Colton Herta arrivera-t-il en Formule 1 ?

Colton Herta, fils du pilote et propriétaire d’équipe Bryan Herta, a toujours baigné dans le monde du sport automobile. Dès ses débuts en monoplace, il s’est tourné vers l’Europe, terminant troisième du championnat MSA Formula en 2015 derrière Lando Norris. Malgré un intérêt initial limité pour la Formule 1, dominée à l’époque par Mercedes, sa carrière en IndyCar l’a propulsé au rang de superstar avec neuf victoires.12

Aujourd’hui, à 25 ans, Herta quitte IndyCar pour un pari audacieux : la Formule 2 avec Hitech GP en 2026, tout en servant de pilote d’essais pour l’équipe Cadillac en F1. Ce programme vise à lui faire acquérir les points superlicence manquants et à prouver sa valeur. Les essais pré-saison à Barcelone ont montré des signes encourageants, bien que des défis subsistent.3

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Le parcours européen et le triomphe en IndyCar

Herta a débarqué en Europe à 15 ans pour disputer le MSA Formula, où il a partagé sept podiums avec Lando Norris. Cette saison l’a vu terminer troisième, démontrant un talent précoce. En 2016, il a gravi l’échelon en Euroformula Open, finissant à nouveau troisième derrière Leonardo Pulcini et Ferdinand Habsburg.

À l’époque, la Formule 1 ne l’attirait pas. “Mon objectif n’est pas la Formule 1. Je n’ai jamais vraiment eu cet intérêt, surtout ces sept dernières années où une équipe domine”, confiait-il à Motorsport.com en décembre 2016.1 Il préférait l’apprentissage en Europe, avec des grilles plus fournies.

De retour aux États-Unis, Herta a brillé en Indy Lights : rookie de l’année en 2017, puis vice-champion en 2018 face à Pato O’Ward. Son passage en IndyCar a été fulgurant : victoire dès sa troisième course à Austin en 2019, devenant le plus jeune lauréat de l’histoire à 18 ans.

Sur sept ans, principalement chez Andretti, il a accumulé neuf succès en 117 départs. Troisième du championnat en 2020, dauphin en 2024, il s’est imposé comme un leader, hormis des saisons 2022 et 2023 marquées par des erreurs.

Ce palmarès en fait un candidat idéal pour la F1, mais des obstacles persistent. Son expérience en IndyCar, avec des pneus Firestone moins exigeants, devra s’adapter à la F2.

Les occasions manquées en Formule 1

Dès 2021, Herta flirtait avec la F1. Lors de la tentative d’achat de Sauber par Andretti, il a testé le simulateur de l’équipe, mais l’affaire a capoté.

En juillet 2022, McLaren lui offrait deux journées d’essais en MCL35M. Parallèlement, Red Bull cherchait un remplaçant à Pierre Gasly chez AlphaTauri. Herta était dans le viseur, mais ses 32 points superlicence sur 40 requis l’ont écarté. Nyck de Vries a été choisi.

À 22 ans, ses rêves semblaient compromises. Pourtant, l’arrivée de Cadillac en F1 a ravivé les flammes. Soutenu par General Motors et son futur moteur, le projet a été validé malgré les réticences de Liberty Media.

Herta, bientôt 26 ans, intègre Cadillac comme pilote d’essais. Il disputera aussi la F2 pour glaner six points superlicence (il en a 34). Des sessions FP1 en F1 l’aideront également.

Ce chemin atypique d’un leader IndyCar vers la F2 n’a pas d’équivalent moderne. Des pilotes comme Romain Grosjean y ont eu recours il y a vingt ans, mais sans son statut établi.

Le programme Cadillac : expérience et ambitions

Cadillac a opté pour Sergio Perez et Valtteri Bottas en 2026, priorisant l’expérience. Zhou Guanyu est réserviste, Herta pilote d’essais. “Il doit le mériter”, a déclaré le CEO Dan Towriss en septembre dernier.

Herta court avec Hitech, équipe en forme avec 21 podiums récents via Paul Aron, Luke Browning et Dino Beganovic. Lors des essais de Barcelone, il a fini 12e sur trois jours, à moins de six dixièmes de Rafael Camara et trois dixièmes de la deuxième place.3

“Cette voiture est extrêmement différente de tout ce que j’ai conduit. C’est un grand saut”, admet Herta. Il cible le top-10, mais vise plus : “Tout ce que je fais, je veux être compétitif. Si l’objectif n’est pas de gagner, pourquoi le faire ?”

Son coéquipier Ritomo Miyata, passé de Super Formula à la F2 sans grand succès (une podium en 55 courses), apporte son expertise. “Son style raffiné en F2 m’aide énormément”, note Herta.

Les pneus Pirelli, à haute dégradation, posent problème. Contrairement à Yokohama ou Firestone, ils exigent une gestion fine, apprise idéalement en F3.

Pour Cadillac, le jugement portera sur F2, simulateur et FP1. Comme l’explique Graeme Lowdon dans un entretien sur les valeurs de recrutement chez Cadillac F1, l’équipe mise sur le potentiel global.

Les défis techniques et la concurrence en F2

La F2 impose une courbe d’apprentissage raide pour Herta. Une seule séance d’essais de 45 minutes avant les qualifications limite les ajustements. “Que vous ayez 18 ou 25 ans, le rythme est proche du maximum”, minimise-t-il.

La grille 2026 semble accessible : Alex Dunne et Dino Beganovic comme favoris, Rafael Camara (ex-F3 champion Ferrari) comme menace. Herta bénéficie de son expérience en erreurs et récupérations.

Miyata illustre les pièges : titré en Super Formula et Super GT à 24 ans, il végète en F2 (19e puis 17e). Les pneus sont le talon d’Achille commun.

Herta tempère l’avantage IndyCar : “Ça aide un pour cent, je le prends.” Il mise sur Miyata pour progresser vite.

Les attentes de Cadillac s’alignent sur leurs objectifs pour la première course en 2026, où l’expérience prime. Herta doit briller en F2 pour viser 2027.

Pour plus de détails sur son engagement, consultez l’annonce officielle de Hitech.

Perspectives : un siège F1 à portée de main ?

Herta vivra une saison chargée : F2, simulateur Cadillac, FP1 et même trois courses IMSA. “Les FP1 seront cruciaux pour me préparer à la F1”, dit-il.

Towriss veut un top-10 en F2, mais Herta refuse de se limiter : “Je veux mener les sessions, gagner des courses.” Le temps dira si c’est réaliste.

Son sort dépendra aussi de Perez et Bottas. Remplacer un vétéran performant est délicat. Si les deux brillent, la barre monte pour Herta.

Ce parcours inédit pourrait ouvrir la voie à un Américain en F1 titulaire. Cadillac évaluera l’ensemble : résultats, travail en sim, feedback.

En fin de compte, Herta a relancé sa carrière au bon moment. Succès en F2 et contributions Cadillac pourraient le propulser en 2027. Seul l’avenir le confirmera, mais son talent et sa détermination plaident en sa faveur.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.