Gagnants et perdants de l'IndyCar à Barber Motorsports Park

Alex Palou a récidivé ce dimanche à Barber Motorsports Park. Le pilote espagnol de 28 ans, au volant de la Honda n°10 du Chip Ganassi Racing, a défendu son titre de l’an dernier avec une performance presque identique : pole position, 79 tours en tête (deux de moins qu’en 2025) et victoire avec 13,2775 secondes d’avance sur Christian Lundgaard, contre 16,0035 s en 2025. Comme l’année passée, la course s’est déroulée sans aucun drapeau jaune.[1][2]

Champion en titre et quadruple lauréat de l’IndyCar Series, Palou signe sa première victoire répétée de la saison après quatre manches. Il reste toutefois distancé au championnat par Kyle Kirkwood d’Andretti Global (156-154 points). Si la course a été relativement linéaire, elle recèle son lot d’enseignements au-delà de la domination de Palou ou de la fin de la disette de podiums de Graham Rahal.

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Vainqueur : Christian Lundgaard

Christian Lundgaard a frôlé un deuxième succès en carrière. Une erreur lors du dernier arrêt au stand, au niveau de la roue arrière droite de sa Chevrolet n°7 Arrow McLaren, l’a privé de la victoire. Malgré la déception d’une deuxième place éloignée, sa performance impressionne : parti 10e, il termine 2e avec un record de 11 dépassements sur ce circuit routier de 2,3 miles et 17 virages, où les opportunités sont rares.[3]

Le Danois a pris le taureau par les cornes, menant 10 tours et exerçant une pression réelle sur Palou. Il a même gagné 4,5 secondes par relais sur l’Espagnol avant son arrêt fatal au tour 69 environ. Ce résultat surpasse sa 3e place à St. Petersburg et le propulse 3e au général.

« Nous avions la voiture pour gagner, le rythme et la position en piste », regrettait Lundgaard. « C’est frustrant, surtout après nos difficultés en qualifications. Si nous avions commencé plus haut, la course aurait été différente. » Il pointe du doigt les samedis compliqués, mais dimanche, Arrow McLaren a brillé… pour lui seul.[3]

Cette charge depuis la 10e place rappelle ses exploits passés, comme à Toronto en 2024 où il avait brillé en remontée. Lundgaard consolide sa réputation de chasseur et met la pression sur les leaders.

Son podium, deuxième de la saison, le place à 35 points de Kirkwood. Avec une meilleure qualif, il pourrait viser le titre.

Perdant : Le reste d’Arrow McLaren

Si Lundgaard sauve les meubles, le reste d’Arrow McLaren sombre. Pato O’Ward et Nolan Siegel rétrogradent dramatiquement : 17e et 18e après des départs en 12e et 15e places. Aucun des deux n’a approché le top 10, même pendant les fenêtres d’arrêts étalés.

L’an dernier, les trois pilotes finissaient dans le top 10, Siegel accédant même au Fast Six. Cette édition 2026 est « confuse », dixit O’Ward. « Je n’ai pas d’explication pour notre lutte. Nos réglages n’étaient pas si différents de ceux de Christian, on se sentait impuissant. »[4]

O’Ward, 6e au général avant la course, chute et perd 50 points sur Kirkwood. « Ça motive à passer une vitesse supérieure », ajoute-t-il. Siegel, en année-contrat, paie cher cette contre-performance.

Cette déroute contraste avec leur potentiel : en 2025, McLaren trustait les podiums. Les ingénieurs doivent analyser vite avant Long Beach.

Vainqueur : Kyle Kirkwood

Malgré les doutes sur Andretti Global à Barber – un seul top 5 depuis 2021 avec Grosjean en 2023 –, Kirkwood finit 5e sans anicroche. Sa meilleure performance ici en cinq départs (précédent max 10e). Il conserve la tête du championnat pour la deuxième semaine consécutive.[1]

Le Floridien de 27 ans est le seul dans le top 5 des quatre premières courses. Ce résultat le porte en terrain conquis : deux victoires à Long Beach. Momentum idéal.

Andretti montre des signes de renaissance, loin des saisons passées. Kirkwood, avec 156 points, résiste à Palou malgré sa victoire.

Sa constance évoque celle de Scott Dixon en 2020, champion par régularité. Prochain défi : garder le leadership.

Perdant : Scott McLaughlin

L’optimisme régnait chez Team Penske avec deux victoires (2023-2024) et un podium en 2025. McLaughlin domine les essais 1, mais un tête-à-queue en essais 2 l’envoie dans les barrières de virage 1, volant à travers les grillages.

Les « Thirsty 3s » sortent la voiture de secours, qualif 14e. L’échauffement du matin ne rattrape pas le déficit : 16e, pire résultat en six départs à Barber.

Le Néo-Zélandais paie l’adaptation tardive. Rappel de son crash à Mid-Ohio 2024, où il avait rebondi. Ici, pas de miracle.

Penske perd des points précieux, Malukas sauvant les meubles en 4e.

Autres temps forts

Graham Rahal brise une disette de 41 courses sans podium (depuis 2023 à IMS road course). Parti 3e, il tient la 2e longtemps avant Lundgaard. « Super récompense pour l’équipe, malgré nos faiblesses en dégradation », jubile-t-il.[5]

Palou savoure : « Une des meilleures qualifications, voiture parfaite. Incroyable de gagner ici. » Sa 21e victoire, 3e à Barber.[1]

  • Top 10 : 1. Palou, 2. Lundgaard, 3. Rahal, 4. Malukas, 5. Kirkwood, 6. Armstrong, 7. Dixon, 8. Ferrucci, 9. Ericsson, 10. Newgarden.
  • Points : Kirkwood 156, Palou 154, Lundgaard 121.

Cette course sans neutralisation favorise les stratèges, comme en 2024 à Barber.

Vers Long Beach et au-delà

Palou revient à deux points, mais Kirkwood tient bon. Lundgaard monte en puissance, Rahal respire. McLaren et Penske doivent réagir.

La saison 2026 s’emballe avant Long Beach, où Kirkwood excelle. Palou, dominateur, reste favori titre. Pour les perdants, c’est l’heure des analyses : Barber aura marqué les esprits.[6]

Consultez les résultats complets sur Motorsport.com. Classement provisoire après Barber.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.