Le Dakar 2026 offre bien plus qu’une compétition acharnée. Au cœur de l’Arabie saoudite, les concurrents traversent des paysages d’une beauté envoûtante, entre dunes orangées, canyons interminables et formations rocheuses surréalistes. Malgré un pays aux facettes sombres, la nature y révèle une splendeur sauvage qui pourrait émerveiller n’importe qui. Pourtant, pour les pilotes en tête, la course prime sur le décor.
L’étape 8 autour de Wadi Ad-Dawasir a culminé ce genre de merveilles, avec des vallées désertiques et des murs de sable impressionnants. Plus au nord, Al-Ula avait déjà surpris par ses rochers fantasques, évoquant les rêves de Salvador Dalí. Ces sites, visibles depuis le sol ou les hélicoptères, transforment le rallye en une aventure cinématographique unique.

Les splendeurs naturelles du parcours
L’Arabie saoudite cache des trésors inattendus sous son aridité. Le Rocher de l’éléphant à Al-Ula en est un emblème, une formation géologique massive qui domine le paysage. Lors de l’étape 8, les pilotes ont enchaîné vallées, dunes et canyons, un cocktail visuel inoubliable. Ces décors ne sont pas anodins : ils rappellent la grandeur sauvage d’un pays souvent méconnu.
Pour bien appréhender le parcours, consultez le parcours complet du Dakar 2026 en Arabie Saoudite, qui détaille les étapes clés comme Yanbu ou les marathons refuge. Ces zones, filmées depuis les airs, révèlent des perspectives dingues, bien au-delà de ce que voient les concurrents au sol.
Les motards et pilotes automobiles slaloment entre ces éléments, mais la vitesse brouille souvent la contemplation. Les dunes orangées s’élèvent comme des vagues figées, tandis que les canyons creusent des abysses infinis. Wadi Ad-Dawasir, ce lundi-là, a marqué le zénith de cette diversité.
Malgré la pression, certains notent ces flashs. La nature saoudienne, avec ses contrastes brutaux, offre un privilège rare : rouler là où peu vont. Ces paysages ne sont pas figés ; ils évoluent avec la lumière, rendant chaque passage unique.
La concentration des pilotes de tête
En course, la compétition écrase le spectacle. Henk Lategan, pilote sud-africain de Toyota et deuxième du Dakar 2025, l’admet franchement : « En course, on est tellement concentrés sur ce qui arrive devant nos roues qu’on ne remarque pas toujours le décor que l’on traverse ». Au pied du Rocher de l’éléphant, il pourrait passer sans le voir.
Sébastien Loeb et son copilote Édouard Boulanger illustrent cette réalité. Sixième au général après plusieurs étapes, Loeb apprécie le rallye-raid pour ses destinations exotiques : « L’une des choses que j’aime bien en rallye-raid, c’est qu’on voit des endroits où on n’irait jamais ». Pourtant, Boulanger ne lève les yeux que s’il a de l’avance en navigation.
« En spéciale, tu prends des flashs. Après, tu colles les morceaux », explique Boulanger. Les photos post-course révèlent alors la magie, avec un point de vue héliporté bien plus spectaculaire. Cette intensité focalise sur la piste, reléguant les panoramas en arrière-plan.
Lategan compense lors des liaisons, sur routes ouvertes : « Quand la spéciale est finie, on a le temps de regarder. Il peut y avoir des coins ou des villages sympas ». Cette technique terre-à-terre permet quelques instants de répit.
Les motards face à l’immensité
Sans habitacle, les motards jouissent d’une vision plus large. Daniel Sanders, vainqueur sortant sur KTM, savoure les sommets de dunes : « Quand tu arrives au sommet d’une dune, c’est un moment génial de voir la vallée dans laquelle tu vas entrer ». Debout sur les cale-pieds, ils absorbent l’horizon.
La fatigue altère toutefois cette liberté. « Parfois, on est tellement fatigués et déshydratés que tout est flou », confie l’Australien. Les changements brutaux de décor – de lune à terrain varié en une minute – déstabilisent même les plus aguerris.
Malgré tout, cette exposition directe renforce l’émerveillement. Les motards, plus exposés aux éléments, intègrent la nature à leur effort physique. Sanders mesure sa chance, comme Loeb qui a quitté le WRC pour ces horizons inédits.
Cette perspective ouverte contraste avec les autos, mais la vitesse reste un voile. Les masques teintés filtrent autant qu’ils protègent.
Les amateurs : une autre allure
À l’arrière du peloton, la pression s’allège, laissant place à la contemplation. Philippe Boutron, 66 ans, 126e en autos et engagé en SSV pour son douzième Dakar, en profite pleinement. À plus de 21 heures de Nasser al-Attiyah, il roule sans oeillères : « On va beaucoup moins vite, on a beaucoup moins de pression, donc on réalise bien mieux ce que l’on voit ».
Il interpelle souvent son copilote : « T’as vu comme c’est beau ici ? On peut regarder des rochers. Un qui ressemble à un animal, un autre à un dinosaure ». Les top pilotes, eux, fixent la piste.
Cette allure modérée transforme le Dakar en excursion. Boutron, loin des leaders, savoure les détails que les autres manquent. Les amateurs rappellent que la beauté est accessible à tous les rythmes.
Lategan rêve d’y revenir plus tard : « Je me dis souvent que ce serait bien de revenir dans ces endroits quand je serai un peu plus vieux. De le faire sur un rythme plus raisonnable ». Boulanger envisage d’emmener sa famille au Maroc ou en Arabie saoudite.
Le Dakar 2026 prouve que derrière la course se cache un voyage extraordinaire. Même si les pilotes de tête passent à côté de beaucoup, les images et souvenirs persistent. Ces paysages saoudiens, immortalisés en photos, inspirent déjà des retours futurs. Pour les fans, suivre l’événement sur L’Équipe permet de profiter pleinement de ce spectacle nature. Reste à voir si le classement final basculera avant l’arrivée à Yanbu.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.