Verstappen, Norris et Piastri : la bataille à trois pour le titre F1 2025

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La saison 2025 de Formule 1 connaît un dénouement extraordinaire avec une lutte à trois pour le titre mondial qui tient tous les passionnés en haleine. Après vingt manches, le championnat des pilotes n’a jamais été aussi serré, avec Lando Norris qui mène désormais avec seulement un point d’avance sur son coéquipier Oscar Piastri, tandis que Max Verstappen pointe à 36 points du leader britannique. Le triple champion du monde néerlandais se trouve dans une position inhabituelle cette saison : chasseur plutôt que chassé. Et si ses performances récentes démontrent sa capacité à revenir dans la course, il lui faudra bien plus que du talent pur pour ravir le titre aux deux pilotes McLaren.

Avec quatre courses restantes et 116 points encore en jeu, chaque tour de piste compte double. Verstappen a réalisé une remontée impressionnante, réduisant progressivement un déficit qui atteignait 104 points après le Grand Prix des Pays-Bas fin août. Pourtant, les mathématiques restent cruelles : il doit désormais surpasser les deux McLaren d’une moyenne de neuf points par week-end. Un objectif titanesque qui nécessitera non seulement des performances parfaites de sa part, mais aussi que la chance tourne enfin en sa faveur.

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Verstappen face à un double défi : rattraper Norris et Piastri au championnat F1 2025

La situation de Max Verstappen en cette fin de saison 2025 contraste fortement avec ses dernières campagnes triomphales. Pour la première fois depuis plusieurs années, le pilote Red Bull doit composer avec une monoplace qui n’est plus systématiquement la plus performante du plateau. La RB21 a montré des faiblesses marquées sur certains circuits, particulièrement ceux en haute altitude comme celui de Mexico où l’équipe a connu des difficultés notables.

Lors du dernier Grand Prix du Mexique, Verstappen a néanmoins limité les dégâts en terminant troisième, grapillant quatre précieux points sur Piastri qui traversait un week-end compliqué. Mais comme le Néerlandais l’a lui-même admis en zone mixte : “Tout doit être parfait pour gagner, et ce week-end n’était pas parfait. Je pense que ça va être difficile, mais voyons ce que nous pouvons faire sur d’autres circuits.” Cette lucidité démontre qu’il est pleinement conscient de la difficulté de sa tâche.

La trajectoire actuelle de Red Bull soulève des questions légitimes sur leur capacité à rivaliser avec McLaren lors des dernières manches. Après avoir dominé les premiers mois de la saison, l’écurie autrichienne a vu son avantage technique s’éroder progressivement. Les développements apportés par McLaren ont transformé la MCL39 en une machine redoutable, capable de performer sur une variété de circuits bien plus large que la RB21.

Pour avoir une chance réelle de remporter son cinquième titre mondial, Verstappen devra compter sur des erreurs de ses adversaires ou sur des incidents de course qui pourraient redistribuer les cartes. Le calendrier restant offre cependant quelques lueurs d’espoir : le circuit d’Interlagos au Brésil, où il a réalisé une victoire mémorable l’an passé en partant de la 17e position, et le Qatar où il avait également triomphé en 2024.

La dynamique actuelle favorise McLaren dans la course au titre F1 2025

McLaren aborde les quatre dernières courses de la saison en position de force absolue. L’écurie britannique n’avait plus été dans une telle situation depuis 2012, la dernière année où elle a réellement lutté pour un titre mondial. La MCL39 s’est révélée être la voiture la plus polyvalente de la seconde moitié de saison, performante aussi bien sur les circuits rapides que sur les tracés plus techniques.

La bataille interne entre Norris et Piastri ajoute une dimension fascinante à cette lutte pour le titre. Le Britannique a repris la tête du championnat après sa victoire dominante au Mexique, mettant fin aux 189 jours de règne de l’Australien en tête du classement. Cette performance a également soulevé des interrogations sur la capacité de Piastri à répondre à la montée en puissance de son coéquipier lors des dernières manches cruciales.

Andrea Stella, le directeur d’équipe McLaren, a expliqué les difficultés récentes de Piastri par les caractéristiques spécifiques des circuits d’Austin et de Mexico. Ces pistes à faible adhérence, glissantes, nécessitent un style de pilotage qui ne correspond pas naturellement à celui de l’Australien. “Ce n’est pas nécessairement la façon dont Oscar ressent naturellement qu’il produit du temps au tour”, a précisé Stella, ajoutant que l’équipe travaillait avec le pilote pour “ajouter des outils à sa boîte à outils”.

La stratégie de McLaren pour les dernières courses reste claire : laisser ses deux pilotes se battre librement tout en maximisant les points de l’équipe. Cette approche comporte des risques, notamment celui de voir Verstappen profiter d’une bataille interne trop intense entre les deux McLaren. Mais elle témoigne aussi de la confiance de l’écurie dans la supériorité de sa monoplace. La bataille à trois pour le titre F1 2025 promet un final de saison spectaculaire.

Les circuits restants : un parcours semé d’embûches pour Verstappen

Le calendrier des quatre dernières courses présente des défis variés qui pourraient jouer un rôle déterminant dans l’issue du championnat. Chaque piste possède ses propres caractéristiques et pourrait favoriser différents protagonistes en fonction des conditions et des performances du week-end.

Interlagos, qui accueille le prochain Grand Prix du Brésil, est un circuit où McLaren s’attend à briller. L’équipe y avait dominé en conditions sèches l’année dernière avant que Verstappen ne renverse la situation sous la pluie. Le tracé brésilien, avec ses bosses et ses changements d’altitude, requiert une monoplace bien équilibrée et un pilote capable de s’adapter rapidement. La météo promet d’être capricieuse, et comme en 2024, la pluie pourrait être un facteur déterminant.

Las Vegas représente historiquement un point faible pour McLaren. En deux éditions sur le Strip Circuit, l’écurie britannique n’a jamais qualifié ou terminé plus haut que la sixième place. Les conditions fraîches du désert de Nevada en soirée ont favorisé Mercedes lors des deux dernières années, avec George Russell remportant l’édition 2024. Toutefois, Stella reste optimiste : “Les pneus grainent beaucoup moins cette année qu’en 2024, donc Las Vegas pourrait être légèrement différent de ce point de vue.”

Le Qatar et Abu Dhabi devraient théoriquement mieux convenir aux caractéristiques de la McLaren. Norris avait remporté la course à Yas Marina l’an dernier, mettant fin à une série de quatre victoires consécutives de Verstappen sur ce circuit. Le Grand Prix du Qatar, seul autre week-end sprint restant, offre des points supplémentaires en jeu et pourrait être crucial pour maintenir ou creuser l’écart au championnat.

La nature de ces circuits variés signifie qu’aucun pilote ne peut compter sur un avantage décisif basé uniquement sur les performances pures de sa monoplace. Comme l’a souligné Piastri : “Pour moi, il est difficile de prédire qui sera fort où. Je pense que si quelque chose compte, c’est plutôt qui maximise sa voiture chaque week-end plutôt que quelle voiture convient à différentes situations.” Cette imprévisibilité maintient toutes les options ouvertes pour Verstappen.

Le facteur chance : l’élement manquant dans l’équation de Verstappen

Au-delà des performances pures, le championnat 2025 pourrait se décider sur des éléments échappant au contrôle des pilotes. Les incidents de course, les problèmes mécaniques, les stratégies pneumatiques ou encore les conditions météorologiques peuvent bouleverser les prévisions les plus solides. Verstappen, plus que jamais, devra compter sur ce facteur chance pour espérer décrocher un cinquième titre consécutif.

L’histoire de la Formule 1 regorge d’exemples où des championnats se sont décidés sur des coups du sort. Le Néerlandais lui-même a bénéficié d’une dose de chance considérable lors du controversé dénouement de 2021 à Abu Dhabi face à Lewis Hamilton. Cette fois, c’est lui qui a besoin que la fortune tourne en sa faveur, que ce soit sous la forme d’un abandon mécanique d’un concurrent, d’une pénalité stratégique ou d’un incident de course.

Les week-ends sprint à Sao Paulo et au Qatar offrent des opportunités supplémentaires pour que des événements inattendus se produisent. Avec davantage de sessions en piste et de tours de course comptant pour le championnat, les possibilités de rebondissements se multiplient. Un accrochage au premier virage d’un sprint, une mauvaise stratégie pneumatique sous la pluie, ou une défaillance technique peuvent rapidement redistribuer les cartes du championnat.

Red Bull compte également sur les autres écuries pour jouer les trouble-fêtes. Ferrari et Mercedes ont montré des éclairs de performance cette saison, et si George Russell ou Charles Leclerc parvenaient à s’intercaler entre Verstappen et les McLaren lors des dernières courses, cela pourrait grandement faciliter la remontée du Néerlandais. L’équipe autrichienne espère également que ses évolutions techniques tardives porteront leurs fruits sur certains circuits.

Verstappen devra également compter sur la pression qui commence à monter chez McLaren. Gérer une bataille interne pour le titre entre deux coéquipiers n’est jamais simple, comme en témoignent les tensions historiques chez de nombreuses équipes. Si Norris et Piastri s’accrochent ou se gênent mutuellement dans leur lutte personnelle, le champion en titre pourrait en profiter pour grappiller des points décisifs. Norris souhaite battre son coéquipier loyalement, mais la pression des dernières courses peut changer la donne.

Les statistiques parlent : une mission quasi impossible pour le champion en titre

Les chiffres bruts du championnat dressent un tableau particulièrement ardu pour les ambitions de Verstappen. Avec 36 points de retard sur Norris et 35 sur Piastri, il doit non seulement gagner des courses mais aussi espérer que les deux McLaren connaissent des contre-performances significatives. Mathématiquement, il reste en lice, mais la réalité est bien plus complexe.

Pour reprendre la tête du championnat, Verstappen doit marquer en moyenne neuf points de plus que Norris à chaque manche restante. Cela équivaut presque à la différence entre une première et une troisième place. Concrètement, il devrait remporter les quatre dernières courses avec Norris ne terminant pas plus haut que troisième à chaque fois, un scénario hautement improbable compte tenu de la forme actuelle de McLaren.

La régularité de McLaren cette saison rend la tâche encore plus difficile. Depuis le Grand Prix des Pays-Bas fin août, Piastri ou Norris ont terminé sur le podium à presque chaque course, à l’exception des récentes difficultés de l’Australien. Cette constance dans les résultats ne laisse que peu de marge d’erreur à Verstappen, qui ne peut se permettre aucun faux pas.

Le calendrier travaille également contre le Néerlandais. Chaque course qui passe réduit mécaniquement le nombre de points disponibles et donc les opportunités de combler son retard. Si après le Brésil l’écart reste supérieur à 30 points, ses chances de titre deviendront microscopiques. Les bookmakers, qui l’avaient placé favori en début de saison, le donnent désormais troisième dans la course au titre, derrière les deux McLaren.

L’importance cruciale du Grand Prix de São Paulo pour la suite du championnat

Le prochain rendez-vous à Interlagos revêt une importance capitale pour les trois prétendants au titre. Avec un format sprint, 34 points seront attribués ce week-end (huit pour le sprint, 25 pour la course principale et un pour le meilleur tour), soit près d’un tiers des points encore en jeu sur les quatre dernières manches. Un week-end parfait pour l’un ou catastrophique pour l’autre pourrait pratiquement sceller le sort du championnat.

Les conditions météorologiques brésiliennes sont réputées pour leur imprévisibilité. Interlagos est souvent balayé par des averses soudaines qui transforment radicalement les rapports de force. L’année dernière, Verstappen avait signé l’une des plus belles courses de sa carrière en s’imposant sous une pluie battante après être parti de la 17e position sur la grille. Si des conditions similaires se reproduisent, le Néerlandais pourrait bien reproduire cet exploit.

Le format sprint ajoute une dimension stratégique supplémentaire. Avec une seule séance d’essais libres avant la qualification du sprint vendredi, les équipes auront peu de temps pour trouver le réglage optimal de leur monoplace. Cela favorise les équipes et pilotes capables de s’adapter rapidement, une qualité que Verstappen possède en abondance. McLaren, de son côté, devra gérer sa stratégie entre ses deux pilotes pour maximiser les points tout en évitant un incident qui profiterait à Red Bull.

Piastri a une revanche à prendre après ses deux dernières courses décevantes. Le circuit brésilien, avec ses caractéristiques différentes d’Austin et Mexico, devrait mieux convenir à son style de pilotage. L’Australien avait d’ailleurs brillé lors du sprint 2024 en prenant la pole position avant de laisser passer Norris pour la victoire. Sa capacité à rebondir ce week-end sera déterminante pour maintenir la pression sur son coéquipier.

Selon les analyses techniques publiées sur Sky Sports, ce Grand Prix du Brésil pourrait donner un indicateur clair sur la viabilité de la candidature de Verstappen. Si Red Bull ne parvient pas à rivaliser avec McLaren à Interlagos, ses espoirs de titre s’envoleront définitivement. À l’inverse, une victoire convaincante pourrait relancer totalement le suspense.

Vers un dénouement à Abu Dhabi : les scénarios possibles

Tous les regards se tournent désormais vers un possible dénouement à Abu Dhabi le 7 décembre, quatre ans après le finale controversé qui avait couronné Verstappen face à Hamilton. Pour que le titre se joue lors de l’ultime manche, l’écart en tête du championnat devrait être inférieur à 26 points avant le départ des feux à Yas Marina, ce qui semble de plus en plus probable.

Le premier scénario voit Norris gérer son avance avec intelligence, marquant régulièrement des points sans prendre de risques inconsidérés. Dans cette configuration, même sans victoires spectaculaires, le Britannique pourrait décrocher son premier titre mondial en restant régulièrement sur le podium. Ce serait une consécration méritée pour celui qui a progressé constamment depuis son arrivée en F1 en 2019.

Le deuxième scénario place Piastri en position de créer la surprise. L’Australien, malgré son récent passage à vide, possède toutes les qualités pour revenir dans le coup. À seulement 24 ans, il fait preuve d’une maturité impressionnante et d’une vitesse pure indéniable. S’il parvient à retrouver son rythme optimal lors des prochaines courses, il pourrait bien créer l’une des plus grandes surprises de l’histoire récente de la F1 en remportant le titre dès sa deuxième saison complète.

Le troisième scénario, le plus improbable mais pas impossible, verrait Verstappen réaliser une remontée héroïque dans les livres d’histoire. Pour y parvenir, il devrait enchaîner des performances quasi parfaites tout en bénéficiant de plusieurs coups du sort favorables. Une série de quatre victoires consécutives combinée à des problèmes pour au moins l’un des deux McLaren pourrait théoriquement lui permettre de décrocher un cinquième titre qui semblait perdu il y a quelques semaines.

La possibilité d’un triple-header final (Las Vegas, Qatar, Abu Dhabi en l’espace de deux semaines) ajoute une dimension physique et mentale à l’équation. La gestion de la fatigue, la capacité à maintenir la concentration et à éviter les erreurs sous pression deviendront des facteurs aussi importants que la performance pure. Verstappen, avec son expérience des luttes pour le titre, pourrait avoir un avantage psychologique sur ses deux jeunes rivaux.


Le championnat du monde de Formule 1 2025 s’achève vers une finale haletante où chaque point comptera. Max Verstappen, malgré son immense talent et son expérience, se trouve dans une position où il ne contrôle plus totalement son destin. Pour ravir un cinquième titre consécutif à McLaren, il devra non seulement livrer des performances irréprochables lors des quatre dernières courses, mais également espérer que la chance tourne enfin en sa faveur.

La bataille entre Norris et Piastri au sein de McLaren ajoute une couche supplémentaire de complexité à cette lutte tripartite. Alors que l’écurie de Woking semble posséder la meilleure monoplace du plateau en cette fin de saison, la gestion de cette rivalité interne sera cruciale. Verstappen, en chasseur expérimenté, guette la moindre faille pour s’engouffrer et créer la surprise. Les prochaines semaines promettent un spectacle mémorable et un dénouement incertain jusqu’au drapeau à damier d’Abu Dhabi, digne des plus grandes heures de la discipline. Le champion sortant a prouvé par le passé qu’il ne fallait jamais l’enterrer prématurément, mais cette fois, même son talent légendaire pourrait ne pas suffire sans un peu de réussite.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.