Le Grand Prix des Pays-Bas 2025 à Zandvoort restera longtemps dans les mémoires pour la frustration palpable de Fernando Alonso. Malgré des performances prometteuses lors des essais libres et une vitesse indéniable tout au long du week-end, le pilote espagnol ne repart pas avec le résultat escompté. Sa colère et sa déception ont été autant visibles que ses dépassements audacieux, révélant une course marquée par des stratégies mal adaptées, des incidents et une chance capricieuse.
Ce récit démontre que, même pour un pilote expérimenté comme Alonso, la vitesse seule ne garantit pas la réussite. La combinaison de mauvais calculs, de facteurs externes et de malchance a empêché le double champion du monde d’obtenir le résultat qu’il visait — une position dans le top 5, voire mieux.

Un début de course difficile et une stratégie critiquée
Dès le départ, la course n’a pas souri à Alonso. Rapidement, il perd plusieurs positions, notamment à cause d’un dépassement en Turn 3 qui tourne mal, marquant le début d’une bataille pour remonter dans le classement. Alonso, en survirage, perd du terrain et se retrouve à la 13e place dès le premier tour.
Toute sa course est rapidement compromise par un positionnement dans un train de DRS. Cette situation limite drastiquement ses possibilités de dépasser ses concurrents, certains plus lents, mais protégés par la présence de leur slipstream. La stratégie initiale, qui visait à profiter des neutralisations et des arrêtés aux boxes, n’a pas fonctionné comme prévu. La neutralisation suite à l’accident de Lewis Hamilton a bouleversé ce plan, favorisant ceux qui avaient déjà effectué leur arrêt ou n’avaient pas besoin de changer de pneus.
En interview radio, Alonso a critiqué la gestion de la course : « La vérité, c’est que chaque fois qu’on s’est arrêté par la suite, il y avait une voiture de sécurité, et ceux qui n’ont pas changé de pneus ont bénéficié d’un arrêt à moitié prix. On a toujours eu peu de chance. » Ces moments de frustration montrent à quel point le sort semble s’acharner contre le pilote Aston Martin, malgré sa vitesse. Les erreurs stratégiques ou la mauvaise lecture de la course ont fini par faire basculer ses ambitions.
Critiques envers l’équipe et la gestion stratégique
Alonso n’a pas hésité à pointer du doigt l’équipe, notamment le team principal Mike Krack. Lors de plusieurs interviews, il a exprimé sa frustration face à une gestion qui semblait privilégier d’autres pilotes ou mal calibrée. Il a notamment évoqué la gestion de Lance Stroll, qui paraissait mieux pilotée dans la prise de décisions, alors que le Espagnol déplore un manque de communication et de prise de risque.
Une des grandes erreurs à Zandvoort a été la gestion du début de course où Alonso affirme avoir été oublié lors de la première moitié de la stratégie. « Pensez à la stratégie, vous m’avez oublié. Peut-être que vous vous souvenez que je suis là dans la seconde moitié, mais à ce moment-là, c’était déjà trop tard », a-t-il récemment déclaré. Ce genre de situation montre toute la difficulté de gérer un pilote de haut niveau dans un contexte de course exigeant.
Par ailleurs, Alonso a aussi évoqué l’impact du manque de données suite aux incidents de Stroll lors des essais. La décision de l’équipe de conserver une configuration conservatrice a limité la performance de la monoplace, la faisant piloter à mi-chemin entre agressivité et prudence. La philosophie selon laquelle « plus la voiture est basse, plus elle est rapide » s’est avérée difficile à appliquer dans un scénario marqué par l’incertitude.
Tensions internes et frustration palpable
La tension ne s’est pas limitée à l’extérieur du cockpit. Alonso, connu pour sa lucidité et son franc-parler, n’a pas hésité à se montrer critique envers ses ingénieurs et ses strategistes. Lors d’une radio de course, il a lancé : « Je ne sais pas, vous me mettez toujours dans le trafic. » La colère de l’Espagnol était visible, et Mike Krack a reconnu à demi-mot que son pilote était en colère, précisant simplement : « Alonso est très en colère, il est frustré envers tout le monde. »
Ces échanges illustrent le climat tendu qui règne souvent dans une écurie en difficulté. La pression, la frustration, et l’attente de résultats qui n’arrivent pas se manifestent dans ces moments d’adrénaline et de stress intense. La gestion de cette colère devient alors un enjeu crucial dans la poursuite du championnat.
La vitesse promise, mais sans résultat concret
Malgré tout, Alonso a insisté sur le fait qu’il possédait la vitesse pour réaliser de belles manœuvres. Sur certains segments, il semblait plus rapide que ses concurrents directs, notamment Williams et Haas, qui évoluaient à une vitesse inférieure sur certains tours. Selon lui, une course sans neutralisations et sans pénalités aurait peut-être pu lui offrir un top 5.
Il a aussi souligné la part de chance lors des neutralisations et des pénalités infligées à d’autres pilotes. Sans ces éléments, il aurait été difficile de figurer dans le top 10 à Zandvoort. Pourtant, même avec cette « chance » relative, son erreur ou la mauvaise gestion de la stratégie aurait pu le pousser bien plus loin dans la hiérarchie, si la chance avait tourné en sa faveur.
Un bilan décevant pour Alonso et ses ambitions
Ce qui aurait pu être une excellente performance s’est finalement soldé par une huitième place. Alonso, qui ambitionnait une cinquième position, voit cette course comme un symbole des défis qu’il doit encore relever cette saison. La performance globalement décevante, conjuguée aux tensions internes et aux erreurs stratégiques, souligne que la F1 reste un sport d’équilibre, où la vitesse ne suffit pas.
Le bilan de cette course met en lumière que, malgré une expérience immense, Alonso doit continuer à naviguer dans un environnement où la chance, la stratégie et la fiabilité comptent autant que la vitesse pure. La gestion de ces éléments sera déterminante pour la suite de la saison, notamment face à la montée en puissance de ses concurrents comme Lando Norris, récemment analysé dans l’article sur le championnat 2025.
Le Grand Prix des Pays-Bas 2025 reste donc comme un rappel brutal que la course automobile, malgré ses illusions et son glamour, est avant tout une affaire de détails — et parfois, de malchance. Alors que Alonso continue à pousser pour une victoire ou une position de rêve, cette course lui rappellera qu’il faut parfois plus que la vitesse pour triompher en F1.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.