Elfyn Evans, leader du championnat du monde des rallyes (WRC), et son dauphin Oliver Solberg ont tous deux abandonné prématurément lors de la première journée du Rallye de Croatie. Evans, au volant de sa Toyota GR Yaris Rally1, a pris un excellent départ en remportant les deux premières spéciales, creusant un écart de 15,8 secondes. Mais son rallye s’est stoppé net sur la troisième spéciale.
Solberg n’a pas eu plus de chance, sortant de la route à seulement 4,8 km de la première spéciale. Ces abandons simultanés des deux Toyota en tête du championnat ouvrent la voie à une lutte acharnée entre les autres prétendants. Le Finlandais Sami Pajari, chez Toyota également, a su profiter du chaos pour prendre la tête.

L’accident d’Elfyn Evans sur la SS3
Evans a abordé un virage serré à droite avec trop de vitesse, envoyant sa voiture dans les arbres. Les images embarquées montrent une légère confusion sur les notes de son copilote Scott Martin avant l’impact. Heureusement, l’équipage est indemne, mais la récupération de la voiture s’est avérée impossible.
« On s’est fait piéger, tout simplement », a expliqué Evans. « Le virage était plus serré que prévu, on allait beaucoup trop vite et on est partis dans les arbres. C’est très décevant. On avait bien commencé, mais ça n’a pas tenu. »
Cet abandon marque le deuxième consécutif pour Evans après le Safari Rally Kenya le mois dernier. Il n’avait plus abandonné depuis le Rallye de Grèce en 2024, démontrant une constance remarquable jusque-là. Sa Toyota fonctionnait parfaitement, mais les surfaces changeantes du rallye croate ont joué un rôle clé.
Evans a minimisé les problèmes de notes : « Je pense que c’était correct. La voiture marchait vraiment bien. Ce n’est pas facile, ce rallye réserve toujours des surprises avec les changements de surfaces. C’est très dur à lire. »
Comme analysé dans cette étude complète de la saison 2025 d’Evans chez Toyota, sa régularité était un atout majeur pour le titre, rendant cet incident d’autant plus cruel.
La sortie de route d’Oliver Solberg dès la SS1
Solberg, vainqueur du Monte-Carlo et rival direct d’Evans, a touché un mur de roche à 4,8 km de la première spéciale Vodice-Brest. Sa GR Yaris a fait un tête-à-queue avant de se planter dans le décor, mettant fin à sa journée.
« C’était la première fois que j’essayais un pneu dur sur cette voiture, et sur asphalte pur », a confié un Solberg ému. « La sensation était fantastique, mais j’ai un peu trop poussé dans ce virage, sous-estimant la fenêtre de grip. J’ai sous-viré et touché le mur. »
Le pilote suédois pointe son manque d’expérience au plus haut niveau. Il regrette d’avoir opté pour des pneus durs sans les avoir testés auparavant. Malgré le soutien de l’équipe Toyota, cet abandon est un coup dur pour ses ambitions en championnat.
Solberg en tire des leçons : « Je dois prendre du recul et comprendre que je n’ai pas beaucoup d’expérience avec ce pneu. Même si le feeling était bon, je dois apprendre à m’adapter. C’est pareil pour tout le monde, mais je dois progresser étape par étape. » Sa première victoire WRC en Estonie 2025 montre son potentiel, mais l’expérience reste clé.
Conséquences pour le championnat WRC
Ces abandons profitent directement à Sami Pajari, qui mène après la journée de vendredi avec 13,7 secondes d’avance sur Thierry Neuville (Hyundai). Takamoto Katsuta complète le podium provisoire à 14,6 secondes.
- Classement provisoire après vendredi :
- Sami Pajari (Toyota) – 13,7 s d’avance
- Thierry Neuville (Hyundai)
- Takamoto Katsuta (Toyota)
- Hayden Paddon (Hyundai)
- Adrien Fourmaux (Hyundai)
Les Hyundai dominent le top 5, malgré quelques crevaisons. En WRC2, Yohan Rossel (Lancia) mène. Samedi propose huit spéciales supplémentaires sur asphalte gravelé.
Evans et Solberg, avec 66 et 58 points respectivement avant le rallye, risquent de voir leur avance fondre. Détails complets sur cette page Autosport.
Les défis du Rallye de Croatie
Ce rallye asphalté est réputé piégeux avec ses virages étroits et ses changements de grip. Les premières passes étaient propres, mais l’après-midi a vu plus de gravier sortir.
Les équipes misent sur des pneus durs ou tendres selon les conditions. Les fans ont tenté de repousser la voiture de Solberg, en vain. Jon Armstrong (M-Sport) a aussi abandonné après une crevaison.
Pour Evans, c’est un rappel que même les leaders ne sont pas à l’abri. Solberg, avec son élan post-Estonie, doit digérer cette leçon.
Perspectives pour la suite du championnat
Evans et Solberg viseront un retour en force sur les prochaines manches. Pajari, en quête de sa première victoire WRC, pourrait créer la surprise. Neuville, constant, reste en embuscade.
Ces incidents soulignent la férocité du WRC 2026. La bataille pour le titre s’annonce plus ouverte que jamais, avec Toyota perdant ses deux leaders. Rendez-vous samedi pour la suite des hostilités, où la prudence pourrait primer sur la vitesse brute.
Le championnat reste passionnant : qui profitera le plus de ce vendredi dramatique ? Plus d’infos sur le shakedown dominé par Solberg.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.