Ferrari doit se calmer après le pessimisme d'Hamilton au GP Las Vegas selon Vasseur : le clash qui secoue la Scuderia

F1

La débâcle de Hamilton à Las Vegas : un cri d’alarme

Une qualification historique dans le mauvais sens

Le week-end de Las Vegas a tourné au cauchemar pour Lewis Hamilton. Pour la première fois depuis 2006 et ses débuts en Formule 1, le septuple champion du monde s’est qualifié en dernière position. Vingtième sur la grille, une place qu’il n’avait plus occupée depuis 378 Grands Prix. Ce résultat a mis en lumière les difficultés chroniques de la Scuderia dans des conditions particulières.

Dans les essais libres, Hamilton avait pourtant montré des signes encourageants. La SF-24 semblait compétitive, le rythme était au rendez-vous. Mais dès que les conditions se sont dégradées, la monoplace italienne a montré ses limites. Les séquences de drapeaux jaunes ont empêché le Britannique de boucler des tours propres, plongeant dans un cercle vicieux d’insatisfaction et de frustration.

Des déclarations sans filtre qui choquent la Scuderia

Après une course où il n’a pu que ramasser les miettes, terminant dixième (huitième après disqualifications de concurrents), Hamilton a explosé. Face aux micros, il n’a pas tari de critiques : « C’est un résultat terrible. Il n’y a rien de positif à tirer d’aujourd’hui. Rien de cette saison. J’ai hâte que tout cela se termine. J’ai envie que ça se termine. Je n’attends pas la prochaine avec impatience. »

Ces propos, glaçants pour une institution comme Ferrari, ont immédiatement fait le tour du paddock. Lorsqu’un journaliste lui demande s’il parle du prochain Grand Prix au Qatar, Hamilton précise : « La saison prochaine. » La confusion est totale. Le pilote qui rejoignait Ferrari avec tant d’espoir en 2024 semble déjà vouloir tourner la page.

La réponse mesurée de Vasseur : tempérer l’émotion

Appel au calme et relativisation

Face à cette déclaration de crise, Frédéric Vasseur a choisi la voie de la sagesse. Le directeur de l’équipe n’a pas répliqué par l’émotion, mais par une analyse froide de la situation. Sa réponse est claire : « Il faut se calmer. Sortir de la voiture et faire les premiers commentaires, c’est toujours un peu excessif. Discutons après le débrief. »

Vasseur comprend la frustration de son pilote, mais il temporise : « Vous connaissez parfaitement le système. Le carré de la télévision, cinq minutes après la course, quand vous avez eu une course difficile, c’est très dur pour eux. Je comprends parfaitement l’adrénaline, l’émotion et le fait d’avoir un commentaire un peu dur à ce stade du week-end. » Cette approche managériale montre une expérience qui contraste avec la pression médiatique ambiante.

Les véritables problèmes selon le boss de Ferrari

Loin de nier les difficultés, Vasseur identifie clairement les points noirs : « Mathématiquement, les derniers week-ends ont été très difficiles : l’abandon au Brésil, Austin, la pénalité au Mexique et maintenant ici. » Il souligne cependant un décalage entre les performances réelles et les résultats.

Le Français explique que le rythme pur n’est pas le problème majeur : « Au Mexique et à Austin, Lewis a réalisé ses meilleures performances pures de la saison. Mais l’équipe n’a pas tout mis bout à bout. » Cette distinction entre potentiel et résultats final est cruciale pour comprendre le discours de la direction.

Les défis techniques de Ferrari à Las Vegas

La gestion des conditions de pluie

Charles Leclerc, témoin privilégié de cette débâcle, a apporté un éclairage technique essentiel. Le Monégasque a expliqué que les difficultés de Ferrari sous la pluie ne datent pas d’hier : « Malheureusement c’est ce qui nous manque depuis sept ou huit ans depuis que je suis arrivé chez Ferrari quand il y a de la pluie. »

Cette déclaration révèle un problème structurel. Leclerc ajoute : « On n’arrive tout simplement pas à utiliser le grip de la voiture. C’est juste extrêmement compliqué de conduire. Même le fait de garder la voiture en piste, même à une seconde et demie c’est compliqué. » Les ingénieurs de Maranello se heurtent à une difficulté récurrente que même les changements de réglementation n’ont pas résolu.

Les choix de mise au point critiqués

La configuration de la monoplace pour Las Vegas a également été questionnée. Leclerc a indiqué : « On a mis un peu plus d’appui pour la pluie donc ça va être compliqué. Ce sera mieux pour les pneus, très difficile de doubler ou de défendre. » Ces compromis, nécessaires pour gérer les conditions imprévisibles du désert névadien, ont finalement pénalisé l’équipe sur tous les plans.

L’écart entre les performances en conditions sèches et humides pose question sur la capacité de Ferrari à développer une voiture polyvalente. Les choix de mise au point, censés offrir une marge de sécurité, se sont révélés contre-productifs.

Impact sur le championnat et avenir de la saison

Un classement constructeurs en jeu

Les résultats de Las Vegas ont des conséquences concrètes. Ferrari voit sa position au championnat constructeurs menacée. Vasseur l’admet : « C’est pour cela qu’on a reculé au championnat. » Chaque point perdu au championnat représente des millions de dollars de revenus et un prestige considérable.

La pression s’accumule à quelques courses de la fin de saison. Avec seulement deux Grand Prix à disputer (Qatar et Abu Dhabi), le temps presse pour redresser la barre et éviter une fin de saison en queue de poisson qui laisserait un goût amer avant l’hivernage.

Ce que cela signifie pour Hamilton et Ferrari

L’aveu de Hamilton souligne une déception profonde. Après des années de domination chez Mercedes, il découvre les difficultés d’une Scuderia en reconstruction. Vasseur tente de rassurer : « Je m’inquiéterais si nous n’avions pas ce genre de frustration lorsque nous terminons 10e. » Cette normalisation de la frustration montre à quel point les attentes sont élevées des deux côtés.

Pourtant, le Français maintient le cap : « La frustration est normale. Mais maintenant, la réaction est de travailler ensemble pour essayer de faire mieux la semaine prochaine. » C’est cette capacité à transformer l’échec en motivation qui déterminera l’avenir de cette collaboration.

Les leçons à tirer de cette crise

Communication et gestion de crise

Un aspect majeur de cette situation réside dans la gestion de la communication. Vasseur préfère la franchise à la langue de bois : « Je préfère que les pilotes soient très ouverts à la fin de la course, quand ils n’ont pas fait un travail parfait, quand la voiture n’était pas bonne, et qu’ils disent : ‘OK, je suis frustré’. »

Cette approche transparente, bien que risquée médiatiquement, permet de maintenir une cohésion interne. Plutôt que de cacher les problèmes, l’équipe les affronte de front. Le directeur insiste : « Le plus important n’est pas ce qu’ils disent à la télévision, mais ce qu’ils font le lundi matin avec l’équipe. »

Préparatifs pour Qatar et Abu Dhabi

À deux courses de la fin, Ferrari doit rebondir rapidement. Les leçons de Las Vegas sont multiples. D’abord, la nécessité de construire un week-end complet sans erreur. Ensuite, l’importance de gérer les conditions météo qui pourraient à nouveau jouer un rôle crucial au Qatar.

Vasseur identifie la clé du succès : « Partir 20e n’est jamais la bonne façon d’obtenir un bon résultat. » La qualification devient donc la priorité absolue pour les dernières courses. L’équipe doit également améliorer sa fiabilité opérationnelle pour éviter les pénalités et les incidents qui ont plombé sa saison.

Le clash entre Hamilton et Vasseur au GP de Las Vegas révèle les tensions inhérentes à une saison difficile. Si les déclarations du Britannique ont choqué, la réponse mesurée du Français montre une direction qui garde la tête froide. L’enjeu désormais est de transformer cette frustration en performance sur les circuits de Lusail et Yas Marina. L’avenir de la collaboration Hamilton-Ferrari dépendra de cette capacité à rebondir ensemble.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.