Ferrari top-speed issue at the Brazil Grand Prix 2025

F1

Le Grand Prix du Brésil a révélé une faiblesse préoccupante pour la Scuderia Ferrari : un problème de vitesse de pointe qui a entravé les performances de Charles Leclerc et Lewis Hamilton tout au long du weekend à Interlagos. Malgré des réglages agressifs et plusieurs tentatives pour comprendre l’origine du déficit, les deux pilotes se sont retrouvés démunis face à une monoplace SF-25 incapable de rivaliser dans les lignes droites. Cette difficulté technique s’est traduite par des qualifications décevantes et une course sprint où les dépassements sont restés impossibles, malgré un rythme en courbe relativement compétitif.

Cette situation met en lumière les défis persistants auxquels Ferrari fait face en cette saison 2025. Alors que l&#039équipe italienne lutte pour le titre constructeurs, chaque point compte, et les performances en demi-teinte à São Paulo compliquent sérieusement les ambitions de la Scuderia. Le circuit d’Interlagos, avec sa longue ligne droite principale et ses zones d’accélération importantes, a cruellement exposé les faiblesses de la monoplace rouge.

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Le problème de vitesse de pointe Ferrari au Grand Prix du Brésil révélé dès les qualifications sprint

Les qualifications sprint ont immédiatement mis en évidence les difficultés de Ferrari sur le tracé brésilien. Charles Leclerc n’a pu faire mieux que la huitième position, tandis que Lewis Hamilton s’est qualifié encore plus loin, en onzième place. L&#039analyse des données télémétriques a rapidement montré un déficit significatif dans les lignes droites par rapport aux concurrents directs.

Dès la Q1, les écarts se sont creusés de manière alarmante. Les Ferrari accusaient près d’une demi-seconde de retard sur les leaders, un gouffre sur un circuit aussi court qu’Interlagos. Cette situation a forcé l&#039équipe à envoyer ses pilotes pour une troisième tentative, chose inhabituelle pour une équipe qui vise normalement les premières positions. Les ingénieurs de Maranello ont rapidement identifié que le problème ne se limitait pas simplement aux réglages aérodynamiques.

L&#039analyse onboard a révélé une instabilité arrière persistante, compliquant le travail des pilotes dans les zones de freinage et d&#039accélération. Mais au-delà de ces problèmes d&#039équilibre, c&#039est bien la vitesse pure dans les lignes droites qui préoccupait le plus. Lewis Hamilton roulait avec une configuration à fort appui aérodynamique, ce qui devrait normalement expliquer une perte de vitesse de pointe. Pourtant, même Charles Leclerc, avec une incidence d’aileron réduite, ne parvenait pas à atteindre des chiffres compétitifs.

En Q2, la situation ne s&#039est guère améliorée. Hamilton n’a pas réussi à se qualifier pour la Q3, une déconvenue majeure pour le septuple champion du monde dans sa première saison avec Ferrari. Leclerc a certes franchi le cap, mais au prix d’une pirouette spectaculaire au virage 2, perdant momentanément le contrôle de sa SF-25. Un problème de boîte de vitesses lors de sa seconde tentative lui a également coûté des dixièmes précieux.

La Q3 n’a fait que confirmer le diagnostic : Ferrari manquait cruellement de rythme pur. Leclerc, seul représentant de l’écurie italienne dans cette ultime session, n’a jamais été en mesure de menacer les McLaren et Red Bull devant lui. Ses deux tentatives se sont soldées par des chronos décevants, le Monégasque pointant du doigt une hauteur de caisse inadaptée ne générant pas suffisamment d’appui dans les virages, obligeant la monoplace à ralentir excessivement.

Des réglages agressifs qui n’ont pas résolu le problème de vitesse de pointe Ferrari au Grand Prix du Brésil

Pour la course sprint, Ferrari a opté pour une approche risquée avec des réglages qualifiés d‘“agressifs” par Charles Leclerc lui-même. Cette stratégie visait à maximiser les performances en courbe pour compenser le déficit dans les lignes droites. Cependant, cette solution de compromis s’est révélée être une arme à double tranchant.

“Beaucoup de choses, on avait des réglages très agressifs, on le savait mais la course a été très compliquée”, a expliqué Leclerc après l&#039épreuve. “Il fallait prendre des risques donc j’ai poussé au début mais la voiture était difficile à conduire. Il y avait beaucoup d’erreurs mais c’est comme ça.” Cette déclaration illustre parfaitement le dilemme auquel Ferrari était confrontée : sacrifier la stabilité pour gagner en performance, au risque de rendre la monoplace encore plus délicate à piloter.

Le Monégasque a effectivement réalisé un excellent départ, remontant plusieurs positions dans les premiers virages. Sa vitesse en début de course laissait entrevoir une possible bataille pour le podium. Cependant, la difficulté à maintenir la voiture dans une fenêtre de performance optimale a rapidement érodé cet avantage. Les erreurs se sont multipliées, et Max Verstappen a fini par le dépasser pour s’emparer de la troisième position.

Carlos Sainz, de son côté, a vécu une course encore plus frustrante. Coincé en cinquième position, l’Espagnol a connu une épreuve solitaire sans possibilité de progresser. “Le problème est que j’ai fait beaucoup d’erreurs au début. J&#039avais beaucoup de problèmes d’équilibre dans les premiers tours”, a-t-il confié. “La vérité est que ce n’était pas une bonne course. Nous avons eu beaucoup de problèmes d&#039équilibre et de pneus tout au long de la course.”

Similairement aux difficultés rencontrées par Ferrari lors d’autres Grands Prix, l&#039équipe semblait incapable d&#039extraire le plein potentiel de sa monoplace. Sainz a souligné que chaque tour effectué sur le circuit déposait plus de gomme sur la piste, ce qui aidait progressivement, mais que l&#039asphalte d’Interlagos restait extrêmement difficile à appréhender. Cette accumulation de problèmes a empêché Ferrari de marquer les points nécessaires pour maintenir la pression sur McLaren dans la course au titre constructeurs.

L&#039énigme technique du problème de vitesse de pointe Ferrari au Grand Prix du Brésil reste inexpliquée

L&#039aspect le plus inquiétant pour Ferrari n&#039est pas tant le déficit de vitesse en lui-même, mais l&#039 incapacité des ingénieurs et des pilotes à en identifier la cause précise. Comme l&#039a souligné Charles Leclerc, “nous avons un problème sur les deux voitures ; nous ne pouvons pas vraiment expliquer ce qui se passe. Nous perdons beaucoup de temps au tour dans les lignes droites.”

Les données télémétriques ont confirmé que Ferrari fonctionnait avec une charge aérodynamique supérieure à celle de ses rivaux, ce qui explique naturellement une partie du déficit en vitesse de pointe. Cependant, l&#039écart observé dépasse largement ce que cette configuration devrait théoriquement coûter. “Nous savons que nous avons plus d&#039appui aérodynamique que les autres, mais cela n&#039explique pas l&#039écart que nous voyons dans les lignes droites”, a déclaré Leclerc avec une pointe de frustration.

Lewis Hamilton a partagé cette perplexité après la course sprint. Le Britannique, qui découvre les subtilités techniques de la SF-25 en sa première saison avec Ferrari, a confirmé les problèmes d&#039équilibre tout en insistant sur le handicap en vitesse pure. “Nous avons des problèmes avec l&#039équilibre de la voiture, et notre vitesse de pointe est vraiment lente, c&#039est pourquoi nous ne pouvons pas dépasser”, a-t-il expliqué à Sky Sports F1.

Plusieurs hypothèses ont été avancées par les observateurs techniques. La hauteur de caisse, mentionnée à plusieurs reprises durant le weekend, pourrait jouer un rôle crucial. Une hauteur inadéquate affecte non seulement la génération d&#039appui dans les virages, mais peut également augmenter la traînée aérodynamique dans les sections rapides. D&#039autres ont évoqué un possible problème de moteur, bien que Ferrari ait toujours nié toute défaillance du groupe propulseur.

Les réglages différents adoptés par Hamilton et Leclerc n&#039ont fait qu&#039ajouter à la confusion. Malgré des configurations divergentes – Hamilton privilégiant l&#039appui, Leclerc cherchant la vitesse pure – les deux pilotes se sont retrouvés avec des performances similairement décevantes en ligne droite. Cette cohérence dans les difficultés suggère un problème fondamental lié au châssis ou à l&#039intégration aérodynamique plutôt qu&#039à un simple compromis de réglage.

Comme lors du problème mécanique rencontré par Leclerc en Hongrie, l&#039équipe se trouve face à un casse-tête technique nécessitant une analyse approfondie. La différence cette fois-ci réside dans le fait que le problème affecte les deux voitures de manière égale, ce qui complique encore davantage le diagnostic.

Les implications stratégiques du problème de vitesse de pointe Ferrari au Grand Prix du Brésil pour le championnat

Au-delà des aspects purement techniques, le weekend brésilien a eu des répercussions stratégiques importantes pour les ambitions de Ferrari en championnat. Chaque point perdu face à McLaren dans la lutte pour le titre constructeurs représente un coup dur pour la Scuderia. Les quatrième et cinquième places de Leclerc et Sainz au sprint, suivies de performances mitigées en course principale, ont permis à l&#039équipe de Woking de creuser l&#039écart.

Charles Leclerc a reconnu l&#039urgence de la situation tout en adoptant une perspective pragmatique : “L&#039approche pour demain sera bien différente, aujourd&#039hui on n&#039avait pas grand chose à perdre. Je savais que dans le pire des cas on pouvait essayer de faire premier ou deuxième, dans le pire des cas on faisait quatrième. On perd des points qui sont importants mais on a appris pas mal de choses pour demain.”

Cette philosophie d&#039expérimentation forcée illustre la position inconfortable de Ferrari. Normalement en mesure de lutter pour les premières places, l&#039équipe s&#039est retrouvée contrainte de prendre des risques démesurés dans l&#039espoir de comprendre les mystérieux problèmes de sa monoplace. Cette situation rappelle les difficultés vécues en milieu de saison, lorsque la SF-25 traversait déjà des phases d&#039incompréhension technique.

Le format sprint du weekend brésilien a amplifié les conséquences de ces difficultés. Avec une seule séance d&#039essais libres avant les qualifications sprint, Ferrari n&#039a pas eu le temps nécessaire pour diagnostiquer et corriger les problèmes. L&#039équipe s&#039est retrouvée à jongler entre l&#039optimisation des réglages pour le sprint et la préparation de la course principale, tout en tentant de résoudre un mystère technique qui échappait à ses ingénieurs.

Les ingénieurs de Maranello ont multiplié les ajustements entre les sessions. Des modifications aérodynamiques frontales, des changements de hauteur de caisse, des variations dans la répartition des masses – tout a été tenté pour extraire quelques dixièmes précieux. Pourtant, rien n&#039a permis de combler le fossé qui séparait Ferrari de ses rivaux directs dans les lignes droites d&#039Interlagos.

L&#039impact psychologique de ce weekend difficile ne doit pas être sous-estimé. Pour Lewis Hamilton, qui a rejoint Ferrari avec l&#039ambition de remporter un huitième titre mondial, découvrir les limites actuelles de la SF-25 dans un contexte aussi critique peut s&#039avérer déstabilisant. Le Britannique, habitué à la rigueur technique de Mercedes, doit maintenant composer avec une équipe italienne en pleine interrogation sur les fondamentaux de sa monoplace.

Les pistes d&#039amélioration pour résoudre le problème de vitesse de pointe Ferrari au Grand Prix du Brésil

Face à cette situation complexe, Ferrari se trouve devant un défi de taille : identifier rapidement les causes racines du problème et y apporter des solutions avant les dernières courses de la saison. Charles Leclerc a annoncé son intention d&#039expérimenter davantage avec les réglages pour les qualifications du Grand Prix, estimant que “ça ne peut pas être pire que les qualifications d’hier.”

Cette approche expérimentale, bien que risquée, semble être la seule option viable à court terme. Sans données claires permettant d&#039isoler la source du problème, l&#039équipe doit procéder par essais et erreurs, testant différentes configurations dans l&#039espoir de tomber sur une combinaison plus performante. Cette méthode empirique n’est certes pas idéale pour une écurie du calibre de Ferrari, mais elle reflète l&#039urgence de la situation.

Les analyses post-weekend à Maranello seront cruciales. Les ingénieurs devront éplucher toutes les données télémétriques, comparer les performances avec les courses précédentes, et potentiellement effectuer des simulations en soufflerie pour comprendre les interactions aérodynamiques complexes qui pourraient expliquer le déficit en vitesse de pointe. La corrélation entre les données de piste et les modèles CFD (Computational Fluid Dynamics) sera scrutée à la loupe.

L&#039expertise acquise par Ferrari dans la résolution de problèmes mécaniques et techniques tout au long de la saison pourrait s&#039avérer déterminante. L&#039équipe a déjà démontré sa capacité à rebondir après des weekends difficiles, apportant des évolutions et des ajustements qui ont permis de retrouver le niveau de performance attendu. La question est de savoir si ce processus peut être suffisamment rapide pour influencer l&#039issue du championnat constructeurs.

Les dernières courses de la saison – Las Vegas, Qatar et Abu Dhabi – présentent des caractéristiques variées qui pourraient jouer en faveur ou en défaveur de Ferrari selon la nature exacte du problème rencontré au Brésil. Si la difficulté provient d&#039une inadaptation aux circuits très rapides avec de longues lignes droites, alors Las Vegas pourrait poser des défis similaires. En revanche, des tracés plus sinueux pourraient mieux convenir à la configuration actuelle de la SF-25.

Le weekend brésilien a également mis en lumière l&#039importance de la communication entre les pilotes et les ingénieurs. Les retours détaillés de Hamilton et Leclerc, bien que parfois contradictoires, fournissent des indices précieux sur le comportement de la monoplace. La capacité de Ferrari à synthétiser ces informations et à en tirer des conclusions exploitables sera déterminante pour la suite de la saison.

En définitive, le problème de vitesse de pointe rencontré par Ferrari au Grand Prix du Brésil représente bien plus qu&#039un simple contretemps technique. Il s&#039agit d&#039un révélateur des limites actuelles de la SF-25 sur certains types de circuits et d&#039un test majeur pour la capacité de réaction de l&#039équipe italienne. Alors que le championnat constructeurs entre dans sa phase décisive, chaque dixième gagné ou perdu dans les lignes droites pourrait faire la différence entre la gloire et la déception. Ferrari doit maintenant prouver qu&#039elle possède les ressources et l&#039ingéniosité nécessaires pour surmonter cet obstacle inattendu et maintenir ses ambitions de titre vivantes jusqu&#039au dernier virage de la saison à Abu Dhabi.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.