L'histoire de Renault en Formule 1 de 1977 à 2025

F1

Renault a marqué l’histoire de la Formule 1 pendant près d’un demi-siècle, avec 771 Grands Prix disputés, 213 pole positions, 465 podiums incluant 169 victoires et 23 titres mondiaux. De ses débuts audacieux avec le turbo à son adieu discret à Abou Dhabi en 2025, la marque française a alterné entre innovations pionnières, dominations absolues et moments controversés. Cette saga, riche en rebondissements, s’est achevée sur une note amère avec le passage aux moteurs Mercedes pour 2026.

Pionnière du turbo, fournisseur dominant dans les années 1990 et championne avec des pilotes légendaires comme Prost, Alonso ou Vettel, Renault incarne l’ambition tricolore en sport automobile. Retour sur les moments clés qui ont forgé cette légende, alors que l’usine de Viry-Châtillon ferme un chapitre historique.

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Les débuts turbulents et la première victoire (1977-1979)

Renault entre en Formule 1 en 1977 au Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone avec la RS01, première monoplace équipée d’un turbo. Surnommée la “théière jaune” pour la fumée qu’elle crachait abondamment, cette voiture unique chaussée de pneus Michelin se qualifie 21e sur 36. Jean-Pierre Jabouille endure une course chaotique : fissure du collecteur d’admission au 12e tour, puis casse du turbo après 16 tours.

Ces débuts illustrent les défis du turbo, une technologie alors expérimentale face aux atmosphériques fiables. Renault persévère malgré 17 abandons en 24 départs. L’équipe investit massivement pour dompter la bête.

En 1979, au Grand Prix de France à Dijon-Prenois, la patience est récompensée. Jabouille dépasse Gilles Villeneuve pour offrir à Renault sa première victoire, la sienne aussi. Cette course reste iconique pour le duel roue contre roue entre Villeneuve et René Arnoux pour la deuxième place.

Cette triomphe valide le pari turbo et propulse Renault dans l’élite. Jabouille déclare alors : “C’est la fin des galères.” Les bases d’une ère glorieuse sont posées.

  • Victoires clés : GP de France 1979 (Jabouille).
  • Innovations : Premier turbo 1.5 V6.
  • Défis : Fiabilité précaire, 17 abandons initiaux.

Prost et l’espoir manqué du titre (1983)

Les victoires s’enchaînent pour Renault en 1983. Alain Prost triomphe au Castellet, Spa-Francorchamps, Silverstone et l’Österreichring. À mi-saison, il mène le championnat avec 14 points d’avance, une victoire valant alors neuf points.

La RE40 V6 turbo domine, mais la fin de saison est cruelle. Prost abandonne trois des quatre derniers Grands Prix, deux fois sur panne turbo. Nelson Piquet lui ravit le titre pour deux points seulement.

Ce quasi-succès marque l’apogée du Renault usine. Prost, frustré, rejoint McLaren l’année suivante. “On était si près”, confie-t-il plus tard.

Renault passe alors en motoriste client, fournissant Lotus, Ligier et Tyrrell de 1983 à 1986.

Senna, le retrait et le retour moteur (1985-1989)

En 1985, au GP du Portugal pluvieux d’Estoril, Ayrton Senna offre à Lotus-Renault une victoire magistrale, dominant de plus d’une minute. C’est le premier succès de Lotus depuis 1978 et la mort de Colin Chapman.

Renault quitte la F1 comme constructeur fin 1985, mais persiste comme motoriste. En 1989, retour avec Williams et un V10 atmosphérique. Thierry Boutsen gagne deux courses malgré un abandon inaugural.

Riccardo Patrese et Boutsen brillent en 1990. Nigel Mansell remplace le Belge en 1991, signant cinq victoires avec la FW14 d’Adrian Newey.

  • Pilotes marquants : Senna (1985), Boutsen (1989), Mansell (1991).
  • Équipes clientes : Lotus, Ligier, Tyrrell.
  • Transition : Du turbo au V10 aspiré.

L’ère dorée avec Williams (1992-1997)

1992 voit Williams-Renault dominer : trois doublés Mansell-Patrese en ouverture, cinq victoires consécutives pour Mansell, sacré dès la Hongrie. Ligier rejoint les clients.

En 1993, Prost remplace Mansell et écrase la concurrence : sept victoires en dix Grands Prix, titre à Estoril malgré calage en Hongrie et panne à Monza.

1994 est tragique : Senna meurt à Imola. Damon Hill perd le titre sur collision controversée avec Schumacher à Adélaïde, mais Williams gagne les constructeurs.

1995, Benetton-Renault avec Schumacher : 16 victoires sur 17 partagées avec Williams. Schumacher champion.

Pour plus de détails sur ces duels légendaires, consultez cet article complet sur Motorsport.com.

Le quadruplé et le second retrait (1996-1997)

Au GP de France 1996, Renault signe un historique 1-2-3-4 : Hill-Villeneuve (Williams), Alesi-Berger (Benetton). Hill champion, Williams gagne 12/16 courses.

1997 : duel Villeneuve-Schumacher. Le Canadien titré à Jerez après accrochage. Renault quitte fin 1997 pour retours marketing moindres. Moteurs recyclés sous Mecachrome, Supertec, Playlife : une pole, 12 podiums.

Retour en constructeur et titres Alonso (2002-2006)

Renault rachète Benetton en 2000, rebranding 2002. Double abandon à Melbourne, 4e place avec 23 points.

2003 : Alonso-Trulli en pole en Malaisie, Alonso gagne la Hongrie de 17s sur Räikkönen, lap Schumacher.

2004 : Trulli à Monaco. 2005 : R25 titrée pilotes (Alonso à Interlagos) et constructeurs (Shanghai).

2006 : duel Alonso-Schumacher. Égalité à Suzuka, Alonso champion à Interlagos (2e), Renault constructeurs de 5 points.

Alonso : “Renault m’a donné mes premiers titres.” Voir l’analyse des saisons 2005-2006.

  • Titres pilotes : Alonso 2005-2006.
  • Titres constructeurs : 2005-2006.
  • Victoires : 22 en 5 ans.

Crashgate et domination Red Bull (2008-2013)

2008 Singapour : Alonso gagne grâce au crash volontaire de Piquet (Crashgate), révélé en 2009. Renault se retire honteusement.

Red Bull-Renault domine 2010-2013 : Vettel 4 titres, 44 victoires (41 Red Bull).

Hybrides, retour et dernier triomphe (2014-2025)

2014 hybrides : Ricciardo 3 victoires Red Bull, mais fiabilité faible.

2016 retour usine : 8 points. Meilleur en 2019-2020 (podiums), McLaren plus fort.

2021 : Alpine marque, Ocon gagne Hongrie.

2025 : Dernier en constructeurs, switch Mercedes 2026 malgré opposition Viry.

Renault quitte la F1 après 23 titres, laissant un héritage immense. Luca de Meo a opté pour la rentabilité, mais les fans pleurent une ère. Alpine-Mercedes peut-elle rebondir ? L’avenir dira si ce chapitre clos marque la fin d’une légende ou un nouveau départ.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.