La FIA s’engage à trancher la première grande polémique technique de la Formule 1 avant le lancement de l’ère 2026 en Australie. Plusieurs constructeurs soupçonnent Mercedes et Red Bull Powertrains d’exploiter une astuce sur le ratio de compression des moteurs, fixé à 16:1 pour 2026 contre 18:1 auparavant. Ce ratio est mesuré à froid, moteur arrêté, mais les deux motoristes utiliseraient des matériaux qui se dilatent à chaud pour augmenter ce ratio en piste.
Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces à la FIA, a insisté sur l’importance d’une interprétation uniforme des règlements lors d’un entretien exclusif à l’Autosport Business Exchange à Londres. Une réunion entre équipes et FIA est prévue ce jeudi pour discuter du sujet. L’enjeu est majeur : un avantage estimé à deux ou trois dixièmes par tour, selon les circuits.

Le cœur de la polémique : le ratio de compression et la dilatation thermique
Les nouveaux moteurs hybrides 2026 prévoient un ratio de compression réduit à 16:1 pour optimiser l’efficacité avec les carburants 100 % durables. Cependant, la mesure s’effectue à température ambiante, sans moteur en marche. Mercedes et Red Bull auraient trouvé une parade en utilisant des matériaux spécifiques pour les bielles, qui se dilatent sous l’effet de la chaleur.
Cette dilatation réduirait l’espace entre piston et culasse en fonctionnement, augmentant effectivement le ratio à chaud. L’avantage potentiel ? Jusqu’à 15 chevaux, soit quelques dixièmes précieux par tour. Comme l’explique un article détaillé sur Motorsport.com, cette astuce rappelle des exploits passés, comme les diffuseurs doubles de 2009.
Il est trop tard pour des modifications hardware majeures avant 2026, les prototypes étant gelés. Si légale, cette interprétation conférerait un avantage figé jusqu’en 2027. Honda et Audi, parmi les plus vocaux, craignent un terrain de jeu inégal dès la première course.
La FIA a confirmé que les règles actuelles ne prévoient pas de mesure à chaud, validant implicitement l’approche statique. Mais les pressions montent pour une clarification dynamique.
Les réactions des constructeurs impliqués
Audi, via son directeur technique James Key lors du lancement de sa voiture 2026, a appelé à un niveau de jeu équitable. « Nous devons faire confiance à la FIA pour prendre les bonnes décisions. C’est de nouveaux règlements, il faut un terrain égal. Si quelqu’un invente un diffuseur malin et que les autres ne peuvent pas l’adopter, ça n’a pas de sens », a-t-il déclaré.
Honda partage ces inquiétudes, comme illustré lors de son lancement de moteur. Red Bull Powertrains, dirigé par Ben Hodgkinson, balaie les critiques : « Beaucoup de bruit pour rien, nous sommes confiants que c’est légal, au limite des règles. »
Mercedes reste discret, mais est visé aux côtés de Red Bull. D’autres comme Ferrari ou Renault observent, mais l’arrivée d’Audi et Honda en 2026 accentue les tensions.
- Audi : Pousse pour une intervention rapide.
- Honda : Souhaite une égalité stricte.
- Red Bull et Mercedes : Défendent la légalité de leur approche.
La réponse de la FIA et les précédents historiques
Nikolas Tombazis insiste : « Nous voulons éviter que la victoire revienne à une interprétation maligne des règles. Nous résoudrons cela avant la première course. » Il compare à la porpoisoning de 2022, surprise pour tous malgré 800 aérodynamiciennes chez les équipes contre trois à la FIA.
La FIA dispose d’outils de simulation et collabore avec les équipes. Une réunion technique est fixée au 22 janvier pour explorer des mesures dynamiques du ratio.
En 2009, les diffuseurs doubles avaient divisé le paddock, favorisant Brawn GP. En 1982, Brabham contournait les hauteurs minimales avec des struts pneumatiques. L’histoire montre que la FIA réagit souvent à temps.
Tombazis ajoute : « Nous avons un bon bilan pour gérer ces imprévus. »
Implications pour la saison 2026 et au-delà
Sans résolution, l’avantage est « cuit dans le hardware » jusqu’en 2027, via les fenêtres ADUO limitées. Un gain de 2-3 dixièmes pourrait décider de titres en cette ère hybride nouvelle.
La FIA a aussi clarifié les débitmètres de carburant, interdisant toute manipulation thermique. Comme détaillé sur Ars Technica, les règles 2026 passent à un cap énergétique de 3000 MJ/h.
Les constructeurs nouveaux comme Audi risquent d’être pénalisés. Un précédent comme le porpoisoning a été maîtrisé mi-saison ; ici, l’objectif est proactif.
La Formule 1 entre dans une ère critique avec ses moteurs 100 % électriques et thermiques durables. La FIA doit imposer une égalité pour crédibiliser 2026.
Cette controverse souligne la vigilance requise pour de nouveaux règlements. Une décision rapide avant Melbourne assurera un championnat compétitif, où le talent prime sur les failles réglementaires. Les fans attendent un spectacle équitable dès mars 2026.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.