Le test post-saison de F1 à Abu Dhabi 2025 : Jak Crawford et les voitures mulet au cœur des enseignements

F1

Le traditionnel test post-saison de Formule 1 à Abu Dhabi a livré ses premiers enseignements mardi 9 décembre 2025, dans une mise en bouche alléchante pour la révolution réglementaire de 2026. Si les voitures mulet étaient au cœur des préoccupations des équipes, c’est finalement un jeune pilote sur monoplace 2025 qui a volé la vedette. Jak Crawford, pilote de développement Aston Martin, a signé le meilleur temps de la journée, devant un peloton mélangé de machines modifiées pour les futurs règlements et de jeunes talents ambitieux.

Cette journée de roulage marquait une double première : l’aperçu des technologies 2026 et la confirmation du potentiel de la nouvelle génération de pilotes. Les dix équipes ont aligné chacune une voiture mulet, version modifiée de leur monoplace 2025 simulant les niveaux d’appui drastiquement réduits de l’année prochaine. Parallèlement, les jeunes pilotes disposaient des chassis actuels pour se familiariser avec la catégorie reine.

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Les temps forts du test post-saison de F1 à Abu Dhabi 2025 - voitures mulet Mercedes et Jak Crawford plus rapide

La particularité de ces essais résidait dans cette cohabitation entre deux générations de monoplace. Les voitures mulet, modifiées avec des ailerons de type Monza et une hauteur de caisse augmentée, roulaient avec les prototypes de pneus 2026 de Pirelli. Les jeunes pilotes, quant à eux, évoluaient avec les gommes actuelles et une configuration aérodynamique standard.

Cette distinction technique s’est traduite par un écart de performance significatif. Les chronos des rookies ont dominé le classement, tandis que les pilotes des voitures mulet traînaient d’une à deux secondes au tour. Mercedes a néanmoins réussi à se distinguer en devenant l’équipe la plus rapide parmi celles testant les nouveaux équipements.

Le rôle crucial des voitures mulet dans la préparation 2026

Les voitures mulet représentent un outil indispensable pour les équipes et Pirelli. Ces machines hybrides permettent de tester les pneus 2026 dans des conditions approximatives des futurs règlements, sans attendre la mise au point des nouveaux chassis. Les ingénieurs modifient principalement l’aérodynamique pour simuler la perte d’appui impose par le retour des ground effect atténués et l’introduction de systèmes actifs.

Mercedes a confié sa monoplace modifiée à Andrea Kimi Antonelli pour l’intégralité de la journée. Le jeune Italien a bouclé pas moins de 157 tours, devenant le pilote le plus actif de la séance. Sa mission : valider le comportement des prototypes de pneus sur longue distance et fournir des retours essentiels aux ingénieurs de Brackley. Les données récoltées permettront à Pirelli d’affiner ses mélanges avant les premiers essais hivernaux de 2026.

Mercedes pionnière avec l’aérodynamique active

La principale attraction technique de la journée était concentrée sur le stand Mercedes. L’équipe championne du monde a profité d’une dérogation de la FIA pour tester un système d’aérodynamique active sur l’aileron avant de sa mulet. Cette innovation, qui remplacera le DRS à partir de 2026, permet au pilote de commuter entre deux configurations : un mode haut appui dans les virages et un mode basse résistance aérodynamique sur les lignes droites.

Les images capturées sur le circuit de Yas Marina ont révélé un mécanisme d’activation visible sur le bord d’attaque de l’aileron. Bien que la conception semblait encore “rustique” selon les experts présents, elle offre un premier aperçu concret de l’avenir de la F1. Andrea Kimi Antonelli a pu activer ce système à sa guise, sans être soumis à la limitation de vitesse de 300 km/h imposée aux autres mulets. La raison ? La charge sur les pneus étant différente avec l’aéro active, les paramètres de test devaient s’adapter.

Jak Crawford étonne la grille en signant le meilleur temps

Malgré l’intérêt intense pour les technologies 2026, c’est un pilote de 20 ans sur une monoplace 2025 conventionnelle qui a créé la surprise. Jak Crawford a établi un chrono de 1’23.766 en fin de journée, profitant des températures plus fraîches du crépuscule abu dhabien. Ce temps lui a permis de devancer Paul Aron (Alpine/Sauber) de 0.081 seconde et Luke Browning (Williams) de 0.154 seconde.

Le tableau des temps révélait une domination des jeunes pilotes, avec quatre d’entre eux dans le top 5. Frederik Vesti, pilote réserve Mercedes, et Ayumu Iwasa (Red Bull) complétaient ce groupe de tête. Les voitures mulet, handicapées par leur configuration expérimentale, occuaient les positions du milieu de tableau.

Le parcours du pilote américain chez Aston Martin

Jak Crawford n’est pas un inconnu dans le paddock. Après avoir été repéré chez Red Bull, le pilote américain a rejoint l’Académie Aston Martin. Promu pilote de développement pour la saison 2025, il avait déjà roulé avec l’AMR25 lors des essais libres du Grand Prix d’Abu Dhabi. Ce rythme récent avec la monoplace lui a offert un avantage précieux pour ce test post-saison.

Âgé de 20 ans, Crawford évolue en parallèle en F2 avec l’équipe DAMS. Sa progression constante et sa capacité à fournir des retours techniques pertinents ont convaincu Aston Martin de lui accorder davantage de responsabilités. Sa performance de mardi pourrait accélérer son intégration au sein de la structure, surtout avec le nouveau règlement 2026 qui nivellera les chances des équipes.

Les conditions favorables de la fin de journée

Le chrono de Crawford n’a pas été établi dans des circonstances anodines. En fin d’après-midi, lorsque la chaleur du désert s’estompe et que la piste offre davantage de grip, les chronos se sont améliorés. Luke Browning avait d’abord signé le meilleur temps en matinée avec un 1’23.920, avant que Crawford ne s’empare de la première place dans les dernières heures.

Cette performance met en lumière l’importance des conditions lors des tests. Bien que les résultats bruts ne soient pas comparables entre les différentes catégories de véhicules présentes, le talent des jeunes pilotes s’est confirmé. La capacité de Crawford à exploiter au mieux les conditions changeantes témoigne de sa maturité grandissante.

Les enseignements techniques des essais pour 2026

Au-delà des temps au tour, ces journées de roulage représentent une mine d’informations pour les équipes. La fiabilité des composants 2026, le comportement des pneus sur longue distance et la gestion thermique des nouveaux bolides constituent les priorités des ingénieurs.

Les nouveaux pneus Pirelli au cœur des évaluations

Pirelli a amené ses prototypes de pneus 2026, conservant la gamme C1 à C5 mais avec une structure radicalement différente. Les flancs plus bas et les épaulements redessinés doivent s’accommoder de la perte de 30% d’appui aérodynamique. Chaque équipe disposait d’un train de C2, trois trains de C3, C4 et C5, et trois trains de pluie intermédiaires.

Les pilotes des mulets ont pu tester différents mélanges et valider les directions prises par le fabricant italien. Les retours d’Antonelli, relayés par les ingénieurs Mercedes, seront particulièrement scrutés par Pirelli. La gestion de la dégradation thermique et l’évolution du grip au fil des tours constituent les indicateurs les plus précieux pour les développeurs.

La fiabilité des prototypes sous pression

La journée s’est déroulée sans accrocs majeurs, à l’exception d’un incident mineur impliquant Ryo Hirakawa. Le pilote japonais est sorti à la chicane du tournant 1, endommageant l’aileron arrière de sa Haas. Heureusement, les mécaniciens ont pu réparer rapidement et le pilote a repris la piste sans conséquence sérieuse.

Esteban Ocon a connu des ennuis techniques plus persistants, complétant seulement quatre tours dans l’après-midi avec la Haas. Ces soucis rappellent que la phase de développement reste fragile. Pour Mercedes, la journée s’est achevée sans problème majeur, validant ainsi la fiabilité de son prototype d’aéro active et de sa mulet dans son ensemble.

L’essentiel à retenir de cette première journée de test post-saison F1 Abu Dhabi 2025 réside dans cette dualité. D’un côté, la confirmation du talent montant de Jak Crawford, plus rapide que toute la concurrence sur une monoplace 2025. De l’autre, l’aperçu fascinant des technologies 2026 avec les voitures mulet, notamment la Mercedes équipée d’aérodynamique active. Les équipes repartent avec des données précieuses pour leurs programmes hivernaux, tandis que les jeunes pilotes ont marqué des points importants dans leur progression. La F1 de 2026 prend forme, mêlant innovation technique et nouvelle génération de pilotes.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.