Le cycle d’évaluation réglementaire de la FIA pour la F1 2025 : un tournant décisif pour le sport automobile
La Formula 1 s’apprête à franchir une étape majeure avec le cycle d’évaluation réglementaire 2025 de la FIA. Ce processus, qui s’étale sur plusieurs mois, déterminera le cadre technique et sportif dans lequel évolueront les écuries pour les saisons à venir. Après les bouleversements introduits par les nouvelles réglementations 2022 axées sur le retour du “ground effect” et la réduction des dépenses via le plafond budgétaire, la Fédération Internationale de l’Automobile entend peaufiner un système qui fait ses preuves tout en s’adaptant aux nouveaux défis du sport.
L’enjeu de ce cycle 2025 dépasse la simple évolution technique. Il s’agit de consolider les gains en termes de spectacle sportif, de pilotabilité des monoplaces et de viabilité économique pour les équipes, tout en préparant la transition vers une F1 encore plus durable technologiquement. Les discussions qui se tiennent actuellement entre la FIA, la Formula One Group (FOG) et les représentants des écuries façonneront l’avenir d’une discipline en pleine expansion mondiale.

Les objectifs fondamentaux du cycle 2025
L’évaluation réglementaire de cette année repose sur trois piliers stratégiques clairement identifiés par la FIA : l’amélioration continue du spectacle sportif, l’affinement des règles financières et la préparation de la transition énergétique. Chacun de ces axes fait l’objet de débats approfondis au sein du Conseil Mondial du Sport Automobile.
Une F1 toujours plus spectaculaire
La réduction de l’effet de sillage constitue la priorité absolue. Les données collectées depuis 2022 montrent une amélioration significative de la capacité des monoplaces à suivre le rythme en virage, mais des progrès restent nécessaires. Les simulations en soufflerie et les retours des pilotes indiquent que les voitures actuelles perdent encore entre 15 et 20% d’appui aérodynamique à 10 mètres du précédent. Le cycle 2025 vise à ramener ce chiffre sous la barre des 10%, permettant ainsi des dépassements plus nombreux et plus audacieux.
Les règles aérodynamiques seront probablement assouplies autour des jupes latérales et des déflecteurs, zones cruciales pour le contrôle du flux d’air sous la voiture. Les ingénieurs des équipes moyennes saluent cette orientation. “Si nous avons plus de liberté sur ces éléments, nous pourrons mieux compenser nos faiblesses en termes de budget et de personnel,” confie anonymement un responsable technique d’une écurie du peloton. Cette flexibilité pourrait réduire l’écart entre les formations de pointe et les équipes challengers.
L’affinement du plafond budgétaire
Le Financial Regulations introduit en 2021 a bouleversé les équilibres économiques de la F1. Avec un plafond fixé à 135 millions de dollars pour 2025 (hors exceptions), la FIA envisage de rendre certaines règles plus transparentes. Le point le plus controversé concerne les dépenses liées à l’infrastructure. Les équipes historiques, qui ont investi massivement dans leurs installations avant l’instauration du budget cap, défendent un système de “dérogations infrastructurelles” pour permettre aux nouveaux entrants de rattraper leur retard.
Le Conseil Mondial examinera en décembre 2025 un mécanisme d’amortissement plus favorable pour les équipes ayant des installations datant de plus de dix ans. Ce projet, soutenu par Mercedes et Ferrari, fait face à l’opposition de Red Bull Racing et d’Alpine, qui redoutent une dilution de l’esprit égalitaire du règlement. Les négociations s’annoncent particulièrement tendues, d’autant que les coûts d’inflation restent élevés dans les secteurs clés comme l’aéronautique et l’électronique.
Les innovations techniques majeures à l’étude
Le cycle d’évaluation 2025 ne se limite pas à des ajustements cosmétiques. Plusieurs concepts révolutionnaires sont actuellement testés en simulation et pourraient être intégrés dès 2026, marquant une évolution significative du règlement technique.
Le retour du KERS amélioré
L’un des dossiers les plus avancés concerne le système de récupération d’énergie. La FIA propose d’augmenter la puissance déployable par le MGU-K de 120 kW actuels à 150 kW, tout en simplifiant ses modalités d’usage. L’objectif est de rendre le dépassement par la propulsion électrique plus stratégique et moins artificiel que le système DRS actuel.
Les pilotes se montrent divisés sur la question. George Russell, directeur de la GPDA, a déclaré récemment : “Nous voulons des courses où le talent compte plus que le paramétrage. Si le nouveau KERS nous permet d’attaquer plus tôt dans les stands, sans rendre les dépassements trop faciles, c’est une excellente évolution.” Cette position reflète le souhait d’un sport où l’initiative individuelle retrouve sa place.
Les équipes techniques redoutent cependant une augmentation des coûts de développement. Le MGU-K plus puissant nécessiterait des batteries plus performantes et une gestion thermique revue, ce qui pourrait représenter un investissement de 5 à 8 millions supplémentaires par équipe. La FIA tente de compenser cette hausse par une simplification des règles aérodynamiques avant, où certaines solutions complexes coûteuses seraient interdites.
L’adhérence mécanique renforcée
Une autre piste majeure explore l’augmentation de l’adhérence mécanique via des pneus plus larges et des suspensions revues. Pirelli, fournisseur unique jusqu’en 2028, a développé des prototypes de gommes arrière plus larges de 20 mm, augmentant la surface de contact au sol de 12%. Les essais hivernaux 2025 qui se dérouleront à Bahreïn en février permettront d’évaluer l’impact sur la dégradation et la stratégie de course.
Les premiers feedbacks des simulateurs sont encourageants. Les temps au tour pourraient baisser de 1,5 seconde, mais surtout, la fenêtre opérationnelle des pneus s’élargirait considérablement. Cela permettrait aux pilotes de pousser plus longtemps sans craindre la chute de performance, un grief récurrent depuis l’introduction des nouvelles réglementations. Le directeur sportif de la FIA, Niels Wittich, a confirmé que “la durabilité des gommes et leur comportement en température seront les critères déterminants de notre décision fin mars 2025.”
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.