F1 Abu Dhabi Grand Prix 2025 : Les erreurs stratégiques de McLaren et la revanche des pneus Red Bull

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L’édition 2025 du Grand Prix d’Abu Dhabi s’annonce comme un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire récente de la Formule 1. Alors que le championnat des pilotes se joue à trois (Norris, Verstappen et Piastri) lors de cette ultime manche, la pression n’a jamais été aussi intense sur les épaules des stratèges. Les décisions prises aux stands lors de la course du Qatar ont brutalement exposé les fragilités de McLaren, transformant Red Bull en machine de guerre psychologique. Yas Marina deviendra le théâtre d’une vengeance annoncée, où la gestion des pneus pourrait décider du titre mondial.

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McLaren et la bourde stratégique du Qatar : Une erreur qui change tout

L’intervention de la voiture de sécurité au septième tour du Grand Prix du Qatar a révélé les failles du processus décisionnel chez McLaren. Alors que tout le peloton rentrait aux stands pour chausser des pneus frais, l’écurie papaya a choisi de maintenir ses deux pilotes en piste. Une décision catastrophique qui a coûté la victoire à Oscar Piastri et relancé Max Verstappen dans la course au titre.

Les “papaya rules” au cœur de la polémique

Andrea Stella, directeur de l’équipe McLaren, a tenté d’expliquer ce choix pour le moins surprenant : “Nous ne voulions pas nous retrouver coincés dans le trafic après l’arrêt aux stands, mais visiblement, toutes les autres voitures avaient un avis différent.” La justification peine à convaincre quand on sait que la fenêtre stratégique était idéale, avec une limite de 25 tours imposée par Pirelli sur les gommes.

Zak Brown, le patron de l’écurie, a assumé pleinement l’erreur sur les réseaux sociaux : “Pas d’excuses, nous avons commis une erreur aujourd’hui. Nous aurions pu remporter cette course avec nos deux pilotes sur le podium. Ils méritaient tous les deux mieux.”

L’analyste Jean-Luc Roy de RMC Sport ne mâche pas ses mots : “Dès qu’une safety car sort, on arrête évidemment au moins un des deux pilotes. C’est inqualifiable. Quand on est vraiment la meilleure équipe du championnat du monde, on a un peu de clairvoyance et on assure le coup.”

Conséquences sur la hiérarchie du championnat

Cette erreur stratégique a bouleversé la donne :

  • Lando Norris voit son avance fondre à seulement 12 points sur Verstappen
  • Oscar Piastri, dominant tout le week-end au Qatar, perd une victoire méritée et tombe à 28 points de son coéquipier
  • Max Verstappen revient de loin, avec une série de courses parfaitement exécutées par Red Bull

Les trois prétendants détiennent chacun sept victoires cette saison. Si l’égalité de points venait à se produire, Norris l’emporterait grâce à ses huit deuxièmes places, contre cinq pour Verstappen et quatre pour Piastri.

Red Bull : L’exécution parfaite qui paye

Tandis que McLaren commet l’impossible, Red Bull démontre une fois de plus pourquoi elle reste l’équipe la plus redoutable en conditions de pression. Laurent Mekies, directeur de l’écurie autrichienne, ne cache pas sa satisfaction.

La machine psychologique Verstappen

“Quand vous affrontez Max, il y a un élément psychologique. Il ne se trompe jamais. Il ne rate jamais un départ. Même s’il rate le virage 1, il va extraire plus de performance de ses pneus que la plupart des autres. Bien sûr que cela met de la pression.”

Cette pression s’est concrétisée au Qatar par une décision courageuse : arrêter Verstappen dès l’apparition du safety car. Mekies confie : “Nous avions prédéfini que c’était le premier tour où nous pouvions le faire, et que nous le ferions. Nous avons été très surpris que McLaren ne fasse pas rentrer au moins une voiture.”

La transformation de la RB21

Le vendredi au Qatar, Red Bull accusait un retard de quatre à cinq dixièmes sur McLaren. Le dimanche, la Red Bull était plus rapide. Mekies explique cette métamorphose : “Tout le monde a fait un travail incroyable, ici et à l’usine, pour placer la voiture dans différentes fenêtres et réduire cet écart.”

L’équipe a su s’adapter aux conditions thermiques extrêmes, gérer la dégradation des gommes plus efficacement que ses rivales, et surtout, ne jamais douter de sa ligne stratégique.

Stratégies pneumatiques à Abu Dhabi : Le guide complet pour 2025

Le circuit de Yas Marina représente un défi unique pour les ingénieurs. Avec ses longues lignes droites favorisant les dépassements et son troisième secteur technique exigeant en traction, le choix des gommes devient déterminant.

La sélection Pirelli et ses implications

Pour cette finale, Pirelli a conservé sa combinaison la plus tendre : les C3 (dur), C4 (médium) et C5 (tendre). Cette gamme, associée aux températures nocturnes modérées, devrait permettre des stratégies flexibles.

Historically, Yas Marina est sujet au grainage des pneus, mais cette tendance s’est estompée depuis l’introduction des 18 pouces en 2022. Le manufacturier italien note : “La plus grande résistance des pneus actuels pourrait réduire ce phénomène à tel point que même le pneu tendre pourrait être un pneu autour duquel élaborer une stratégie de course.”

Trois options stratégiques principales

Selon les analyses de Pirelli et des experts, les équipes devront choisir entre :

Option 1 : La stratégie d’un seul arrêt (préférée)

  • Départ en C4 (medium)
  • Arrêt autour du tour 23 pour chausser des C3 (dur)
  • Course gérée en conservation

Option 2 : L’inverse audacieux

  • Départ en C3 (dur) pour relais long
  • Changement vers le C4 (medium) au tour 36
  • Fin de course plus rapide

Option 3 : La double tentative d’attaque

  • Départ en C4
  • Premier arrêt anticipé vers le tour 15 pour des C3
  • Deuxième arrêt au tour 36 pour des C3 frais

La dégradation thermique sur les pneus arrière, particulièrement dans le dernier secteur avec ses accélérations répétées, sera le facteur clé à surveiller.

Le décompte final : Scénarios et enjeux pour Abu Dhabi 2025

La finale d’Abu Dhabi marquera la cinquième fois que le titre se jouera sur ce circuit (2010, 2014, 2016, 2021, 2025). Les enjeux de stratégie sont multiples et chaque décision sera scrutée au millimètre.

Les points clés du règlement

  • Lando Norris : Un podium suffit à garantir le titre, quelle que soit la performance de ses rivaux
  • Max Verstappen : Doit gagner et espérer que Norris termine hors du podium
  • Oscar Piastri : Doit remporter la course et compter sur un désastre pour son coéquipier (hors top 5)

Les pièges à éviter

McLaren doit absolument éviter de répéter les errements du Qatar. Cela implique :

  • Une réactivité instantanée aux événements de course (safety car, VSC)
  • Une gestion transparente de la hiérarchie entre Norris et Piastri si nécessaire
  • Un suivi précis de la dégradation thermique sur les gommes

Red Bull, quant à elle, doit continuer sur sa lancée. L’équipe a prouvé qu’elle savait prendre des décisions courageuses, même quand elles semblent contre-intuitives. L’appel au pits au Qatar en est la parfaite illustration.

Leçons d’un championnat dont la tension monte

Au-delà des calculs et des simulations, Abu Dhabi 2025 rappellera à tous que la Formule 1 reste un sport où la pression psychologique pèse autant que les performances techniques. Red Bull a su exploiter les moindres faux pas de McLaren, transformant une saison dominée par la papaya en une lutte acharnée jusqu’au dernier tour.

La gestion des pneus sera le baromètre de cette finale. L’écurie qui saura tirer le meilleur parti de la sélection C3-C4-C5, tout en anticipant les mouvements adverses, lèvera le trophée. Pour McLaren, il s’agira d’effacer la douleur du Qatar. Pour Red Bull, de confirmer une résilience exceptionnelle. Quel que soit le vainqueur, ce Grand Prix d’Abu Dhabi restera dans les mémoires comme le jour où la stratégie pneumatique a défini un championnat.

Les erreurs du passé ne pardonnent pas en Formule 1. McLaren l’a appris à ses dépens. La question qui se pose maintenant : l’équipe papaya a-t-elle digéré cette leçon à temps pour empêcher Red Bull de lui voler la victoire finale sur les rives du golfe Arabique ?

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.