne peuvent pas freiner suffisamment fort pour désactiver automatiquement le dispositif. Ils se retrouvent alors obligés de maintenir leur moto en position basse jusqu’à la chicane Dunlop, créant des situations potentiellement dangereuses. Lors d’un départ en conditions mitigées, tous les pilotes n’utilisent pas le système, générant des rythmes différents et des écarts de vitesse qui ont mené à plusieurs chutes au premier virage.
Álex Márquez propose une approche nuancée : “Il faut vérifier et être réaliste, surtout les pilotes, sur les endroits où l’interdire. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de l’interdire sur toutes les pistes. Au Mans, il faut l’interdire, je suis d’accord à 100% pour ça.” Cette position pragmatique suggère une interdiction sélective plutôt qu’une suppression totale immédiate.
Marc Márquez, partisan connu de la simplification technique, estime que les dispositifs rendent le MotoGP “plus facile à piloter” et “moins technique”. Il reconnaît néanmoins leur utilité dans certaines conditions : “Alors qu’il y avait beaucoup de vent [à Silverstone], la moto était plus stable avec le variateur de hauteur arrière.” Cette ambivalence reflète le dilemme auquel fait face le paddock.
Aleix Espargaró, pilote d’essais Honda, plaide pour une suppression totale : “Je ne comprends pas. Le variateur de hauteur à l’avant et à l’arrière, on ne verra jamais ça sur une moto de série. Je ne comprends pas pourquoi on a ces dispositifs.” Sa position met en avant l’argument du transfert technologique vers la production, un des piliers de la philosophie MotoGP. Il admet cependant que l’innovation de Ducati était légale et intelligente, rendant toute interdiction unilatérale difficile.
Johann Zarco représente l’opinion opposée, appréciant le défi technique : “J’aime les variateurs de hauteur. Ils ont été très intéressants pour le développement et je pense que c’est bien de les garder parce qu’on apprend énormément de choses quant à ce qu’on peut extraire de la moto.” Cette vision met l’accent sur l’innovation et le progrès technique, valeurs fondamentales du sport automobile.
Les conséquences sportives et l’impact sur le championnat du problème du dispositif holeshot Bezzecchi Valencia MotoGP sprint
Les défaillances des dispositifs holeshot ont eu des répercussions directes sur les résultats du championnat et les carrières des pilotes. L’abandon de Quartararo à Silverstone 2025, alors qu’il dominait la course, représente plus qu’une simple déception : c’est une victoire volée qui aurait pu relancer sa dynamique et celle de Yamaha. Cette panne est survenue au moment où le constructeur japonais montrait enfin des signes de compétitivité retrouvée.
Pour les pilotes comme Bezzecchi, qui a connu diverses péripéties lors de ses participations à Valencia et ailleurs, la fiabilité mécanique devient aussi importante que la performance pure. En 2023, bien que son incident avec Marquez n’ait pas été causé par un problème technique, il illustre la violence des premières phases de course où les dispositifs sont sollicités au maximum. La frustration du pilote VR46, qui avait qualifié Marquez de “pilote le plus sale” après leur accrochage, reflétait l’intensité des enjeux.
Les équipes se retrouvent prisonnières d’un système qu’elles ne peuvent abandonner sous peine de perdre toute compétitivité. Aucun constructeur ne peut se permettre de renoncer unilatéralement au dispositif holeshot tant que les concurrents l’utilisent. Comme l’explique Quartararo : “Ça nous rend plus rapides, donc on ne l’enlèvera pas si les autres l’utilisent. C’est vraiment important.” Cette course aux armements technologiques crée une dépendance qui expose tous les acteurs aux mêmes risques de défaillance.
L’impact psychologique sur les pilotes ne doit pas être sous-estimé. Savoir qu’une panne mécanique indépendante de leur volonté peut anéantir des mois de travail et de préparation génère un stress supplémentaire. Les ingénieurs doivent constamment jongler entre performance maximale et fiabilité, un équilibre délicat qui devient encore plus critique lors des courses sprint où chaque point compte pour le championnat.
Les courses sprint, introduites récemment dans le calendrier MotoGP, amplifient ces problèmes. Avec des formats plus courts et des départs supplémentaires, les dispositifs sont sollicités plus fréquemment, augmentant les probabilités de défaillance. Les points attribués lors de ces épreuves, bien que moins nombreux que pour les courses principales, peuvent faire la différence dans un championnat serré.
L’avenir réglementaire et les alternatives technologiques face au problème du dispositif holeshot Bezzecchi Valencia MotoGP sprint
Le règlement technique 2027 marque la fin programmée des dispositifs holeshot et de tous les systèmes de variation de hauteur de caisse. Cette décision, actée depuis 2024, vise à simplifier la technologie MotoGP et à réduire les coûts de développement pour les équipes satellites. L’objectif est également de revenir à un pilotage plus “pur”, où le talent du pilote prime sur les aides électroniques et mécaniques sophistiquées.
La transition vers cette nouvelle ère pose néanmoins des questions pratiques. Les constructeurs devront repenser complètement leurs châssis et suspensions, conçus ces dernières années autour de l’existence des dispositifs de hauteur. Ducati, qui a développé cette technologie et en a tiré un avantage compétitif majeur, devra adapter sa philosophie de conception. Les autres marques, qui ont investi massivement pour rattraper leur retard, voient leurs efforts rendus caduques par ce changement réglementaire.
Certains estiment que cette suppression arrivera trop tard. Les incidents de 2025 ont renforcé l’appel à une action immédiate, plutôt que d’attendre encore deux ans. Cependant, une interdiction anticipée poserait des problèmes logistiques et financiers considérables pour des équipes qui ont construit leurs motos autour de ces systèmes. Le compromis évoqué d’une interdiction sélective sur certains circuits reste une option intermédiaire.
La nouvelle génération de MotoGP, avec des moteurs 850cc à partir de 2027, sera également marquée par l’absence de ces dispositifs. Les pilotes devront réapprendre à gérer les wheelies et les transferts de charge sans ces assistances, un défi qui ravira les puristes mais inquiète certains ingénieurs. L’équilibre entre innovation technologique et spectacle sportif reste au cœur du débat.
Les équipes travaillent déjà sur des solutions alternatives pour optimiser les départs et les accélérations sans violer les futurs règlements. L’électronique de gestion moteur, les systèmes de contrôle de traction et l’aérodynamique devront compenser la perte de cet outil. La gestion des courses sprint deviendra encore plus cruciale dans ce nouveau contexte réglementaire.
Les leçons tirées des problèmes rencontrés, que ce soit les défaillances de Yamaha à Silverstone ou les difficultés de gestion au départ sur certains circuits, guideront le développement futur. L’évolution des réglementations techniques en MotoGP reflète toujours une tension entre progrès technologique, coûts de développement et sécurité des pilotes.
La disparition programmée des dispositifs holeshot marque la fin d’une époque dans le MotoGP moderne. Que cette technologie ait été une innovation brillante ou une complication inutile dépend du point de vue, mais son impact sur le sport est indéniable. Les années à venir détermineront si cette suppression améliore effectivement le spectacle et la sécurité, ou si elle crée simplement de nouveaux défis pour les ingénieurs et les pilotes. Valencia, lorsqu’elle retrouvera sa place au calendrier, sera l’un des nombreux théâtres où cette nouvelle ère du MotoGP s’écrira.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.