La saison 2026 de Formule 1 s’annonce comme un tournant majeur pour la discipline. Avec l’arrivée de la nouvelle réglementation technique et l’entrée de Cadillac comme 11e écurie, la grille des pilotes a été bouleversée par des décisions stratégiques fortes. Alors que la saison 2025 touche à sa fin, les écuries ont finalisé leurs plans pour l’an prochain, mêlant stabilité choisie et paris audacieux.
Cette année charnière verra des champions du monde chevronnés côtoyer des rookies prometteurs, tandis que certaines formations misent tout sur l’expérience pour aborder les incertitudes de la nouvelle ère. Petit tour d’horizon détaillé des 22 baquets disponibles pour la saison 2026.

Red Bull Racing: la confirmation du duo Verstappen-Hadjar
Max Verstappen poursuit son aventure avec Red Bull jusqu’en 2028 au moins, mettant fin à des spéculations incessantes sur son avenir. Le triple champion du monde reste l’épine dorsale de l’équipe autrichienne et affrontera une nouvelle réglementation avec l’ambition de conserver sa suprématie. Son expérience sera précieuse pour développer la monoplace 2026.
Isack Hadjar, le Français de 21 ans, hérite enfin du baquet tant convoité aux côtés du Néerlandais. Après une saison prometteuse avec Racing Bulls en 2025, le protégé de Red Bull valide son ticket pour l’élite. “C’est un rêve de gosse qui se réalise, mais je sais que la pression sera immense aux côtés de Max”, a-t-il confié lors de l’annonce officielle. Son contrat pluriannuel témoigne de la confiance de la direction, qui voit en lui le futur leader de l’équipe.
Yuki Tsunoda, après cinq saisons dans l’écosystème Red Bull, quitte la Formule 1 active pour un rôle de pilote de développement et de réserve. Cette décision marque la fin d’un cycle pour le Japonais, qui n’a jamais réussi à se hisser au niveau attendu.
Ferrari: la stabilité Hamilton-Leclerc pour viser le titre
La Scuderia Ferrari a choisi la continuité avec un duo de choc qui a déjà fait ses preuves en 2025. Lewis Hamilton, initialement engagé jusqu’en 2027, pilotera la rouge pour au moins la saison 2026. Le septuple champion du monde a trouvé un second souffel à Maranelle et entend bien jouer un rôle central dans le développement de la nouvelle monoplace.
Charles Leclerc, prolongé jusqu’en 2029, incarne l’avenir de l’équipe italienne. Le Monégasque, qui a signé son premier contrat longue durée en 2024, aura pour mission de traduire le potentiel de la Ferrari 2026 en résultats sur la piste. Le duo forme probablement l’un des binômes les plus expérimentés et talentueux de la grille, avec 18 titres mondiaux cumulés entre Hamilton et le constructeur de Maranelle.
McLaren: Norris-Piastri, la relève assurée
Lando Norris et Oscar Piastri ont déjà démontré en 2025 qu’ils formaient l’un des duos les plus homogènes et rapides du plateau. L’Anglais, sous contrat jusqu’en 2026, et l’Australien, dont le contrat est décrit comme “pluriannuel” par l’équipe, poursuivront leur collaboration. Cette stabilité est un avantage concurrentiel majeur à l’aube d’une nouvelle réglementation.
McLaren a su tirer parti de sa jeunesse et de sa cohésion pour remonter sur le devant de la scène. Les deux pilotes, habitués à travailler ensemble, pourront se concentrer sur l’adaptation à la nouvelle monoplace sans avoir à gérer les complications d’une nouvelle relation coéquipier.
Mercedes: Russell-Antonelli, court terme et stratégie
Mercedes a opté pour une approche pragmatique en prolongeant George Russell et le rookie Kimi Antonelli seulement jusqu’en 2026. Cette décision, annoncée en octobre 2025, donne à l’équipe britannique une flexibilité maximale pour le futur.
“Nous sommes ravis de confirmer que George et Kimi continueront à faire partie de l’équipe de pilotes jusqu’en 2026”, a déclaré la direction. Le message est clair : Mercedes garde un œil sur le marché des transferts, notamment au cas où Max Verstappen deviendrait disponible. Pour Antonelli, promu en F1 en 2025, c’est une chance de prouver sa valeur dans une équipe de pointe, mais avec une évaluation constante de ses performances.
Audi F1: Hülkenberg-Bortoleto, la première saison
La première saison d’Audi en Formule 1 sera confiée à un duo 100% allemand-brésilien. Nico Hülkenberg, 38 ans, a signé un contrat jusqu’en 2026 avec Sauber/Audi. L’expérimenté pilote, qui a confié vouloir “continuer jusqu’à 40 ans”, apportera son expérience précieuse pour développer la monoplace allemande.
Gabriel Bortoleto, rookie de 20 ans et champion de F2 2024, rejoindra l’Allemand pour deux saisons minimum. Le Brésilien, considéré comme l’une des plus grandes promesses du sport, devra apprendre rapidement les ficelles de la F1 tout en contribuant au développement de l’écurie. Mattia Binotto, ancien de Ferrari, dirigera cette nouvelle formation avec l’ambition de répéter le succès de la marque au losange dans les années 1990.
Alpine: Gasly-Colapinto, le duo franco-argentin
Pierre Gasly, qui a prolongé son contrat “jusqu’en 2025 et au-delà”, sera bien présent en 2026 chez Alpine. Le Français, leader naturel de l’équipe, pilotera la monoplace française dans cette ère de transition technique, avec un contrat qui s’étendrait jusqu’en 2028 selon certaines sources.
Franco Colapinto, confirmé pour la saison 2026 lors du Grand Prix du Brésil, sera son coéquipier. L’Argentin, qui a remplacé Jack Doohan mi-saison 2025, a convaincu la direction par sa régularité et son potentiel. Pour Alpine, c’est une occasion de construire une identité de jeune écurie ambitieuse autour d’un leader confirmé et d’une pépite sud-américaine.
Aston Martin: Alonso-Stroll, année charnière
Le duo le plus expérimenté de la grille vit probablement ses derniers mois ensemble. Fernando Alonso, prolongé en 2024 “jusqu’en 2026”, approchera ses 45 ans à la fin de la saison. L’Espagnol a confié au micro de Sky Sports F1 : “Je veux être compétitif avec la nouvelle Aston Martin-Honda en 2026, puis on verra”. Son avenir reste incertain au-delà de cette date.
Lance Stroll, dont le contrat court “jusqu’en 2026 et au-delà”, devrait rester grâce au soutien de son père, propriétaire de l’équipe. Le Canadien, malgré des performances inconstantes, bénéficie d’une stabilité qui lui permet de préparer la nouvelle ère. 2026 sera décisive pour Aston Martin, qui débutera son partenariat avec Honda pour les moteurs d’usine.
Williams: Albon-Sainz, trajectoires croisées
Alex Albon incarne l’avenir de Williams. Le Thaïlandais, lié à l’équipe “pour un projet à long terme” jusqu’en 2026, a retrouvé son meilleur niveau et entend bien en profiter avec les changements réglementaires. “Je crois vraiment dans ce projet, la nouvelle réglementation nous offre une chance de combler le retard”, a-t-il déclaré.
Carlos Sainz, lui, a choisi Williams comme tremplin après son éviction de Ferrari. Engagé pour “2025, 2026 et au-delà”, l’Espagnol a une option pour 2027 mais pourrait être tenté par d’autres opportunités si la monoplace 2026 se montre compétitive. Son expérience sera précieuse pour développer la voiture, mais son avenir reste ouvert.
Haas: Ocon-Bearman, la continuité américaine
Haas F1 Team mise sur la stabilité avec un duo confirmé pour plusieurs années. Esteban Ocon, qui a quitté Alpine fin 2024, est lié jusqu’en 2026 au minimum. Le Français apporte son expérience de victorieux en F1 (Hongrie 2021) et son expertise technique pour aider Haas à progresser.
Oliver Bearman, le jeune prodige britannique, a signé un contrat pluriannuel dès son arrivée en 2025. Sous réserve qu’il remplisse ses objectifs, il sera bien là en 2026. Haas a fait le pari de mélanger expérience et jeunesse, une formule qui a porté ses fruits chez d’autres écuries. La progression de Bearman en 2025 sera décisive pour confirmer ce choix.
Racing Bulls: l’antichambre incertaine
L’écurie satellite de Red Bull reste le point d’interrogation de la grille 2026. En théorie, Liam Lawson et Isack Hadjar étaient les pilotes titulaires pour 2025, mais le promotion d’Hadjar chez Red Bull a créé une vacance.
Liam Lawson, qui a remplacé Tsunoda chez Red Bull en début de saison avant de revenir chez Racing Bulls, n’a pas de contrat confirmé au-delà de 2025. L’opportunité de 2026 lui offre une dernière chance de prouver sa valeur au sein de l’écosystème Red Bull.
Pour le second baquet, plusieurs noms circulent : Yuki Tsunoda pourrait y trouver un compromis, ou bien un rookie comme Arvid Lindblad pourrait être promu. La décision dépendra des performances finales de 2025 et de la capacité de Red Bull à attirer des talents externes.
Cadillac F1: Bottas-Pérez, l’expérience avant tout
La nouvelle écurie américaine a surpris le paddock en choisissant deux pilotes chevronnés plutôt que des jeunes talents. Valtteri Bottas (36 ans, 10 victoires, 2 fois vice-champion du monde) et Sergio Pérez (35 ans, 6 victoires, vice-champion 2023) formeront le duo le plus expérimenté de la grille en termes de départs (plus de 500 entre les deux).
“C’était une décision stratégique”, a expliqué le team principal de Cadillac. “En 2026, avec une nouvelle réglementation et une nouvelle écurie, nous avons besoin de pilotes qui connaissent chaque circuit, chaque situation de course, et qui peuvent développer une voiture depuis zéro”. Ce choix sécurise les arrières de l’équipe, même s’il limite le potentiel à long terme.
Analyse: quels duos sont les plus forts pour 2026?
La grille 2026 présente une diversité de stratégies fascinante:
Les duos les plus expérimentés: Cadillac (Bottas-Pérez) et Ferrari (Hamilton-Leclerc) misent sur la maturité. C’est un choix logique pour Cadillac qui débute, mais aussi pour Ferrari qui vise le titre immédiat.
Les équipes de la continuité: McLaren (Norris-Piastri) et Alpine (Gasly-Colapinto) gardent leurs pilotes, un avantage pour développer la nouvelle monoplace avec des équipiers habitués à travailler ensemble.
Les paris jeunes: Audi avec Bortoleto et Mercedes avec Antonelli misent sur l’avenir, tout en bénéficiant de l’expérience d’un coéquipier senior.
Les incertitudes: Aston Martin et Racing Bulls pourraient voir leur composition évoluer en cours de saison 2026, selon les résultats.
Impact de la nouvelle réglementation sur les choix de pilotes
La réglementation 2026, avec ses nouveaux moteurs hybrides plus puissants et ses voitures plus légères, a influencé les décisions des écuries. Les motoristes (Ferrari, Mercedes, Honda, Renault et le nouveau venu Cadillac) ont privilégié des pilotes capables de fournir un feedback technique précis. C’est pourquoi des vétérans comme Alonso, Hülkenberg ou Bottas restent aussi demandés.
Par ailleurs, l’arrivée du “driverless mode” (mode sans pilote) pour les tours de formation et certaines phases du warm-up a modifié les compétences recherchées. Les pilotes doivent désormais maîtriser à la fois la conduite pure et les systèmes complexes de simulation embarquée.
Le budget plafond, réduit pour 2026, a aussi poussé certaines écuries à choisir des pilotes moins chers mais plus jeunes (Bortoleto, Colapinto) plutôt que des superstars aux exigences salariales élevées.
La saison 2026 de Formule 1 s’annonce donc comme un laboratoire de stratégies différentes. Entre écuries qui misent sur l’expérience pour réduire les risques et celles qui parient sur la jeunesse pour anticiper l’avenir, la compétition ne se jouera pas seulement sur la piste mais aussi dans les choix de composition des équipes. Les premiers tests hivernaux, en février 2026, révéleront lesquelles de ces stratégies était la plus judicieuse.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.