La NASCAR a récemment annoncé un nouveau changement dans son format de championnat, marquant la dernière étape d’une longue série de modifications depuis 1949. Au fil de ses 77 ans d’histoire, le système de points a évolué des primes en argent aux playoffs modernes, en passant par des formules basées sur la distance ou les positions. Ces ajustements visent souvent à rendre la course au titre plus excitante et imprévisible, comme le montrent les introductions successives du Chase en 2004 et des éliminations en 2014.
Aujourd’hui, avec l’annonce du retour du Chase élargi pour 2026, il est instructif de retracer cette évolution. Cela permet de comprendre pourquoi la NASCAR opte pour un retour aux sources tout en adaptant le format à l’ère contemporaine.

1949 : tout sur l’argent
Dans les débuts de la NASCAR, les points étaient directement liés aux primes d’argent remportées. Seuls les 14 premiers classés marquent des points, et le tableau variait chaque semaine selon les dotations des courses. Par exemple, gagner une épreuve à 500 dollars valait autant que finir 14e dans une course comme le Southern 500 à 25 000 dollars.
Cette approche reflétait l’esprit pionnier du stock-car racing, où l’argent primait sur la régularité. Red Byron, champion inaugural, illustre bien cette ère avec sa No. 22.
Le système a perduré avec des ajustements mineurs, favorisant les pilotes audacieux capables de viser les gros prix. Cependant, les champs de plus en plus larges ont nécessité des changements.
Malgré sa simplicité, cette formule créait de l’inégalité, car les purses fluctuaient énormément. La NASCAR a vite réalisé le besoin d’un système plus stable.
1952 : modification du système basé sur l’argent
En 1952, la NASCAR adapte le format pour tenir compte des pelotons élargis et des primes croissantes. Les points descendent désormais jusqu’à la 25e place, avec 200 points pour une victoire dans une course payant 4 000 dollars ou moins.
Cette évolution marque une transition vers plus d’équité. Les pilotes comme Herb Thomas en profitent, dominant les années 1950.
Le lien avec l’argent persiste jusqu’en 1967, mais les bases posées en 1952 stabilisent les championnats. Cela encourage la participation régulière.
Malgré ces avancées, le système reste sensible aux variations de purses, limitant la prévisibilité.
1968 : points basés sur la longueur de la course, pas sur les primes
À partir de 1968, les points dépendent de la distance de la course. Le vainqueur empoche 50 points pour moins de 250 miles, 100 pour 250-399 miles, et 150 pour 400 miles ou plus. Les points s’étendent jusqu’à la 50e place.
Cette formule uniformise les championnats, indépendamment des budgets. David Pearson en tire parti lors de ses titres.
Le système dure trois ans sans changement majeur, apportant de la cohérence. Les courses longues deviennent plus valorisées.
Il prépare le terrain pour des approches plus sophistiquées. La NASCAR gagne en professionnalisme.
1972 et 1973 : deux systèmes à la fois
En 1972, avec le Winston Cup Series, deux systèmes coexistent. Le principal attribue 100 points au vainqueur, moins 2 par position jusqu’à la 50e. Un bonus s’ajoute pour les tours parcourus : 0,25 point par tour sur pistes courtes, jusqu’à 1,25 sur superspeedways.
En 1973, le vainqueur passe à 125 points, accentuant les victoires. Richard Petty excelle dans cette dualité.
Cette complexité récompense vitesse et endurance. Cependant, les calculs deviennent ardus pour les fans.
Le format teste la polyvalence des pilotes. Il pave la voie à des simplifications futures.
1974 : faites les maths
En 1974, une formule unique mais éphémère : purse multiplié par le nombre de départs, divisé par 1 000. Les points varient avec chaque course.
Cale Yarborough remporte le titre dans ce chaos mathématique. La confusion règne, d’où sa durée d’un an.
Ce système souligne les errements passés. La NASCAR cherche alors la stabilité.
Il reste un anecdote dans l’histoire. Les fans rejettent sa complexité.
1975 : le système Latford décide du champion sur toute la saison
Développé par Bob Latford, ce format attribue 170 points au vainqueur, moins 5 jusqu’à la 6e place, puis 4 et 3 points par position. Il dure des décennies, de Petty à Gordon.
En 2004, les points vainqueur passent à 180, puis 185 en 2007. Dale Earnhardt en bénéficie pleinement.
Sa longévité prouve son efficacité. Il favorise la constance.
Malgré les playoffs naissants, il persiste jusqu’en 2010. Un pilier de l’ère moderne.
2004 : le Chase for the Cup version 1.0
Après le titre conservateur de Matt Kenseth (une victoire), le Chase reset les points des top 10 après la 26e course. Le leader a 50 points d’avance, avec écarts de 5.
Jeff Gordon, Jimmie Johnson et autres entrent en lice. Cela dramatise la fin de saison.
Le système bouleverse les championnats. Les fans adorent l’imprévisibilité.
2007 : élargissement du champ des playoffs
Le Chase passe à 12 pilotes, avec 10 points bonus par victoire post-reset. Toujours sur Latford.
Cela intensifie la compétition. Plus de candidats au titre.
Le format consolide sa popularité. Jimmie Johnson domine.
2011 : introduction des wildcards et abandon du système Latford
Nouveau système : 1 point par position. Deux wildcards pour les 11e-20e avec plus de victoires. Tony Stewart et Carl Edwards font match nul, Stewart champion.
Jamie McMurray (3 victoires en 2010) inspire ce changement. Fin de Latford depuis 1975.
En 2013, SpinGate avec Michael Waltrip Racing mène à un 13e spot. Chaos et controverses.
2014 : refonte radicale avec éliminations et multiples tours
16 pilotes en playoffs, dont “win-and-in” top 30. Quatre rounds de 3 courses éliminent les bas du tableau. Finale à 4, vainqueur champion.
Kevin Harvick triomphe inaugural, Ryan Newman presque sans victoire. Brad Keselowski-Jeff Gordon se battent à Texas.
Accent sur les victoires. Drame garanti.
2017 : ajout des points de stage et bonus playoffs
Stages dans les courses : 10 points top 10 par stage, 1 playoff point au stage winner. 5 par victoire, jusqu’à 15 pour le champion régulier.
Top 30 rule tombe plus tard. Système dure jusqu’en 2025.
Frustrations montent : champion “méritant” perd en finale unique. Imprévisibilité critiquée.
2026 : le retour du Chase avec un champ élargi
Retour au Chase de 10 courses, mais 16 pilotes (top 16 points). Pas de wildcards. Vainqueur : 55 points, écart 20 sur 2e.
Reset post-26e course : leader +100 sur 16e, 25 entre 1er et 2e, puis 10 et 5. Comme détaillé sur Motorsport.com.
Simplicité restaurée, éliminations supprimées. NASCAR répond aux critiques.
Pour plus sur la Cup Series, consultez Wikipédia.
Ce retour aux racines pourrait stabiliser les championnats tout en gardant l’excitation. Les pilotes constants comme Kenseth pourraient briller à nouveau.
L’avenir dira si ce format apaise les débats ou appelle d’autres tweaks. La NASCAR continue d’évoluer pour captiver ses fans.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.