La Formule 1 s’applique à connaître une transformation majeure de ses règles stratégiques pour la saison 2026. Au cœur des discussions entre la FIA, Liberty Media et les équipes, une proposition audacieuse refait surface : imposer deux arrêts obligatoires au pit-stop durant les courses. Cette mesure, déjà testée à Monaco en 2025 et au Qatar en 2023, vise à dynamiser un spectacle parfois jugé trop prévisible, où les stratégies à un seul arrêt dominent les week-ends de course. Mais cette évolution réglementaire soulève autant d’espoirs que de controverses dans le paddock.

Pourquoi les règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop sont envisagées
La domination des stratégies à un seul arrêt constitue le principal déclencheur de cette réflexion. Lors des cinq dernières courses de la saison 2025, tous les vainqueurs ont remporté leur Grand Prix avec un unique passage aux stands. Si l’on exclut les conditions météorologiques changeantes de Silverstone et la voiture de sécurité tardive à Zandvoort, la dernière victoire obtenue avec deux arrêts remonte au Grand Prix d’Autriche.
Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs techniques et stratégiques. Les pneus Pirelli ont gagné en robustesse ces dernières années, permettant aux pilotes d’attaquer davantage tout en réduisant la dégradation. “Je pense que quoi qu’ils fassent, Pirelli est critiqué”, explique George Russell. “S’il y a beaucoup de dégradation, on dit que ce n’est pas du vrai pilotage. Quand il n’y a pas de dégradation, on dit que la course est ennuyeuse.”
Les équipes cherchent naturellement à minimiser les arrêts aux stands. Chaque passage en pit-lane représente un risque : erreur humaine, perte de temps dans le trafic, problème technique. Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport, le confirme : “Les équipes maximisent toujours ce qu’elles ont, et cela signifie qu’elles essaient de réduire le nombre d’arrêts. C’est logique, car pendant un arrêt, on peut faire une erreur, ou ressortir dans le trafic et perdre du temps.”
Pour Liberty Media et la FIA, l’objectif reste clair : améliorer le spectacle. Une course à deux arrêts offre théoriquement plus d’imprévisibilité, de fenêtres d’undercut et d’opportunités de dépassement. C’est précisément dans cette optique que les règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop font l’objet de discussions approfondies au sein de la Commission F1 et du Comité Consultatif Sportif.
Max Verstappen lui-même s’est prononcé en faveur de cette mesure lors du Grand Prix de Bakou, estimant qu’imposer deux arrêts valait mieux que d’introduire des composés de pneus ultra-tendres comme le C6, qu’il juge “inutile”. Cette prise de position d’un triple champion du monde montre que même les pilotes de pointe reconnaissent la nécessité d’un changement.
Les expérimentations précédentes : Monaco 2025 et Qatar 2023
Avant d’envisager une application généralisée des règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop, la Formule 1 a déjà testé cette mesure sur deux circuits spécifiques. Le premier cas remonte au Grand Prix du Qatar 2023, où deux arrêts furent imposés pour des raisons de sécurité liées à la chaleur extrême et aux problèmes de structure des pneus.
Cette expérience qatarie, bien que née d’une contrainte technique, a offert un aperçu intéressant du potentiel de cette règle. Les pilotes pouvaient attaquer sans gérer constamment leurs pneumatiques, sachant qu’un deuxième arrêt était de toute façon obligatoire. Toutefois, cette course fut également marquée par des difficultés physiques importantes pour certains pilotes, Logan Sargeant ayant même dû abandonner pour des raisons médicales.
L’expérience monégasque de 2025 s’avéra plus controversée. L’article 30.5 du règlement sportif fut modifié pour exiger deux passages obligatoires aux stands lors de la course princière. Le non-respect de cette règle entraînait une disqualification ou, à défaut, une pénalité de 30 secondes ajoutée au temps de course pour chaque arrêt manquant.
L’objectif affiché était de dynamiser une épreuve réputée pour son manque de dépassements. Cependant, l’application pratique révéla des dérives stratégiques inattendues. Williams, Racing Bulls et Mercedes développèrent des tactiques de “collaboration” interne, utilisant leur deuxième pilote pour créer artificiellement des écarts et permettre au leader de l’équipe de ressortir devant après son arrêt.
Carlos Sainz exprima sa frustration face à ces pratiques : “C’est quelque chose que je n’ai vraiment pas aimé faire. Le sport doit se pencher sur ce phénomène. Nous pilotons parfois trois secondes plus lentement que le rythme réel, ce qui affecte l’équité de la compétition.” George Russell renchérit : “Ici, rouler quatre secondes en dessous du rythme est trop facile.”
Malgré ces controverses, la FIA et le Conseil Mondial du Sport Automobile décidèrent, par e-vote, de reconduire cette obligation pour Monaco 2026. L’article 6.3.6 du règlement stipule désormais : “Pour la course à Monaco, chaque pilote doit utiliser au moins trois jeux de pneus, quelle qu’en soit la spécification, pendant la course.” Cette décision témoigne d’une volonté de persévérer, tout en soulevant des questions sur les règles F1 2026 et leurs implications sur la manipulation de course.
Les tentatives précédentes de Pirelli pour diversifier les stratégies
Avant de recourir à une obligation réglementaire, Pirelli a multiplié les approches pour favoriser naturellement les stratégies à deux arrêts. Le manufacturier italien a testé des pneus plus tendres que l’année précédente et sauté certains composants dans ses allocations, apportant par exemple les C1, C3 et C4 au lieu d’une gamme progressive.
Ces expérimentations n’ont pas produit les effets escomptés. À Austin, malgré un changement d’allocation des composés, tous les pilotes sauf Alexander Albon terminèrent avec un seul arrêt. Les équipes réussirent à faire fonctionner cette stratégie en gérant davantage leurs gommes, démontrant leur capacité d’adaptation remarquable.
Mario Isola explique ce phénomène : “Les équipes maximisent toujours ce qu’elles ont. Ce que nous avons constaté, c’est que la majorité des équipes convergeaient vers la même stratégie : un pneu tendre bon pour 5 tours, un medium pour 20 tours, et un dur pour plus longtemps. Donc plus on met de contraintes, plus le risque est grand que tout le monde aille dans la même direction.”
Pirelli a même demandé aux écuries de réaliser des simulations pour différentes allocations de composés. Les résultats confirmèrent que, malgré les variations proposées, les stratèges convergeaient systématiquement vers des schémas similaires, reproduisant les mêmes patterns course après course.
Cette convergence stratégique pose un défi fondamental. Les meilleures courses sont celles où deux arrêts présentent un avantage, mais où un pilote audacieux peut encore tenter autre chose. Mario Isola cite en exemple Monza 2024, où Charles Leclerc remporta la victoire avec un seul arrêt tandis que d’autres en effectuaient deux, ou Spa où George Russell réussit le même exploit. Malheureusement, ces situations restent exceptionnelles plutôt que courantes.
Face à cet échec relatif des solutions purement pneumatiques, la voie réglementaire des règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop apparaît comme une alternative crédible. Toutefois, la question demeure : faut-il forcer artificiellement ce qui ne se produit plus naturellement ?
Les différentes options réglementaires étudiées pour 2026
Si la F1 décide effectivement d’imposer les règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop, plusieurs modalités d’application sont envisagées. La plus simple consisterait à répliquer le modèle monégasque : deux passages obligatoires aux stands avec changement de pneus, sans autre contrainte spécifique.
Une option plus radicale, défendue par certains stratèges, supprimerait l’obligation d’utiliser des composés différents. “On peut aussi envisager deux arrêts sans aucune obligation d’utiliser différents composés, les équipes pourraient utiliser ce qu’elles veulent”, explique Mario Isola. “On pourrait faire medium-medium-medium si on a assez de pneus.”
Cette approche libérerait considérablement la créativité stratégique. Un pilote partant en fond de grille pourrait commencer avec des pneus durs pour prolonger son premier relais et éviter le chaos du premier tour. Un concurrent en milieu de grille pourrait opter pour des tendres au départ, visant à gagner des positions rapidement avant son premier arrêt. Les combinaisons deviendraient presque infinies.
Selon Mario Isola, cette variante créerait davantage de diversité qu’une simple obligation de deux arrêts avec composés différents, règle qui pourrait paradoxalement uniformiser les approches. “Il y a beaucoup de combinaisons possibles”, insiste-t-il, tout en soulignant que de telles modifications nécessiteraient des études approfondies avant toute mise en œuvre.
Une troisième voie consisterait à appliquer sélectivement cette règle, circuit par circuit. Monaco continuerait avec ses deux arrêts obligatoires, tandis que d’autres tracés urbains ou à faible taux de dépassement pourraient rejoindre cette liste. Les circuits favorisant naturellement les stratégies variées conserveraient les règles actuelles.
Quelle que soit l’option retenue, le règlement F1 2026 apporte déjà son lot de changements majeurs, notamment sur le plan technique avec les nouveaux groupes motopropulseurs et l’aérodynamique simplifiée. L’ajout d’une contrainte stratégique supplémentaire devra s’intégrer harmonieusement à cet ensemble de transformations.
La FIA et Liberty Media ont lancé un processus de consultation avec les équipes. Des simulations ont été demandées pour évaluer l’impact réel de chaque scénario sur la course. L’objectif : identifier la formule offrant le meilleur équilibre entre imprévisibilité stratégique et équité sportive.
Les risques et les défis d’une obligation réglementaire
L’imposition des règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop ne constitue pas une solution miracle. L’expérience monégasque de 2025 a révélé des dérives potentielles, notamment les stratégies de blocage et la manipulation du rythme de course par les équipes disposant de deux voitures.
Le premier risque concerne l’uniformisation stratégique. Paradoxalement, en forçant tous les pilotes à effectuer deux arrêts, on pourrait aboutir à une convergence encore plus marquée des approches. Si tout le monde doit s’arrêter deux fois, les fenêtres optimales d’arrêt risquent d’être identiques pour des voitures aux performances similaires.
Mario Isola met en garde contre cet effet pervers : “Plus on met de contraintes, plus le risque est grand que tout le monde aille dans la même direction.” Les simulations demandées aux équipes confirment cette tendance, avec une majorité d’écuries proposant des schémas quasi identiques pour les mêmes allocations de pneus.
Le deuxième défi porte sur l’intégrité sportive. Les tactiques observées à Monaco, où des pilotes roulaient volontairement trois à quatre secondes plus lentement pour créer des espaces artificiels, soulèvent des questions éthiques. Carlos Sainz et George Russell ont publiquement critiqué ces pratiques, estimant qu’elles dénaturent la compétition.
La FIA devra probablement renforcer son arsenal réglementaire pour sanctionner ces comportements. Des pénalités accrues pour conduite anormalement lente, des directives plus strictes sur les consignes d’équipe, ou des limitations sur l’écart de temps autorisé par rapport au meilleur tour pourraient être nécessaires.
Le troisième enjeu concerne la sécurité. Plus d’arrêts signifie plus de passages en pit-lane, donc plus de risques d’accidents impliquant les mécaniciens, de problèmes techniques lors des changements de roues, ou d’erreurs humaines sous pression. Sur des circuits comme Monaco où la voie des stands est déjà exiguë, ce facteur ne peut être négligé.
Enfin, se pose la question de l’acceptation par les fans. Si l’objectif est d’améliorer le spectacle, encore faut-il que le public perçoive cette mesure comme légitime et non comme une artifice. L’équilibre est délicat entre intervention réglementaire bénéfique et manipulation artificielle du déroulement naturel des courses.
L’impact potentiel sur les nouvelles F1 2026
L’introduction des règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop doit être analysée dans le contexte plus large de la révolution technique que connaîtra la discipline. Les nouvelles monoplaces 2026 intégreront des changements radicaux : groupes motopropulseurs avec une puissance électrique accrue, aérodynamique simplifiée avec suppression de plusieurs appendices, et réduction du poids.
Ces évolutions techniques devraient théoriquement faciliter les dépassements. L’air sale, ce phénomène qui empêche actuellement une voiture de suivre de près une autre sans perdre considérablement d’appui aérodynamique, devrait être moins problématique. Si cet objectif est atteint, le besoin d’intervenir réglementairement sur les stratégies pourrait s’avérer moins pressant.
Mario Isola exprime cette prudence : “L’an prochain, tout sera différent. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, mais quand nous aurons une idée, il sera au moins possible de réagir. Mais il faut garder à l’esprit que nous avons actuellement un bon championnat, alors ne prenons pas le risque de le gâcher.”
La nouvelle réglementation technique pourrait naturellement favoriser les stratégies à deux arrêts. Des voitures capables de se suivre de plus près signifient que ressortir dans le trafic après un arrêt devient moins pénalisant. L’undercut et l’overcut retrouveraient ainsi leur efficacité, rendant les arrêts supplémentaires plus attractifs stratégiquement.
Cependant, attendre 2026 pour évaluer cette hypothèse représente aussi un pari. Si les nouvelles voitures ne parviennent pas à régler le problème de l’air sale aussi efficacement qu’espéré, les stratégies à un seul arrêt continueront de dominer. Dans ce scénario, l’introduction tardive des règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop pourrait être perçue comme une réaction d’urgence plutôt qu’une planification réfléchie.
Les écuries elles-mêmes restent divisées. Certaines équipes de pointe, habituées à dominer grâce à leur supériorité technique, craignent qu’une obligation d’arrêts multiples nivelle artificiellement les performances. D’autres, en milieu de peloton, y voient une opportunité de brouiller les cartes et de saisir des opportunités stratégiques face aux mastodontes.
Liberty Media, propriétaire commercial de la F1, pousse clairement en faveur de cette mesure. L’entreprise américaine privilégie le spectacle et l’imprévisibilité, sachant que les audiences et les revenus dépendent de l’attractivité du produit télévisuel. Les courses processionnelles où le classement reste figé après le premier tour ne correspondent pas à cette vision.
Les précédents historiques et les leçons à retenir
L’histoire de la Formule 1 regorge d’interventions réglementaires visant à améliorer le spectacle ou modifier l’équilibre stratégique. Certaines se sont révélées bénéfiques, d’autres désastreuses. Avant d’imposer définitivement les règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop, il convient d’examiner ces précédents.
Dans les années 2000, la FIA imposa l’utilisation des pneumatiques de qualification pour le départ de la course, puis interdit les ravitaillements en carburant entre 2010 et 2017. Ces mesures modifièrent profondément les stratégies, avec des résultats mitigés. L’interdiction du ravitaillement simplifia les courses mais réduisit également la variété stratégique, les écuries convergeant rapidement vers des approches similaires.
Plus récemment, l’introduction de la règle imposant d’utiliser au moins deux composés de pneus différents durant la course visait à créer de la diversité. Dans les faits, cette contrainte fut intégrée naturellement par les équipes, qui optimisèrent leurs stratégies autour de cette exigence sans qu’elle modifie fondamentalement le spectacle.
La leçon principale de ces expériences ? Les stratèges de F1 possèdent une capacité d’adaptation remarquable. Chaque nouvelle contrainte est analysée, modélisée, optimisée. Ce qui semble devoir créer de l’imprévisibilité se transforme rapidement en nouvelle norme parfaitement maîtrisée.
L’exemple le plus pertinent reste le Grand Prix du Qatar 2023. Cette course démontra qu’il était possible d’imposer deux arrêts sans ruiner totalement le spectacle, mais aussi que les conditions extrêmes (chaleur, dégradation rapide) jouèrent un rôle majeur dans le caractère intense de l’épreuve. Reproduire artificiellement ces conditions partout s’avère impossible.
À l’inverse, Monaco 2025 illustra les limites de l’approche. Sur un circuit où les dépassements sont quasi impossibles, ajouter une contrainte stratégique ne suffit pas à créer de l’action en piste. Pire, cela encourage des comportements artificiels qui éloignent la course de son essence sportive.
La conclusion qui s’impose : les règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop ne constitueront pas une panacée universelle. Leur efficacité dépendra du circuit, des conditions météorologiques, des caractéristiques des pneumatiques, et de la capacité de la FIA à prévenir les dérives stratégiques.
La Formule 1 se trouve à un carrefour stratégique crucial. Les règles F1 2026 deux arrêts obligatoires au pit-stop représentent une intervention audacieuse dans la mécanique des courses, visant à restaurer l’imprévisibilité et le spectacle que les fans attendent. Toutefois, l’expérience montre que modifier artificiellement le déroulement naturel des courses comporte des risques significatifs.
La décision finale appartiendra à la Commission F1, après consultation des équipes, de la FIA et de Liberty Media. Les discussions en cours révèlent une volonté de trouver le juste équilibre entre intervention réglementaire nécessaire et préservation de l’intégrité sportive. Selon les sources de Motorsport.com, plusieurs options restent sur la table, de l’application généralisée à une mise en œuvre sélective circuit par circuit.
Mario Isola résume parfaitement l’enjeu : “Nous avons actuellement un bon championnat, alors ne prenons pas le risque de le gâcher.” Cette prudence contraste avec l’urgence ressentie par Liberty Media de dynamiser un spectacle parfois jugé prévisible. L’année 2026, avec ses bouleversements techniques majeurs, constituera un laboratoire grandeur nature pour tester si ces nouvelles règles améliorent réellement l’expérience des courses ou créent simplement de nouveaux problèmes. Monaco servira de banc d’essai privilégié pour cette révolution stratégique, avant une éventuelle extension à d’autres circuits. Le verdict final appartiendra aux pilotes, aux fans et, ultimement, à la piste elle-même.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.