Pour la première fois en 12 saisons d’histoire, la Formule E a posé ses monoplaces électriques sur le circuit de Jarama, près de Madrid. Cela faisait 45 ans que cette piste espagnole n’avait pas accueilli une manche d’un championnat du monde. Née de l’initiative d’un homme d’affaires madrilène, la série a logiquement choisi ce tracé pour le remettre sous les feux des projecteurs. L’équipe franco-américaine DS Penske, soutenue par les ingénieurs de DS Automobiles, a une nouvelle fois brillé sur un circuit inédit.
Malgré des qualifications délicates et une course stratégique intense, les pilotes Maximilian Günther et Taylor Barnard ont montré du potentiel, grimpant dans le peloton avant de conclure hors du top 10. Retour sur cette épreuve historique du calendrier 2025-26.

Un circuit inédit favorable aux équipes expérimentées
Jarama, avec sa longueur de 3,934 km – la plus importante de la saison – et ses 14 virages, représente un défi unique pour la Formule E. Le long ligne droite de départ, suivie d’un virage serré à droite, offre la première opportunité de dépassement. Les pilotes doivent ensuite attendre le virage 7 pour activer le mode attaque, un point stratégique dans une course énergivore où la récupération d’énergie est cruciale.
Les nouvelles pistes profitent souvent aux équipes rodées comme DS Penske. Le développement des châssis par DS Automobiles a prouvé sa supériorité sur des tracés inconnus. L’équipe a bénéficié d’une session d’essais l’an dernier, après les intempéries qui avaient ravagé la région de Valence et le circuit Ricardo Tormo.
Les conditions météo récentes, grises et fraîches, n’ont pas favorisé l’adhérence. Le circuit ondulé amplifie les difficultés avec les pneus toutes saisons des Gen3 Evo.
DS Penske mise sur l’expérience de ses vétérans de la série, même si Taylor Barnard, le plus jeune du plateau, bénéficie de ce bagage collectif.
Premières impressions encourageantes en essais libres
Lors de la première séance d’essais libres (EL1), les deux DS Penske se sont hissées dans le top 5. Maximilian Günther a signé le troisième temps, tandis que Taylor Barnard était cinquième. Ces performances confirment l’avantage des équipes habituées aux nouveautés.
- Longueur du tour : 3,934 km
- Nombre de virages : 14
- Points stratégiques : Ligne droite de départ, virage 7 pour mode attaque
- Temps au tour rapide en EL1 (Günther) : Parmi les meilleurs malgré faible grip
La piste longue exige une gestion précise de l’énergie, avec beaucoup de temps à fond d’accélérateur. La récupération lors des freinages est vitale.
Barnard, malgré sa jeunesse, s’appuie sur l’expertise de l’équipe pour maîtriser ces subtilités.
Les EL2 ont confirmé ces tendances, bien que les conditions humides aient compliqué les choses.
Qualifications chaotiques sous conditions humides
Les qualifications ont démarré lentement en raison du temps gris et d’une piste humide. Le temps de référence en “tour lancé” n’est tombé qu’au quatrième passage, à moins de trois minutes de la fin.
Les deux pilotes DS Penske étaient en Groupe B. Günther a dominé ce groupe et s’est qualifié pour les quarts de finale, où il a affronté le Français Norman Nato. Malgré la glisse persistante, il a décroché la septième place sur la grille.
Barnard, parti de plus loin, a terminé 15e. Les pneus toutes saisons ont rendu les performances imprévisibles sur ce circuit bosselé.
- Günther : 7e, après quarts de finale
- Barnard : 15e
- Facteur clé : Piste mouillée et pneus adaptés à toutes conditions
Cette séance met en lumière la maîtrise de Günther sur le mouillé.
Une course rythmée marquée par les stratégies
La course comptait 23 tours sur ce nouveau venu au calendrier. Faire chauffer les pneus s’est révélé ardu dès le départ. Günther a pris un risque en élargissant sa trajectoire et a gagné une place avant le premier virage.
Au troisième tour, il entrait dans le top 5 et signait le meilleur tour en course, 1,5 seconde plus rapide que celui du leader. Barnard progressait régulièrement vers le top 10.
Les pilotes disposaient d’un seul mode attaque de six minutes et d’un arrêt unique au stand pour recharger (Pitboost), conçu pour dynamiser l’action sans compromettre l’autonomie.
Tout s’est joué entre les tours 11 et 16. DS Penske a opté pour des stratégies échelonnées : Günther a pitté en premier. Cela le plaçait virtuellement deuxième, jusqu’à l’activation des modes attaque.
Premier des pittés à activer son boost, Günther a mis la pression sur la Jaguar d’Antonio Felix da Costa. Il a établi un nouveau record du tour et pris la tête. Mais onze pilotes n’avaient pas encore activé leur attaque.
Il a dû défendre pendant six tours, perdant inévitablement des places. La 154e course de Formule E – la 143e pour DS Automobiles – s’est achevée hors top 10 pour les deux pilotes.
Les stratégies de DS Penske, un point fort habituel, ont permis des remontées héroïques mais pas les points escomptés. Pour consulter les résultats complets, rendez-vous sur le site officiel de la FIA Formula E.
Perspectives pour la suite du championnat
DS Penske a démontré son potentiel sur Jarama malgré la déception finale. Les remontées de Günther et Barnard soulignent la compétitivité du package DS E-Tense FE25. L’équipe reste dans la course pour le top 3 des teams au championnat.
La prochaine manche aura lieu les 2 et 3 mai à Berlin. Sur un circuit connu, les leçons de Madrid pourraient payer. Avec l’expérience accumulée, DS Penske vise des podiums réguliers dans cette saison 12 intense.
Cette épreuve historique à Jarama marque un tournant pour la Formule E en Espagne, promettant plus d’événements sur des circuits permanents. Les fans attendent avec impatience la suite.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.