Elfyn Evans aborde la saison 2026 du Championnat du monde des rallyes (WRC) avec une détermination accrue. Cinq fois dauphin, le pilote Toyota a perdu le titre 2025 de justesse, à seulement quatre points de son équipier Sébastien Ogier lors de la finale en Arabie saoudite. Malgré une saison exemplaire avec deux victoires en Suède et au Kenya, et des top 6 sur les 14 manches, le Gallois n’a pas su franchir la ligne.
À six semaines de la fin de la saison, Evans s’est déjà replongé dans les préparatifs du Monte-Carlo, première épreuve de 2026. Il sait que des leçons ont été tirées et que des axes d’amélioration sont identifiés. L’objectif est clair : devenir le premier Britannique champion depuis Richard Burns en 2001.

L’approche d’Evans changera-t-elle pour 2026 ?
Evans est connu pour sa préparation méticuleuse. En 2025, il a démontré une constance rare, terminant dans les six premiers à chaque rallye. Pourtant, la perte du titre face à Ogier, qui n’a disputé que 11 manches, l’oblige à repenser certains aspects.
« Je ne sais pas si je changerai complètement mon approche, mais il y a eu quelques cas l’année dernière où nous étions en lutte, et peut-être que je n’ai pas tant insisté pour le battre au début de la saison, vu qu’il était à temps partiel », explique Evans. Désormais, il mesure que chaque point compte, même contre un pilote partiel.
Ogier ne fera que 10 rallyes en 2026, un de moins qu’en 2025. Cela pourrait être un avantage, mais Evans reste prudent. Il insiste sur la nécessité de traiter chaque duel avec intensité, sans se laisser endormir par le programme allégé de son rival.
La dynamique interne chez Toyota sera clé. Avec l’arrivée d’Oliver Solberg et les absences de Kalle Rovanperä et Ott Tänak, Evans pourrait émerger comme leader naturel.
Enfin, les tests en France du Sud montrent que l’équipe est déjà à pied d’œuvre. Evans mise sur la continuité, avec des ajustements fins pour maximiser les points.
Faut-il que Evans prenne plus de risques ?
Evans a toujours privilégié un pilotage calculé, évitant les gros coups d’éclat au prix de la fiabilité. En 2025, cela lui a permis de marquer à chaque rallye, mais quatre points d’écart au final font réfléchir.
« À certains moments, j’étais peut-être un peu trop calculé sur le gravier, mais prendre beaucoup de risques n’aurait peut-être rapporté qu’un ou deux points sans changer les positions », confie-t-il. Par exemple, en menant sur la route le vendredi, il peinait souvent à remonter.
Les dimanches offraient des opportunités manquées. Evans admet que personne n’est parfait, mais il ne prévoit pas de révolution dans son style.
Son coéquipier Ogier, avec son expérience, a su alterner vitesse et gestion. Evans pourrait s’inspirer de cela sans perdre son identité.
Selon Autosport, Evans a produit sa meilleure saison, prouvant sa maturité. Mais pour 2026, un soupçon de risque supplémentaire pourrait faire la différence.
Où Evans peut-il faire la différence ?
Les rallyes gravier secs comme le Portugal, la Sardaigne et la Grèce ont été ses points faibles en 2025. « Pathetiquement lent », s’auto-critique-t-il avec dureté. La position sur la route, en ouverture, l’a pénalisé lors de sept épreuves gravier consécutives.
Le calendrier 2026 mélange mieux les surfaces au début : asphalte à Monte-Carlo, Croatie, Canaries ; neige en Suède ; gravier au Kenya et Portugal. Les sept graviers se concentrent en seconde partie, potentiellement décisive.
Evans est confiant sur les améliorations. « Nous avons une meilleure base de réglages maintenant, qui devrait mieux fonctionner au Portugal et en Sardaigne. »
Au Japon et au Chili, il a tenu tête à Ogier jusqu’au bout. Gagner ces rallyes aurait pu tout changer.
- Portugal : Pace lent, focus sur setups gravel.
- Sardaigne : Lutte en ouverture de route.
- Grèce : Performances à booster.
Ces rallyes seront prioritaires en tests hivernaux.
Le championnat sera-t-il moins relevé en 2026 ?
L’absence de Rovanperä, passé en monoplaces, et de Tänak, en sabbatique, affaiblit le plateau. Pourtant, Evans tempère : « Le niveau ne baissera pas, car la lutte reste serrée. »
Oliver Solberg, vainqueur en WRC2 et Estonian outright, rejoint Toyota. « Il peut gagner des rallyes », prédit Evans. Son approche setup différente pourrait dynamiser l’équipe.
Chez Hyundai, Thierry Neuville (champion 2024) et Adrien Fourmaux visent haut si la voiture progresse.
Evans note que Solberg apporte de nouvelles idées, même si cela peut perturber l’harmonie Seb-Kalle-Elfyn.
Malgré cinq finales perdues, sa motivation reste intacte. « Je continue pareil, en cherchant des améliorations. »
Perspectives pour Monte-Carlo et au-delà
Evans arrive à Monte-Carlo avec un mental affûté. La mixture surfaces initiale lui convient, et ses réglages gravel améliorés pourraient surprendre.
Si Ogier rate des points, et avec Solberg en wildcard, la bataille s’annonce ouverte. Toyota dévoile sa livrée 2026, signe d’ambitions ici.
Pour Evans, 2026 pourrait être l’année du déclic. Sa constance, alliée à des gains ciblés, le positionne comme favori. Le WRC attend son champion britannique.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.