Adrian Newey, l’architecte de 12 championnats des constructeurs, a confirmé lors du lancement de la challengereuse attendue d’Aston Martin pour 2026, l’AMR26, un principe fondamental du processus créatif en Formule 1 : on peut sortir l’ingénieur du bureau, mais pas les idées de sa tête.[1] Pendant sa période obligatoire de « gardening leave » chez Red Bull, il a ruminé des concepts pour le nouveau règlement, une pratique qu’il a déjà utilisée avec succès par le passé.
Cette révélation n’étonne guère, car l’ingénierie en F1 repose sur la créativité. Newey a développé sa philosophie dès fin avril 2024, après son départ effectif de l’équipe Red Bull, en pensant « from first principles » aux nouvelles règles publiées.

La genèse des idées pendant la gardening leave
Newey a expliqué que sa philosophie pour l’AMR26 est née pendant sa gardening leave de Red Bull, à partir de fin avril 2024. « Nous savions tous ce que étaient les règlements, ils étaient publiés, donc je me suis assis et j’ai pensé : OK, il faut repartir des principes de base avec ces règlements. Quelle pourrait être une solution possible ? », a-t-il déclaré lors du lancement.[2]
Arrivé officiellement chez Aston Martin le 2 mars 2025, il a partagé ces idées avec les aérodynamicistes et designers, qui les ont validées. Bien que contractuellement interdit de contacter Aston avant cette date, rien n’empêchait Newey de noter ses concepts personnels.
On dit souvent que Newey « voit l’air » et visualise les flux aérodynamiques. Lui minimise, mais l’aéro en F1 est itératif : ses esquisses ne sont que des points de départ. Dans son autobiographie How to Build a Car, il décrit une approche similaire entre Williams et McLaren.
Cette période de réflexion solitaire est un « comfort blanket » pour lui. Il travaille en silence, avec pauses café et biscuits Hobnob pour débloquer les idées, utilisant crayons propulseurs pour esquisses et dessins techniques.
Malgré les ressources modernes, le processus reste créatif. L’AMR26 pourrait diverger des premières esquisses, mais l’apport initial de Newey est crucial pour la saison 2026.
La philosophie holistique pour les règlements 2026
La philosophie de Newey pour l’AMR26 repose sur une approche holistique des flux d’air, adaptée aux nouveaux règlements. « Nous avons examiné de près les règlements et ce que nous voulions obtenir d’un point de vue flow field, puis évolué une géométrie pour créer ces flux », explique-t-il.[2]
Avec un calendrier compressé – tunnel éolien opérationnel seulement en avril 2025 et arrivée en mars –, Aston a commencé quatre mois derrière les rivaux. « Personne n’est sûr de la meilleure interprétation des règles », admet Newey, soulignant l’incertitude des changements simultanés power unit et châssis.
Le design est « agressif » avec des features inédites : packaging serré, pas de partie unique dominante. L’objectif : une voiture exploitable pour Lance Stroll et Fernando Alonso, contrairement aux ground effect 2022-2025 difficiles.
L’AMR26 évoluera beaucoup : « Celle de Melbourne sera très différente de celle du shakedown de Barcelone, et celle d’Abu Dhabi encore plus », prédit Newey. Pour plus de détails sur cette philosophie, consultez l’interview officielle d’Aston Martin.
Les éléments techniques comme le nez large « pelican », les sidepods en tube rampants et la suspension arrière radicale attirent l’attention des rivaux.[3]
Parallèles avec le triomphe de McLaren en 1998
Newey tire un parallèle direct avec son passage de Williams à McLaren en 1997. Parti de Williams en novembre 1996, il rejoint McLaren le 1er août 1997, au milieu d’un litige contractuel, pour des règles de pneus rainurés et châssis étroits.
Sans contacts autorisés, il esquissait chez lui à Fyfield : « J’ai pris une planche à dessin, les nouvelles règles, et commencé à croquer pour comprendre la voiture idéale. »
À son arrivée, ses idées tunnel étaient 10 % inférieures au modèle existant de Henri Durand. Arrogant ? Peut-être, mais des éléments comme l’empattement long, repose-tête bas et V avant chassis sont retenus.
Un hybride des concepts mène à la MP4/13, dominante en 1998 avec Mika Hakkinen champion. Newey a même repeint son bureau en bleu canard, irritant Ron Dennis.
Aujourd’hui, avec ressources accrues, l’AMR26 pourrait suivre ce schéma : idées personnelles boostant le développement existant.
Cette histoire montre la valeur des transitions : Newey excelle dans les révolutions réglementaires.
Réactions et innovations de l’AMR26
L’AMR26, dévoilée en Arabie Saoudite avec livrée verte mate, a roulé à Barcelone : Stroll 5 tours avant panne, Alonso 61 après résolution.[1]
Ses features – nez large comme Red Bull, sidepods tubulaires courts, suspension avant offset, arrière haute avec montage central – interrogent les rivaux. Un boss d’équipe note le « very extreme » arrière.[3]
- Nez « pelican » : maximise pression pour floor.
- Sidepods rampants : radiateurs centraux, floor exposé.
- Suspension arrière : libère diffuser, lie flux à aileron.
Ces choix s’alignent sur les règles 2026 : diffuseur slotted, montages structuraux. Pour analyse technique, voir l’article F1.com.[3]
Malgré retard, Aston mise sur potentiel évolutif.
Newey, en tant que managing technical partner, infuse son ADN gagnant.
L’AMR26 débute aux essais Bahreïn avant Melbourne. Si l’histoire se répète, Aston pourrait dominer 2026, aidée par Honda et Newey.
Les défis persistent : power unit hybride incertain, concurrence féroce. Mais avec sa philosophie first principles, Newey positionne Aston pour un exploit, comme en 1998. L’avenir dira si l’AMR26 transformera ces espoirs en titres.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.