Ayao Komatsu, team principal de Haas, exprime une confiance mesurée dans l’approche de son équipe pour les nouvelles réglementations de 2026. L’équipe américaine a exploré plusieurs concepts aérodynamiques avant de se fixer sur celui de la VF-26, tout en conservant une flexibilité pour s’adapter aux tendances qui émergeront. Cette stratégie vise à éviter d’être pris au dépourvu, comme cela arrive souvent avec des changements radicaux.
Le récent lancement de la VF-26, avec son partenariat titre Toyota Gazoo Racing, illustre cette philosophie prudente. Komatsu insiste sur l’importance de gérer les incertitudes, en gardant une « porte ouverte » pour pivoter si nécessaire.[1][2]

L’approche aérodynamique de Haas pour la VF-26
L’intégration de l’unité de puissance Ferrari dans la VF-26 suit un processus habituel, similaire aux années précédentes. Komatsu explique que les dimensions fournies par le motoriste suffisent pour avancer, sans grandes surprises de ce côté.
Sur le plan aérodynamique, les défis sont bien plus importants. Haas a examiné plusieurs concepts, en sélectionnant ceux jugés les plus prometteurs, mais sans certitude absolue. « Nous avons évidemment regardé plusieurs concepts différents, nous pensons que certains sont meilleurs que d’autres, mais on ne peut pas être sûr à 100 % », déclare Komatsu.[1]
L’équipe gère les inconnues comme un choix de pneus en course : mieux vaut garder des options ouvertes. Cette prudence reflète les leçons des réglementations passées, où des innovations tardives ont renversé la hiérarchie.
La philosophie de packaging adoptée permet justement cette flexibilité. Elle laisse la possibilité d’ajuster les solutions aérodynamiques si une tendance dominante apparaît, sans refonte complète du châssis. Cela s’aligne avec les premières images de la VF-26, qui montrent des traits conformes aux tendances 2026, comme un avant étroit et des éléments actifs.
Dans son Q&A officiel, Komatsu priorise la gestion de l’énergie avant l’aéro, mais confirme la readiness à changer de cap. « Si nous devons changer de direction ou examiner différents concepts, nous devons le faire rapidement », ajoute-t-il.[2]
Les premiers essais à Barcelone révéleront si ce choix est judicieux, avec des évolutions attendues jusqu’au GP d’Australie.
Pas un terrain de jeu égal pour 2026
Les nouvelles règles ne créent pas un niveau de jeu égal, selon Komatsu. Les équipes constructrices partent avec un avantage clair, grâce à leur maîtrise des phases de développement de l’énergie.
Mercedes en est l’exemple parfait : lors du shakedown de Barcelone, ils ont accumulé plus de 500 tours en trois jours. Leur expérience des hybrides depuis 2014 et leurs dynos internes leur permettent une préparation supérieure.
Ferrari, partenaire de Haas, collabore étroitement, notamment sur la gestion énergétique. « Ferrari a été très collaborative au cours des 10 dernières années », note Komatsu, mais cela ne compense pas tout l’écart.[1]
Les customer teams comme Haas font face à un défi majeur. Les feedbacks des ingénieurs Ferrari aident, mais les motoristes gardent un savoir-faire interne.
Voici les principaux avantages des constructeurs :
- Préparation PU : Tests internes et dynos avancés.
- Ressources : Plus de personnel dédié aux simulations.
- Expérience : Retours croisés entre programmes (comme Mercedes en FE).
Malgré cela, Komatsu ne se plaint pas et voit cela comme un challenge motivant.
L’expérience Formula E, un atout précieux
Komatsu pointe du doigt l’expérience en Formula E comme un avantage pour certaines équipes. Le moteur de 350 kW en FE équivaut au nouveau MGU-K de F1, avec une gestion d’énergie similaire.
Mercedes, championne en FE jusqu’en 2022, Audi et Porsche bénéficient de ce bagage. Nissan, Jaguar ou Stellantis aussi, via leurs programmes actuels.
Ces équipes maîtrisent déjà le harvesting et le déploiement d’énergie, clé en 2026. « Les équipes avec de plus grandes ressources et habituées à Formula E auront un avantage », admet Komatsu.[1]
Pour Haas, cela accentue le besoin d’apprendre vite. Les simulations pré-Noël et actuelles testent déjà ces scénarios complexes.
La saison pourrait ressembler à un « speed chess », où l’énergie dicte les stratégies en qualif et course.[3]
Vers une saison dynamique en 2026
Les premiers Grands Prix clarifieront la meilleure plateforme, comme Red Bull en 2022 qui a inspiré les rivaux. Une hiérarchie pourrait se dessiner en quatre courses.
Haas mise sur sa VF-26 évolutive : le shakedown montrera des packages différents du GP1. L’aéro plus légère et agile des regs 2026 promet des surprises.
La gestion énergétique prime : optimiser l’usage du PU lors des essais barcelonais. Komatsu : « C’est la plus grosse chose. Tout le monde se concentrera sur l’optimisation de l’énergie. »[2]
Pour Haas, la clé réside dans l’adaptabilité. Jouer sur les forces, comme la collaboration Ferrari, tout en réagissant vite aux faiblesses.
Cette flexibilité aérodynamique pourrait faire la différence pour un top-10 stable.
Malgré les défis pour une petite équipe, Haas aborde 2026 avec optimisme prudent. La VF-26 et sa « porte ouverte » positionnent l’équipe pour capitaliser sur les évolutions rapides. Les shakedowns et tests imminents dicteront le rythme, promettant une saison passionnante où l’agilité primerat sur la puissance brute. Reste à voir si Komatsu a visé juste.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.