Ford : Horner mérite le respect, mais le bagage ingénieur de Mekies est un atout en F1

F1

Les premiers tours de roue de Red Bull-Ford Powertrains ont eu lieu avec une journée de tournage pour Racing Bulls à Imola, suivie d’un shakedown collectif à Barcelone. Ce partenariat est né des négociations avortées avec Porsche, qui réclamait un partenariat à parts égales. Mark Rushbrook, directeur de Ford Performance, a saisi l’occasion en envoyant un simple e-mail à Christian Horner pour ouvrir le dialogue. [1] [2]

Horner a joué un rôle majeur dans la concrétisation de l’accord, lors d’une réunion à Dearborn avec Mark Rushbrook, Bill Ford et Jim Farley. Le Britannique, ancien patron de Red Bull, était un fervent défenseur du projet moteur interne après les expériences mitigées avec Renault et Honda. Aujourd’hui, au début de la collaboration sur piste, Rushbrook rend hommage à son rôle.

« Il mérite beaucoup de respect pour ce qu’il a construit dans l’équipe Red Bull sur 20 ans, avec les championnats et la profondeur technique accumulée », déclare Rushbrook. « Oui, c’était lui lors de nos toutes premières discussions. »

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Les origines du projet Red Bull-Ford Powertrains

Le projet remonte à une vision de longue date chez Red Bull, motivée par le désir d’indépendance. Après l’abandon de Honda et les frustrations avec Renault, l’équipe a investi dans une usine à Milton Keynes, inaugurée en 2022. Le premier allumage du moteur à combustion interne a eu lieu en août 2022, juste avant le décès de Dietrich Mateschitz. [1]

Ford est entré en scène opportunément. Rushbrook a contacté Horner en route vers le Brésil, menant à une rencontre mémorable où Jim Farley arborait une casquette de Sergio Perez. Cette anecdote illustre l’enthousiasme immédiat des deux côtés. Le partenariat a été officialisé pour fournir les moteurs à Red Bull Racing et Racing Bulls dès 2026.

La construction du Jochen Rindt Building, face à l’usine principale MK7, a abrité une équipe passée de cinq pionniers à 700 employés. Ben Hodgkinson, ex-Mercedes, dirige Red Bull Powertrains depuis 2021, attirant des talents variés pour un développement « from scratch ». [1]

Les défis ont été immenses : recrutement rapide, intégration culturelle et absence de repères concurrents. Hodgkinson compare cela à une course de 400 m en solitaire. Malgré tout, l’approche startup a favorisé l’innovation.

Les nouveaux règlements 2026, avec un V6 hybride plus électrique, exigent une intégration parfaite châssis-moteur, un avantage clé pour Red Bull.

Le rôle décisif de Christian Horner

Christian Horner a été le fer de lance du projet moteur maison. Convaincu des bénéfices à long terme d’une meilleure intégration power unit-châssis, il a poussé pour l’indépendance totale. Son e-mail à Rushbrook a ouvert la voie à des négociations rapides au sommet de Ford.

Lors de la réunion à Dearborn, Horner a scellé l’accord avec humour, notant la casquette Perez de Farley. Rushbrook souligne : « C’était une relation immédiate construite jusqu’au sommet de notre entreprise, ce qui nous a aidés à entrer dans le sport de la bonne manière. »

Horner mérite « plein crédit pour tout ce qu’il a accompli dans sa carrière », ajoute Rushbrook. Ses 20 ans à Red Bull, jalonnés de titres, ont bâti une profondeur technique inégalée.

Aujourd’hui, même après son départ, son legs perdure dans le projet. Le lancement commun des livrées 2026 à Detroit en novembre 2025 a reflété cette fondation solide. Lancement à Detroit

L’atout ingénieur de Laurent Mekies

Laurent Mekies, successeur de Horner à la tête de Red Bull Racing, apporte un bagage en ingénierie hautement valorisé. Max Verstappen et Red Bull l’ont promu pour cette raison précise. Ford y voit un avantage majeur.

« Je crois personnellement que cela aide, car il comprend mieux ce qu’il faut pour livrer la voiture », explique Rushbrook. « Il ne fait pas l’ingénierie détaillée, mais soutient Pierre Wache, Paul Monaghan et les autres lors des approbations. »

Cette tendance se généralise en F1 : plus d’ingénieurs accèdent aux postes seniors. Rushbrook compare à sa propre position chez Ford Performance.

Mekies n’était pas un inconnu pour Ford, ayant dirigé Racing Bulls (VCARB). « Nous le connaissions déjà, et nous avions confiance en son leadership et son expertise ingénieur », note Rushbrook.

Sa transition a été fluide, renforçant la préparation pour 2026. Détails sur le projet moteur

Les premiers tests sur piste

La journée de tournage à Imola pour Racing Bulls a lancé les activités dynamiques. Le shakedown à Barcelone a suivi, avec des journées supplémentaires malgré un crash « très malheureux » d’Isack Hadjar, rendant Red Bull indécis sur une troisième session.

Ces tests valident le travail de Red Bull-Ford Powertrains. Le moteur n’est « pas parfait encore, mais bien », selon les premières impressions.

Ces étapes marquent le début d’une ère excitante, avec un V6 hybride de 1000 ch en perspective. Les rumeurs sur la légalité du moteur persistent, mais Ben Hodgkinson reste confiant.

Ford confirme que le programme est « on target » pour la fiabilité et la performance.

Perspectives pour la saison 2026

Red Bull Ford Powertrains alimentera les deux équipes à partir de 2026, jusqu’en 2030 au moins. L’usine de Milton Keynes, avec ses 465 m² dédiés, est prête.

Mekies prévient : il serait « naïf » de penser dominer dès le début. L’équipe mise sur l’intégration et les ressources pour progresser.

Ford apporte plus que prévu initialement, en expertise et contrôle qualité. Cela élève le niveau.

Les livrées 2026, dévoilées à Detroit, intègrent les logos Ford, signalant une ère nouvelle.

Ce partenariat réalise le rêve de Mateschitz : contrôle total du destin en F1. Pour Red Bull, 2026 sera un test décisif, avec Verstappen comme atout majeur. L’avenir s’annonce compétitif, mais prometteur pour cette alliance transatlantique.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.