Le Grand Prix de Las Vegas 2024 restera dans les mémoires comme une démonstration de force de Max Verstappen, qui a signé sa 69e victoire en Formule 1 sur les mythiques boulevards de la ville du péché. Face à son rival pour le titre mondial, Lando Norris, le Néerlandais a livré une performance implacable, franchissant la ligne d’arrivée avec près de vingt secondes d’avance sur le pilote McLaren. Ce résultat intervient à un moment crucial du championnat, à seulement deux courses de la fin, et redéfinit les rapports de force au sommet du classement général.
Alors que les projecteurs étaient braqués sur le duel au sommet entre Norris et Verstappen, la course a révélé des enjeux stratégiques complexes et des performances individuelles remarquables. Le circuit urbain de Las Vegas, avec ses longues lignes droites et ses virages serrés, a mis à rude épreuve la technique des pilotes et la fiabilité des monoplaces. Les écarts au championnat se sont creusés, les espoirs se sont affinés, et le suspense reste entier avant les ultimes rendez-vous au Qatar et à Abu Dhabi.

Le départ décisif qui a tout changé
La séance de qualifications avait pourtant souri à Lando Norris, qui s’était adjugé la pole position dans des conditions optimales. Le Britannique avait réalisé un tour parfait, devançant Verstappen d’à peine quelques centièmes de seconde. Cette première place sur la grille lui offrait une opportunité en or d’imposer son rythme dès le départ et de contrôler la course. Les équipes McLaren avaient préparé une stratégie agressive, espérant capitaliser sur cette position favorable pour maximiser les points au championnat. Le duel promettait d’être intense, d’autant que Verstappen n’avait plus rien à perdre dans cette fin de saison.
Mais la réalité du départ a été bien différente des prévisions. Dès que les feux se sont éteints, Verstappen a effectué un départ canon, plaçant sa Red Bull aux basques de la McLaren de Norris. Au premier virage, dans une manœuvre osée mais maîtrisée, le champion du monde en titre a contré l’intention de Norris de fermer la porte. Le Britannique, en voulant trop défendre sa position, a raté sa trajectoire et est sorti largement de la piste, perdant non seulement la première place mais aussi la deuxième au profit de George Russell. Cette erreur initiale a été le tournant de la course, privant Norris de tout contrôle sur l’épreuve.
La riposte de Norris n’a pas tardé, mais elle a été entravée par des problèmes techniques inattendus. Le pilote McLaren a dû gérer une instabilité à l’arrière de sa monoplace dès les premiers tours, rendant toute tentative de dépassement sur Russell extrêmement périlleuse. L’équipe lui a conseillé de rester patient et de gérer ses pneus en attendant la fenêtre stratégique idéale. Cette situation a paradoxalement joué en faveur de Verstappen, qui a pu creuser un écart confortable sans être inquiété dans ses rétroviseurs.
La domination sans partage de Verstappen
Une fois en tête, Max Verstappen a imposé un rythme d’enfer que personne n’a pu suivre. Ses chronos tour après tour étaient systématiquement de quelques dixièmes plus rapides que ceux du reste du plateau, creusant progressivement un avantage insurmontable. La Red Bull RB20 a montré une efficacité redoutable sur ce circuit exigeant, avec une stabilité parfaite dans les virages rapides et une accélération fulgurante sur les lignes droites. L’équipe autrichienne a réalisé un arrêt stratégique impeccable au 25e tour, rebondissant Verstappen sur les gommes dures avec une facilité déconcertante.
Le management de course du Néerlandais a été exemplaire. Aucune hésitation, aucune erreur de pilotage, juste une application froide et efficace d’un plan parfaitement rodé. Même lorsque la voiture de sécurité virtuelle est intervenue au début de la course pour dégager les débris du premier virage, Verstappen a maintenu sa concentration et a parfaitement géré la relance. Son écart final de plus de vingt secondes sur Norris résume à lui seul la hiérarchie établie ce week-end dans le Nevada.
Derrière le leader incontesté, la bataille pour les places d’honneur a été beaucoup plus serrée. Norris a finalement dépassé Russell au tour 34 en profitant d’une fraîcheur de pneus légèrement supérieure, mais n’a jamais pu menacer la première place. Le Britannique a même dû gérer une alerte moteur dans les derniers tours, rassuré par son équipe qui lui a conseillé de modérer son rythme pour s’assurer de la deuxième place. Cette gestion conservatrice témoigne de l’impossibilité de concurrencer Verstappen sur ce Grand Prix.
Les conséquences majeures pour le championnat du monde
Le résultat de Las Vegas a profondément modifié la donne pour le titre mondial. Lando Norris, avec ses 18 points pour la deuxième place, a creusé l’écart sur son coéquipier Oscar Piastri, qui n’a pu faire mieux que quatrième. L’Australien, touché au premier virage par Liam Lawson, a perdu un temps précieux et a dû batailler ferme pour remonter dans le top 5. Les six points de différence entre les deux pilotes McLaren représentent un avantage considérable pour Norris, qui compte désormais 30 points d’avance sur Piastri à deux courses du terme.
Pour Max Verstappen, cette victoire conserve un espoir mathématique, aussi minime soit-il. Le Néerlandais compte 42 points de retard sur Norris et 12 sur Piastri, avec 58 points encore en jeu. La configuration du week-end sprint à Qatar offre des opportunités de marquer gros, mais Verstappen devra compter sur des scénarios catastrophes pour ses rivaux. Red Bull a néanmoins retrouvé un niveau de performance qui pourrait perturber les plans de McLaren dans les deux dernières courses. La pression est maintenant sur les épaules de Norris, qui doit gérer son avantage sans se relâcher.
Le classement final récompense également des performances individuelles remarquables :
- Max Verstappen (Red Bull) - 1er, 25 points
- Lando Norris (McLaren) - 2nd, 18 points
- George Russell (Mercedes) - 3rd, 15 points
- Oscar Piastri (McLaren) - 4th, 12 points
- Kimi Antonelli (Mercedes) - 5th, 10 points
Les surprises et déceptions de la course
La performance la plus spectaculaire vient sans conteste de Kimi Antonelli. Parti de la 17e position sur la grille, le jeune Italien a réalisé une remontée époustouflante, terminant 4e sur la piste avant d’être pénalisé de cinq secondes pour un faux départ. Malgré cette pénalité, il conserve une 5e place précieuse, devançant Charles Leclerc au classement final. Sa capacité à défendre sa position face à Piastri et Leclerc dans les derniers tours a impressionné les observateurs, confirmant son immense talent. Cette performance devrait peser dans la balance pour un volant chez Mercedes en 2025.
Du côté français, la soirée a été nettement plus décevante. Isack Hadjar a sauvé l’honneur en terminant 8e avec sa Racing Bulls, réalisant une course solide et sans faute. En revanche, Esteban Ocon (Haas) n’a pu faire mieux que 11e, tandis que Pierre Gasly (Alpine) a chuté à la 14e place après avoir été victime d’une touchette au premier virage qui l’a fait chavirer. Ces résultats reflètent les difficultés actuelles des écuries françaises, en pleine reconstruction pour la saison prochaine. Le seul point positif vient de la régularité d’Hadjar, qui confirme son statut de plus grand espoir tricolore en Formule 1.
Les abandons ont aussi marqué cette épreuve. Lance Stroll et Gabriel Bortoleto ont été victimes d’un accrochage au premier virage, mettant un terme prématuré à leur week-end. Alex Albon (Williams) a dû jeter l’éponge après une collision avec Lewis Hamilton qui a endommagé son aileron avant. Ces incidents ont contribué à la neutralisation virtuelle qui a redistribué les stratégies d’arrêt au stand, avantageant ceux qui avaient anticipé ce scénario.
Les déclarations d’après-course ont révélé des états d’esprit contrastés. Christian Horner, patron de Red Bull, a salué “une performance de champion du monde, pure et simple”. De son côté, Andrea Stella, chez McLaren, a tenté de minimiser la déception : “Lando a fait le maximum, nous avons limité la casse au championnat. Le combat n’est pas terminé.” Ces propos traduisent la réalité d’un week-end où McLaren a subi la loi de Red Bull sur un circuit qui ne favorisait pas ses caractéristiques. Le défi sera de rebondir rapidement pour le Qatar.
Les prochaines échéances s’annoncent explosives. Le week-end sprint du Qatar offrira des points bonus cruciaux, tandis qu’Abu Dhabi clôturera la saison sur le circuit de Yas Marina. Norris dispose d’une avance confortable mais pas insurmontable, Piastri garde une chance théorique, et Verstappen ne lâchera rien jusqu’au drapeau à damier final. La domination écrasante de Las Vegas a rappelé à tous que Max Verstappen reste un adversaire redoutable, capable de transformer une course compliquée en démonstration de force. Pour Lando Norris, l’objectif est clair : gérer son avantage sans se laisser déstabiliser par la pression croissante.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.