Hervé Guillaume, 65 ans, et son fils Maxime, 34 ans, forment un duo inattendu sur les pistes du Dakar. Pilote et copilote en catégorie Challenger, ils roulent à bord d’un Zéphyr, ce buggy SSV renaissance des ateliers PH Sport. Leur histoire commence par une envie d’aventure après un cancer pour Hervé, et les mènera jusqu’à la 83e place au général de l’édition 2025.
Cette seconde participation commune illustre parfaitement le thème du « Dakar en famille ». Père entrepreneur et pilote amateur des années 90, fils ingénieur et secouriste en montagne, ils partagent une passion naissante pour le rallye-raid. L’Équipe a récemment dressé leur portrait, soulignant les défis relationnels autant que sportifs.

Les débuts improbables de l’aventure
Tout part d’un convoyage de bateau vers les Antilles. Un ami d’Hervé cherche un « mousse » pour l’aider. Fraîchement touché par un cancer de la prostate, Hervé décide de profiter de la vie et embarque Maxime, de retour des États-Unis.
Lors d’une escale au Cap-Vert, ils croisent un vétéran de onze Dakar. Le coût effarant des autos les rebute, mais l’homme évoque les SSV, plus abordables. Ignorants tout de ces buggys, les Guillaume rentrent curieux.
Près de Clermont-Ferrand, ils contactent Stéphane Brunet de BTR, spécialiste des SSV. Ils louent un véhicule pour le Morocco Desert Challenge.
La course se passe bien malgré quelques égarements. Hervé commet des erreurs, mais ils terminent, objectif atteint.
De l’essai au Rallye du Maroc
Encouragés, ils achètent un Can-Am d’occasion chez Brunet pour le Rallye du Maroc 2023. L’aventure vire au drame avec des tonneaux, mais ne les décourage pas.
On leur conseille alors le Zéphyr. Ils l’acquièrent pour viser le Dakar 2025.
La préparation est intense. Maxime, copilote aguerri, guide son père pilote.
Hervé se souvient : « On s’est perdus une ou deux fois, j’ai fait une ou deux conneries, mais on a terminé ».
Première au Dakar 2025 : sécurité payante
Au départ de l’édition 2025, pas de gros soucis mécaniques. Trente autos abandonnent, eux jouent la prudence.
Résultat : 83e au général, 18e en Challenger. Maxime corrige Hervé : « Il y a surtout trente voitures qui ont cassé. Je me suis fait engueuler deux semaines pour lui dire de ralentir, mais ça a payé ».
Ils visent désormais tout le Championnat du monde de rallye-raid.
Cette réussite les motive pour la suite. La Montagne évoque leur rêve d’un top 10 Challenger.
Dynamique père-fils sous tension
À bord, les caractères s’affrontent. Quand ils se perdent, Hervé veut aider, mais Maxime préfère le silence : « Ça perturbait Maxime et qu’il préférait que je me taise ».
Hervé extériorise, s’énerve vite. Maxime, vision d’ingénieur, veut du calme : « Ça sert à rien de gueuler et moi, à côté, ça me met dans le jus dans ma navigation ».
Frustrant pour le père, mais il s’adapte : « Je me laisse guider. J’ai aussi tendance à extérioriser mes sentiments ».
Cette complémentarité les porte loin malgré les heurts.
Le lien familial, atout et défi
Un autre copilote serait plus délicat. Maxime engueule parfois Hervé sans filtre : « Un autre copilote prendrait peut-être plus de délicatesse pour me parler ».
Mais le sang facilite les échanges : « C’est plus facile de se dire les choses quand on a ce lien familial », confirme Maxime.
Au début, engueulades ; maintenant, ça roule. « Moi je m’éclate, ça me plaît vraiment ».
Hervé n’aurait pas tenté sans son fils.
Projet solidaire et galères récentes
Via le fonds « Les Enfants du Dakar », ils offrent évasions à des enfants malades.
Sur cette édition, rochers de l’étape 1 : plus de quatre heures perdues. Mercredi, autres galères vers le bivouac refuge.
Mais jeudi, ils reprennent la course, déterminés.
Leur Zéphyr, vu en photo officielle, symbolise leur renaissance.
Hervé et Maxime incarnent l’esprit familial du Dakar, mêlant passion, conflits et solidarité. Leur parcours inspire : d’un bateau aux dunes, ils prouvent que l’aventure se vit à deux. Avec le championnat mondial en vue, suivez-les pour plus de rebondissements sur les pistes saoudiennes.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.