Changements Red Bull Racing F1 2026 : le départ de Marko et l’avenir incertain de Lambiase mettent l’équipe en ébullition
La fin de saison 2025 a réservé bien des surprises en Formule 1, mais c’est dans les coulisses de Red Bull Racing que le séisme est le plus violent. Alors que Max Verstappen a manqué le championnat du monde pour seulement deux points, l’équipe autrichienne fait face à des bouleversements majeurs de son personnel clé. Helmut Marko, figure emblématique et architecte de la filière Red Bull, laisse entendre qu’il pourrait quitter ses fonctions, tandis que Gianpiero Lambiase, l’ingénieur de course légendaire du Néerlandais, voit son avenir s’assombrir suite à une année personnellement difficile.
Ces bouleversements surviennent au moment où Red Bull prépare déjà une transition technique majeure avec l’arrivée du moteur Ford en 2026. L’association de ces changements humains et technologiques pourrait redéfinir complètement la dynastie qui a dominé la Formule 1 ces dernières années.

Helmut Marko vers la sortie : une ère qui se termine
Les déclarations d’Helmut Marko après le Grand Prix d’Abu Dhabi ont fait l’effet d’une bombe dans le paddock. Malgré un contrat valable jusqu’en 2026, l’Autrichien de 82 ans a admis que son avenir n’était plus entre ses seules mains. “Ce n’est pas remis en question, mais j’aurai une discussion et ensuite je verrai ce que je fais”, a-t-il confié à Motorsport.com. Cette prudence inhabituellement marquée traduit une situation interne complexe où la direction autrichienne du groupe Red Bull semble reprendre un contrôle plus direct.
Marko, qui a été le sésame de nombreux champions dont Sebastian Vettel et Max Verstappen, a toujours incarné l’âme de la Red Bull Racing. Son départ éventuel signifierait bien plus qu’un simple changement de personnel : ce serait la fin d’une philosophie de management agressive qui a fait ses preuves. Le consultant autrichien n’a jamais caché que son rêve ultime était un cinquième titre pour Verstappen, ce qui aurait pu marquer une fin en apothéose de sa carrière.
Laurent Mekies, directeur de l’écurie depuis cet été, a tenté de temporiser tout en confirmant que des changements étaient à l’étude. “Helmut a été incroyable dans le soutien qu’il nous a apporté pour nous aider à redresser les choses cette année”, a-t-il souligné. Cette déclaration diplomatique cache probablement des tensions sur la gouvernance future de l’équipe. Mekies a ajouté : “La Formule 1 n’est pas un environnement statique : on ajuste toujours l’organisation, que ce soit dans le domaine technique ou sportif.”
Le timing de ces incertitudes est particulièrement délicat. Red Bull s’apprête à engager une nouvelle ère technologique avec les règlements 2026 et le moteur Ford. La stabilité du leadership technique et sportif est pourtant cruciale dans une période de transition. Marko semble conscient de cette réalité : “C’est un ensemble complexe de différentes choses. Je dois me reposer et ensuite on verra.”
Gianpiero Lambiase : un avenir en suspens malgré un lien indestructible avec Verstappen
Si le départ possible d’Helmut Marko constitue un choc structurel, la situation de Gianpiero Lambiase touche directement la performance sportive. L’ingénieur de course italien, au poste depuis 2016 aux côtés de Verstappen, a été vu en larmes après le Grand Prix d’Abu Dhabi. Une image qui résonne comme un symbole d’une année 2025 particulièrement éprouvante pour celui qui est devenu une figure incontournable des stands Red Bull.
Les raisons de cette émotion sont multiples. Lambiase a dû faire face à des circonstances personnelles difficiles qui l’ont obligé à manquer les Grands Prix d’Autriche et de Belgique, remplacé alors par Simon Rennie. Ces absences ont mis en lumière la difficulté de concilier vie privée et exigences d’un job aussi prenant que celui d’ingénieur de course. Max Verstappen, interrogé sur l’état de son fidèle allié, a montré une compréhension totale : “Ce fut une année riche en émotions. Oubliez les résultats cette année. Je ne veux pas trop entrer dans les détails, mais ça a été dur.”
La relation entre le pilote et son ingénieur dépasse le cadre professionnel. Verstappen l’a clairement exprimé : “C’est bien sûr mon ingénieur de course, mais je le considère comme mon ami. Nous avons vécu tant de choses émouvantes ensemble et des accomplissements fantastiques.” Cette complicité, forgée au fil de quatre titres mondiaux, fait partie des atouts principaux de Red Bull.
Pourtant, l’avenir de Lambiase en 2026 n’est pas défini. Des sources internes à l’équipe suggèrent que des discussions auront lieu cet hiver pour trouver une organisation qui convienne à toutes les parties. Plusieurs scénarios sont envisageables :
- Un maintien au poste si les problèmes personnels sont résolus
- Une évolution vers un rôle plus stratégique, toujours sur les circuits mais avec moins de pression opérationnelle
- Une affectation en usine, bien que cela semble moins probable compte tenu de son expertise piste
Laurent Mekies confirme que la situation nécessite une approche prudente : “Le rôle précis de Gianpiero Lambiase pour l’année prochaine n’est pas encore défini. En raison des circonstances personnelles évoquées, c’est un sujet que Red Bull abordera durant l’hiver.”
Une nouvelle ère s’amorce sous Laurent Mekies pendant que le moteur Ford 2026 approche
Les interrogations sur Marko et Lambiase interviennent au moment précis où Laurent Mekies consolide son autorité sur l’équipe. Arrivé en début d’été 2025, le Français a piloté une remontée spectaculaire qui a vu Verstappen revenir à deux points du titre après avoir été distancé de 104 points à mi-saison. Cette performance a légitimé sa vision d’une équipe capable de se remettre en question constante.
Mekies prépare activement la transition 2026, année charnière avec l’arrivée du moteur Ford. Il a déjà prévenu que l’équipe ne serait probablement pas au niveau des top teams dès le début, reconnaissant la complexité du défi technique. Malgré cela, il tire de la fin de saison 2025 un capital confiance précieux : “Le niveau de performance auquel la voiture a réussi à évoluer en fin de saison donne extrêmement confiance à l’équipe.”
Le directeur technique de 48 ans veut capitaliser sur l‘“osmose” retrouvée entre l’équipe et Verstappen. Dans une interview récente, il a salué les 2000 personnes de Milton Keynes qui “n’ont jamais voulu abandonner”. Cette culture de la résilience pourrait être l’atout majeur de Red Bull dans la tempête de changements qui l’attend.
Le partenariat avec Ford représente un défi sans précédent pour Red Bull Powertrains. Après des années avec Honda puis le moteur maison développé sur base Honda, l’équipe doit maintenant développer une toute nouvelle architecture motorisée. Mekies a insisté sur l’implication de Max Verstappen dans ce processus, le pilote étant “très impliqué dans le développement du moteur Ford” selon des sources proches du projet.
Les implications pour Verstappen et la hiérarchie F1 2026
Max Verstappen se retrouve au centre de ces bouleversements. Le triple champion du monde (2021, 2022, 2023, 2024) a perdu son titre en 2025 mais a démontré une capacité de résurrection exceptionnelle. Son contrat avec Red Bull court jusqu’en 2028, mais sa confiance dans la direction et l’organisation sera déterminante.
Sur le départ de Marko, Verstappen a été évasif mais clair sur ses sentiments : “Je l’espère [qu’il reste]. Il faudrait vraiment lui poser la question, je n’en ai aucune idée.” Cette réponse nuancée traduit une réalité simple : Marko a été son principal allié politique au sein de Red Bull, notamment lors de la crise autour de Christian Horner l’an dernier. Sa perte affaiblirait la position de Verstappen au sein de l’équipe.
La situation de Lambiase est encore plus critique pour la performance pure. La relation quasi-télépathique entre pilote et ingénieur a été un facteur clé des succès de Red Bull. Leur système de communication directe, parfois colorée lors des courses, est devenu légendaire. Un changement à ce poste pourrait impacter les performances de Verstappen, même si le pilote néerlandais a montré une capacité d’adaptation remarquable.
Concurrentiellement, ces incertitudes chez Red Bull ouvrent des perspectives pour McLaren et Ferrari en 2026. Lando Norris, champion du monde 2025, bénéficie d’une stabilité totale chez McLaren avec son ingénieur Will Joseph. Charles Leclerc et Oscar Piastri ont également des équipes stables. Red Bull pourrait démarrer la nouvelle ère technologique avec un handicap organisationnel.
Que signifient ces changements pour l’avenir de Red Bull ?
La convergence de ces facteurs crée un moment de vérité sans précédent pour Red Bull. L’équipe doit naviguer entre trois défis simultanés :
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Un changement de leadership historique : Marko représente la mémoire et la culture agressive de Red Bull. Son éventuel départ signifierait une professionnalisation accrue sous contrôle autrichien direct, mais aussi une perte de l’instinct qui a fait les succès.
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Une refonte technique majeure : Le moteur Ford 2026 est une page blanche. Tout l’héritage Honda doit être transformé en une nouvelle excellence. Lambiase, avec son expérience du développement, serait précieux dans ce processus.
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Une pression de performance immédiate : Malgré la transition, Verstappen attend des résultats. La perte du titre 2025 a ravivé sa soif de victoire. Mekies devra livrer une voiture compétitive dès le premier Grand Prix de 2026.
Laurent Mekies semble avoir la confiance du groupe pour mener cette transformation. Son approche collaborative, clairement différente du style autoritaire de Horner ou de l’influence patriarcale de Marko, pourrait être la clé pour stabiliser l’équipe. Il a déjà prouvé qu’il pouvait mobiliser les troupes dans l’adversité.
Pour les fans de Formule 1, ces changements annoncent une période d’incertitude captivante. Red Bull a dominé la grille depuis 2021, mais la dynastie pourrait être à un tournant. La capacité de l’équipe à préserver sa force technique malgré les départs de Marko et potentiellement Lambiase déterminera la compétitivité de Verstappen pour les prochaines années.
La saison 2026 ne sera donc pas seulement un test pour le nouveau moteur Ford. Ce sera surtout la première année d’une Red Bull post-Marko, peut-être post-Lambiase, entièrement façonnée par Laurent Mekies. Dans ce contexte, le championnat du monde de Formule 1 pourrait connaître une redistribution des cartes sans précédent.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.