Collision entre Hadjar et Lawson au Grand Prix du Brésil 2025 à Interlagos

F1

La Grand Prix du Brésil 2025 à Interlagos restera gravé dans les mémoires pour de multiples raisons, mais un incident en particulier a fait battre les cœurs dans le garage Racing Bulls : une collision entre coéquipiers Hadjar Lawson lors du dernier tour de la course. Alors que l’écurie italienne semblait en passe de sécuriser un double finish dans les points, les deux pilotes se sont retrouvés roue contre roue au virage 1, dans un moment qui aurait pu tourner au désastre pour l’équipe. Heureusement, les deux monoplaces ont survécu à ce contact intense, permettant à Racing Bulls de repartir avec une double septième et huitième place, un résultat crucial dans la lutte pour la sixième position du championnat constructeurs.

Cette manche brésilienne a été le théâtre d’une bataille stratégique fascinante entre les deux pilotes de l’écurie sœur de Red Bull. Liam Lawson, le Néo-Zélandais, et Isack Hadjar, l’espoir français, ont emprunté des chemins radicalement différents pour tenter de maximiser leur résultat sur le mythique circuit d’Interlagos. Ce qui devait être une fin de course contrôlée s’est transformé en un affrontement fratricide qui a rappelé à tous les dangers du sport automobile, même lorsque les enjeux concernent des coéquipiers censés œuvrer pour le bien commun de l’écurie.

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Le moment critique est survenu alors que les pilotes entamaient le 71e et dernier tour de la course. Liam Lawson occupait la septième position, menant un long train de voitures frustrées par la vitesse de pointe impressionnante de sa Racing Bulls sur les lignes droites d’Interlagos. Juste derrière lui, Isack Hadjar rongeait son frein, cherchant désespérément une opportunité de dépasser son coéquipier pour améliorer sa position finale. La frustration du Français était palpable : parti cinquième sur la grille, il se voyait relégué à la huitième place, un résultat qu’il jugeait en deçà de ses attentes et du potentiel de sa monoplace.

Au moment d’aborder le virage 1, Hadjar a lancé une attaque audacieuse par l’extérieur. Le pilote français a tenté de profiter d’un éventuel espace pour doubler Lawson avant le zone de freinage, mais la trajectoire s’est rapidement resserrée. Les deux monoplaces se sont touchées, roue contre roue, dans un contact qui a fait bondir les ingénieurs dans le garage de l’équipe. Pendant quelques secondes interminables, personne ne savait si les deux voitures allaient survivre à cet accrochage ou si Racing Bulls venait de jeter par la fenêtre une précieuse récolte de points.

Contre toute attente, les deux pilotes ont émergé indemnes de cet incident. Les suspensions ont tenu, les pneus n’ont pas crevé, et les ailerons sont restés intacts. Lawson a franchi la ligne d’arrivée en septième position, tandis que Hadjar a dû se contenter de la huitième place. Pour l’équipe, c’était un soulagement immense : 10 points supplémentaires au championnat constructeurs, portant leur avance sur Aston Martin à 10 unités dans la bataille pour la sixième place du classement.

Après la course, Liam Lawson n’a pas caché que Racing Bulls avait eu de la chance. “Il tentait un dépassement”, a-t-il expliqué à Sky F1. “C’est le type de virage qui se resserre évidemment vers l’intérieur. Il essayait clairement de me dépasser avant le freinage. Je pense qu’il a mal jugé la manœuvre. Mais nous nous en sommes tous les deux sortis, donc c’était acceptable. Et plus important encore, pour l’équipe d’avoir deux voitures septième et huitième, c’est formidableaujourd’hui.”

Le Néo-Zélandais a montré une maturité remarquable dans sa réaction à l’incident. Plutôt que de critiquer ouvertement son coéquipier, il a reconnu la légitimité de la tentative de dépassement : “C’est le dernier tour d’une course. Honnêtement, je pense qu’il n’y a aucun moyen que l’équipe puisse s’attendre ou que quiconque puisse s’attendre à autre chose. Même si c’est la chose idéale à faire, il n’y a aucune chance que nous ne nous battions pas pour une position comme celle-là. Donc je respecte ça, nous avons de la chance de nous en être sortis, mais ça a été un excellent week-end pour l’équipe.”

Isack Hadjar, de son côté, a admis avoir poussé un peu trop loin. Le Français, visiblement frustré par sa course, a reconnu la nature risquée de sa manœuvre tout en assumant pleinement sa décision. Pour un pilote qui cherche à impressionner en vue d’une potentielle promotion chez Red Bull Racing, chaque opportunité de marquer des points et de battre son coéquipier compte. Cette tentative de dépassement, bien que téméraire, illustrait sa détermination à ne rien laisser sur la table, même si cela signifiait prendre des risques calculés face à son propre équipier.

Le grand Prix du Brésil 2025 offre des leçons précieuses non seulement pour Racing Bulls mais aussi pour l’ensemble du paddock de Formule 1. La gestion des relations entre coéquipiers reste l’un des défis les plus délicats du sport automobile moderne, où les intérêts individuels des pilotes doivent être équilibrés avec les objectifs collectifs de l’équipe. L’incident entre Hadjar et Lawson démontre à quel point cet équilibre est fragile, particulièrement en fin de saison quand les enjeux sont élevés et que chaque position compte.

Pour Racing Bulls, la priorité dans les trois dernières manches de la saison sera de maximiser les points tout en évitant les contacts entre leurs pilotes. L’écurie peut s’inspirer de situations similaires vécues par d’autres équipes au fil des ans. On se souvient notamment des incidents entre coéquipiers qui ont coûté cher à certaines écuries, des collisions entre Sebastian Vettel et Mark Webber chez Red Bull à l’époque, aux accrochages entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg chez Mercedes. Ces exemples historiques montrent que même les meilleures équipes peuvent être déstabilisées par des rivalités internes mal gérées.

La réaction mature des deux pilotes après la course est encourageante pour l’avenir. Lawson a reconnu le droit de son coéquipier à se battre pour une position au dernier tour, tandis qu’Hadjar, malgré sa frustration, a souligné son contentement pour le résultat collectif de l’équipe. Cette capacité à mettre les intérêts de l’écurie au premier plan, même dans la déception, est exactement l’attitude que Red Bull recherche chez ses futurs pilotes. Les deux jeunes talents ont montré qu’ils pouvaient être compétitifs tout en restant professionnels, une combinaison essentielle dans la F1 moderne.

D’un point de vue stratégique, la flexibilité démontrée par Racing Bulls à Interlagos sera un atout pour les courses restantes. La capacité de l’équipe à s’adapter rapidement aux circonstances changeantes et à transformer une situation défavorable en opportunité (comme la stratégie à un arrêt de Lawson) pourrait faire la différence dans la bataille pour la sixième place du championnat. Avec des circuits variés au programme des dernières manches, cette agilité stratégique sera testée à nouveau, et l’équipe devra continuer à prendre des décisions audacieuses tout en minimisant les risques.

L’avance de 10 points sur Aston Martin constitue un coussin appréciable mais pas insurmontable. Les performances des deux écuries ont fluctué tout au long de la saison en fonction des caractéristiques des circuits, et rien ne garantit que Racing Bulls maintiendra cet avantage jusqu’à la fin. Chaque session de qualification, chaque décision stratégique et chaque bataille en piste prendra une importance décuplée. Dans ce contexte, l’équipe ne peut pas se permettre de perdre des points dans des incidents internes, rendant la discipline et la communication entre pilotes et muret encore plus cruciales.


Le Grand Prix du Brésil 2025 restera dans les annales comme un moment où Racing Bulls a frôlé la catastrophe avant de célébrer un solide résultat. La collision évitée de justesse entre Hadjar et Lawson au dernier tour aurait pu anéantir en un instant le travail acharné de tout un week-end, transformant 10 points en potentiellement zéro. Au lieu de cela, l’équipe repart d’Interlagos avec une confiance renforcée et une avance confortable sur Aston Martin, même si les leçons de ce moment de tension doivent être retenues pour les courses à venir. La maturité affichée par les deux pilotes dans leurs réactions post-course suggère que Racing Bulls dispose non seulement de talents prometteurs, mais aussi de professionnels capables de gérer la pression et les situations délicates avec intelligence.

Alors que la saison 2025 entre dans sa phase finale, les performances de Lawson et Hadjar continueront d’être scrutées non seulement pour leur impact sur le championnat constructeurs, mais aussi pour leurs implications sur l’avenir de la filière Red Bull. Les trois dernières courses offriront de nouvelles opportunités pour ces deux jeunes pilotes de prouver leur valeur, et l’on peut espérer que les batailles restantes seront aussi intenses mais peut-être un peu moins risquées que celle vécue sur le circuit mythique d’Interlagos. Pour l’instant, Racing Bulls peut savourer un résultat positif tout en gardant à l’esprit qu’en Formule 1, la frontière entre le succès et le désastre peut être aussi mince qu’un contact entre deux roues au virage 1.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.