Haas a entamé le développement de sa monoplace VF-26 pour la saison 2026 de Formule 1 dès la seconde moitié de 2024, comme l’a révélé le directeur technique Andrea De Zordo lors de la présentation de la voiture. Malgré l’interdiction formelle d’utiliser des souffleries ou des simulations CFD pour les machines 2026 avant le 1er janvier 2025, l’équipe américaine a pris de l’avance en explorant les concepts et en esquissant des designs avec un petit groupe d’ingénieurs. Cette approche proactive visait à anticiper les nouveaux règlements techniques majeurs sur le châssis et les moteurs.
Cette stratégie a permis à Haas de répartir progressivement ses ressources entre la VF-25 de 2025 et la VF-26, avec un basculement complet après la pause estivale. Le défi résidait dans la gestion serrée du temps, surtout avec la lutte serrée en milieu de peloton en 2025 qui nécessitait un soutien continu pour la voiture précédente.

Les contraintes réglementaires et le travail conceptuel initial
Les règlements de la FIA ont interdit tout travail en soufflerie ou CFD sur les voitures 2026 avant 2025, mais rien n’empêchait les équipes de réfléchir aux évolutions. Haas a formé un noyau restreint dès mi-2024 pour analyser les nouvelles règles, qui introduisent un équilibre quasi 50:50 entre puissance thermique et électrique, ainsi que des modes comme l’Overtake Mode et le Boost Mode.
Andrea De Zordo a expliqué : «Ça a commencé en seconde moitié de 2024 avec un petit groupe regardant le concept de la nouvelle voiture, et ça a continué avec ce groupe jusqu’au lancement de la VF-25». Cette phase initiale s’est concentrée sur les grandes lignes, sans entrer dans les détails aérodynamiques interdits.
Le groupe a grandi au fil du temps, avec une augmentation des ressources allouées à 2026 après l’été 2025. Un petit noyau est resté sur la VF-25 tardivement en raison du championnat disputé, obligeant à des choix stratégiques constants.
Cette gestion duale a été un défi majeur pour une équipe modeste comme Haas, qui compte parmi les plus petites en termes d’effectifs. De Zordo a insisté sur la nécessité de prioriser sans perdre de temps sur une saison clé.
Les premières esquisses ont posé les bases d’une VF-26 qui évoluera rapidement, avec des mises à jour prévues avant le Grand Prix d’Australie inaugural.
Les défis uniques de Haas face aux nouveaux règlements
En tant qu’équipe la plus petite du plateau, Haas fait face à son preseason le plus difficile de ses 10 ans d’histoire, selon le team principal Ayao Komatsu. Les nouveaux règlements représentent un défi financier et en ressources énorme, amplifié par la taille réduite de l’équipe.
Komatsu a déclaré : «Je dirais que oui, surtout pour notre taille. Les nouveaux règlements rendent ça financièrement challenging et en termes de ressources, tout le monde sait qu’on est encore la plus petite équipe». Même les plus grandes structures admettent ne pas être pleinement prêtes.
Haas doit miser sur ses forces, reconnaître ses faiblesses et apprendre vite. Les surprises viendront une fois les voitures en piste, et l’adaptation rapide sera clé.
Un différenciateur majeur sera la gestion de l’énergie, cruciale avec le split 50:50 et les nouveaux modes électriques. Komatsu a souligné : «Avant de courir, et même tester, on doit maîtriser la gestion d’énergie, c’est le gros morceau. On ne sait pas tout ce qu’on ignore».
Pour surmonter cela, Haas bénéficie d’un partenariat renforcé avec Toyota Gazoo Racing, devenu sponsor titre pour 2026, apportant simulateur, pièces et expertise. Cela compense partiellement ses limites structurelles.
La VF-26 vue à Barcelone pour les tests (26-30 janvier) ne sera pas celle d’Australie, avec des évolutions continues grâce au temps disponible avant la course d’ouverture.
Évolution de la VF-26 et préparation pour les tests
La VF-26, dévoilée récemment, arbore une livrée majoritairement blanche avec des accents rouges Toyota, remplaçant le noir dominant. Elle conserve une suspension avant pushrod et arrière pullrod, avec des ailerons avant larges.
Ayao Komatsu a confirmé des mises à jour avant Melbourne : «La voiture vue à Barcelone ne sera pas celle qui court en Australie. C’est trop tôt». Les tests en Espagne et Bahreïn permettront d’affiner, car le développement en soufflerie ne s’arrête pas.
Esteban Ocon et Oliver Bearman, duo inchangé, apportent continuité. Bearman a brillé avec un P4 au Mexique 2025, tandis qu’Ocon apporte son expérience (1 victoire, 4 podiums).
Le partenariat Toyota, initié fin 2024, inclut un simulateur dédié à Banbury et des échanges d’ingénieurs. Gene Haas a noté : «On a au moins la continuité des pilotes et des équipes de design».
Les tests privés à Barcelone fin janvier seront cruciaux pour valider la gestion énergétique et l’adaptation aux nouveaux pneus et aéro.
Haas vise le milieu de peloton renforcé, bâtissant sur sa 8e place 2025 (79 points, record depuis 2018). Pour plus de détails sur la livrée, consultez cet article Autosport.
Perspectives et enjeux pour la saison 2026
Les nouveaux règlements offrent une opportunité de reset, mais Haas doit maximiser ses outils limités. Komatsu met l’accent sur l’unité et la réactivité : «Il s’agira de rester ensemble, réagir et s’adapter vite».
La gestion électrique sera décisive sur les lignes droites, évitant l’épuisement prématuré. Bearman s’est dit excité : «Toutes les leçons des ères précédentes sont appliquées sur la nouvelle».
Avec Toyota comme TGR Haas F1 Team, l’équipe gagne en visibilité et soutien technique, crucial face à des rivaux comme McLaren ou Ferrari. Les défis persistent, mais la progression 2024-2025 (de P10 à P8) inspire confiance.
Pour explorer les défis spécifiques, voir l’analyse Motorsport.
Haas entre 2026 avec ambition modeste mais réaliste : consolider le midfield et viser des résultats comme les doubles top-6 de 2025. L’adaptation rapide aux règles et la fiabilité énergétique dicteront leur succès en championnat. Cette nouvelle ère pourrait surprendre, avec Haas prête à exploiter toute opportunité.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.