La saison 2025 de Formule 1 sera sans aucun doute marquée par un audacieux débat autour de la stratégie en course, notamment concernant la règle controversée des deux arrêts imposés lors du Grand Prix de Monaco 2026. Après une année d’expérimentation, la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) semble ouvrir la porte à une remise en question radicale de cette règle, qui, jusqu’ici, visait à rendre la course plus stratégique et palpitante dans un circuit où le dépassement est notoirement difficile.

Contexte de la stratégie à deux arrêts
Initialement, l’introduction de la règle des deux arrêts à Monaco visait à contrer le faible nombre de dépassements possibles sur ce circuit, considéré comme l’un des plus difficiles au calendrier. La tactique imposée par la FIA avait pour objectif d’obliger les équipes à repenser leur gestion des pneus et leur timing, dans le but d’éviter la stratification monotone qui pouvait naître d’une simple gestion à un seul arrêt.
Cependant, l’effet recherché ne s’est pas totalement concrétisé. Si certains pilotes ont effectivement dû ajuster leur stratégie, d’autres en ont profité pour exploiter cette règle à leur avantage, en recourant par exemple à des ralentissements volontairement tactiques ou en créant des fenêtres de dépassement artificielles. Des tactiques qui, sous le couvert de la règle, ont parfois dépassé la frontière de la stratégie licite pour entrer dans le domaine de la manipulation.
Ce phénomène a été notamment dénoncé par James Vowles, directeur de l’écurie Williams, qui a qualifié ces pratiques de « contraires à l’esprit sportif » et a exprimé sa surprise face à la façon dont cette règle a été détournée. Dans une interview récente, Vowles a indiqué que ces tactiques détournent le sens de la compétition, qui doit avant tout reposer sur la performance et la maîtrise technique des pilotes.
Raisons de la remise en question pour 2026
Le Conseil mondial de la FIA, lors de sa récente élection, a laissé entendre qu’une réflexion approfondie était en cours concernant la continuité ou non de cette règle imposant deux arrêts au Monaco 2026. Tobias Tovazis, représentant de la FIA, a déclaré que « rien n’est encore décidé » et que la fédération étudie plusieurs options pour garantir que la course reste un défi stratégique, mais dans un cadre équitable.
Les équipes, elles aussi, ont été invitées à proposer des alternatives, à la recherche de solutions qui évitent les dérives rencontrées cette année. La FIA ne souhaite pas simplement imposer une règle sans espa-cier qu’elle soit efficace et respectueuse de l’esprit du sport, mais préfère s’engager dans un dialogue constructif avec le Conseil sportif et la Formula 1, afin d’aboutir à une réglementation qui conserve la tension mais sans encourager le manquement à l’éthique.
Analyse des problèmes actuels
Le principal problème reste la difficulté à contrôler l’exploitation de la règle. Les tactiques de ralentissement volontaire ou de manipulation du rythme de course, bien que techniquement conformes, nuisent à la crédibilité du sport. La tension entre performance pure et manipulation stratégique pose un vrai défi pour la FIA, qui souhaite protéger l’intégrité de la compétition tout en maintenant un spectacle captivant.
Ce dilemme met en lumière une tension historique du sport automobile : comment faire en sorte que la stratégie ne devienne pas synonyme de manipulation ? La détection de stratégies déloyales devient de plus en plus complexe, surtout avec des stratégies hyper techniques élaborées par des ingénieurs et pilotes.
Quelles propositions pour l’avenir ?
Face à ces enjeux, la FIA encourage la créativité des équipes pour concevoir des solutions alternatives. Parmi celles-ci figurent :
- La modification des règles de gestion des pneus et du déploiement des stratégies de saveur plus dynamique.
- L’introduction de nouveaux capteurs ou systèmes d’analyse en course pour détecter les ralentissements suspectés.
- La mise en place de pénalités automatiques en cas de tactiques jugées déloyales ou manipulatrices, comme le ralentissement volontaire.
Par ailleurs, lors d’une réunion récente, la FIA a évoqué la possibilité d’instaurer des règles de manipulation plus sévères, voire un système d’arbitrage en temps réel pour neutraliser rapidement toute tentative de manipulation.
Ce dialogue entre la fédération, la F1 et les équipes est crucial pour que, dans le futur, la course de Monaco ne soit pas seulement un test de pilotage mais aussi un véritable défi éthique.
La voie vers une réglementation plus équilibrée
Il ne fait aucun doute que la remise en question de la stratégie à deux arrêts pour Monaco 2026 marque une étape importante dans l’évolution de la politique sportive en F1. La volonté de la FIA n’est pas de revenir à un format moins stratégique, mais de garantir que la compétition reste loyale, divertissante, et fidèle à l’esprit sportif.
Les prochaines semaines seront décisives pour voir si la FIA pourra sortir d’un cercle vicieux où tactiques déloyales se poursuivent sous prétexte de stratégie. La clé réside dans la capacité à instaurer des règles claires, efficaces, et à faire respecter une éthique de course plus stricte, tout en conservant le suspense que font vivre des circuits comme Monaco.
Ce qui est certain, c’est que la saison 2026 pourrait bien voir les premiers fruits de ces réflexions aboutir, offrant ainsi un nouveau visage à la course sur le Rocher, entre innovation technique et intégrité sportive.
Pour en savoir plus sur la manière dont la FIA envisage de revoir ses règles, notamment avec la règle des deux arrêts aux stands en F1 : la FIA face au défi de la manipulation de course à Monaco, il est essentiel que fans et acteurs de la discipline poursuivent ce dialogue pour un avenir plus juste et passionnant.
Si vous souhaitez suivre l’évolution des régulations et leur impact sur la stratégie en piste, ne manquez pas aussi nos analyses à propos de l’intégration de nouvelles règles pour une F1 plus engagée et éthique.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.