Le MotoGP reste la seule catégorie reine du Grand Prix sans règle de poids minimal combiné pour la moto et le pilote. Contrairement à Moto3, Moto2 ou au World Superbike, où des mesures compensent les désavantages des pilotes plus grands et plus lourds, rien de tel n’existe au sommet. Cette absence alimente un débat récurrent, surtout avec l’arrivée en 2026 de pilotes comme Toprak Razgatlioglu, listé à 72 kg.
Jorge Martin, champion du monde 2024, pèse seulement 63 kg pour 168 cm et incarne les pilotes légers qui dominent la grille. Mais des voix comme celle de Luca Marini plaident pour un changement afin d’équilibrer les chances.

Les règles de poids dans les catégories inférieures
En Moto3, le poids combiné minimal moto et pilote s’élève à 152 kg. Cette mesure vise à neutraliser l’avantage des plus légers, souvent plus agiles.
Moto2 impose quant à elle 217 kg au total. Cela force les équipes à ajouter du ballast si nécessaire, favorisant une concurrence plus loyale.
Le World Superbike adopte une approche hybride. La moto pèse au minimum 168 kg, avec un facteur de correction pour le pilote basé sur 80 kg référence, équipement inclus.
Pour un pilote de 68 kg, par exemple, 6 kg de ballast s’ajoutent à la moto (50 % de la différence de 12 kg). Cela compense précisément les écarts.
Ces règles existent depuis des années et ont prouvé leur efficacité pour diversifier le plateau.
Situation actuelle en MotoGP sans compensation
La moto prototype MotoGP a un poids minimal de 157 kg, sans ajustement pour le pilote. Les différences de poids corporel impactent directement les performances.
La gestion du poids devient obsessionnelle. Tous les pilotes sont entre 65 et 70 kg, aucun n’excédant 70 kg la saison passée.
Jorge Martin insiste : « Nous sommes l’élite du motorsport et nous travaillons sur chaque détail. Et un de ces détails est le poids. Nous sommes tous vraiment, vraiment minces et essayons d’être forts et d’avoir une bonne endurance, mais à un poids plus bas. »
Le champion espagnol ajoute : « C’est toujours un combat pour trouver cet équilibre. Et oui, le gars qui pèse plus de 70 kilos a un problème. »
À 63 kg, Martin profite de cet avantage, comme historiquement Dani Pedrosa.
L’appel de Luca Marini à une règle minimale
Luca Marini, le plus grand de la grille 2025 à 184 cm pour 69 kg sans équipement (70 kg équipé), milite pour une réforme.
« Je pèse 70 kilos, dit-il. Mais c’est toujours la même chose : plus vous êtes léger, plus vous allez vite et moins vous usez les pneus – comme Dani Pedrosa. »
À son avis, « il devrait y avoir une règle de poids minimale, comme dans tous les autres sports. En fin de compte, c’est la seule chose qui manque au MotoGP. »
Pour les légers, prendre du poids est simple : « Vous vous entraînez plus ou mangez plus. Pour les plus lourds, à un certain point il devient impossible de descendre en dessous d’un certain poids. »
Marini, chez Honda HRC, souligne l’injustice persistante malgré l’élitisme du plateau.
Taille et poids : avantages et inconvénients des grands pilotes
Quatre pilotes dépassaient 180 cm en 2025 : Marini (184 cm), Joan Mir (181 cm), Fermin Aldeguer (181 cm) et Alex Marquez (180 cm).
Alex Marquez, dauphin du championnat, minimise l’impact de la taille : « Quand il y a beaucoup de changements de direction, être grand peut aider, car vous avez plus de force et pouvez déplacer le poids sur le côté au bon moment. »
Selon lui, « les avantages et inconvénients des grands et petits pilotes s’équilibrent largement. Nous sommes tous entre 65 et 70 kg, donc ces cinq kilos ne se ressentent pas vraiment. »
La taille n’est pas un frein majeur, mais le poids l’est.
En 2026, Toprak Razgatlioglu arrive de WSBK chez Pramac : 182 cm, 72 kg. Premier au-dessus de 70 kg ?
Pour plus sur les évolutions techniques, le règlement 2027 abaisse le poids minimal moto à 153 kg, sans toucher aux pilotes.
Perspectives pour 2026 et au-delà
L’arrivée de Razgatlioglu relance le débat. Son poids pourrait-il le désavantager sans compensation ?
Les pilotes légers comme Martin dominent, mais les grands comme Marini ou Marquez s’adaptent par la force.
Aucune annonce officielle pour 2026. Le statu quo persiste, focus sur la perte de poids.
Le débat sur une règle minimale persiste, avec des pilotes divisés.
Une réforme rendrait le MotoGP plus équitable, comme en bas de grille.
La saison 2026 testera si le poids pèse vraiment dans la balance du titre. Avec des machines inchangées sur ce point, les plus minces pourraient encore primer, mais Razgatlioglu défiera cette tendance.
Ce qui compte pour le championnat : une règle minimale unifierait les efforts, au-delà de la génétique. Le MotoGP doit-il suivre les autres catégories ?
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.