Casey Stoner, double champion du MotoGP en 2007 et 2009, n’a pas mâché ses mots à propos de la dernière innovation technologique introduite dans la discipline : l’anti-highside aid. Lors du Grand Prix d’Autriche à Spielberg, l’Australien a exprimé ses réserves quant à cette technologie, la qualifiant d’« erreur pour la sécurité et le pilotage ». Pour lui, ces systèmes, censés améliorer la stabilité de la moto, favorisent surtout les ingénieurs au détriment des pilotes, en réduisant leur contrôle et leur capacité à réagir face aux situations extrêmes.

Présentation de la critique de Casey Stoner sur l’anti-highside aid en MotoGP
Lors de ses analyses et de ses interventions publiques, Stoner a souligné que cette nouvelle technologie, plutôt que d’améliorer la sécurité, complique en réalité la tâche des pilotes. Connu pour sa maîtrise exceptionnelle en course, l’ancienne star du MotoGP considère que ces aides électroniques favorisent une forme de pilotage passif, où le rôle du pilote est dilué par la sophistication électronique. Selon lui, privilégier la technologie au détriment de la compétence humaine est une voie risquée pour la discipline.
Il affirme que « cette technologie attribue la majorité du contrôle à l’électronique, ce qui n’est pas sain » alors que, paradoxalement, la sécurité ne s’améliore pas pour autant. Au contraire, il craint qu’elle n’encourage une forme de dépendance chez les pilotes, en leur faisant perdre leur capacité à s’adapter rapidement face à des situations critiques. La philosophie même du pilotage, insiste-t-il, se voit dégradée.
Lors du dernier Grand Prix, plusieurs pilotes ont expérimenté en course la possibilité de sortir de la piste lors de freinages délicats, sans pour autant tomber, preuve que cette technologie ne supprime pas totalement les risques. Toutefois, Stoner redoute que cette tendance ne s’intensifie et ne rende la discipline plus imprévisible et dangereuse à terme.
Problèmes de sécurité liés à l’anti-highside aid selon Casey Stoner
Critiques de la technologie anti-highside aid
- Le principal reproche de Stoner est que le système supprime tout contrôle sur la glisse de la moto. En d’autres termes, il limite la capacité du pilote à gérer la moto dans les phases critiques, notamment lors de l’accélération sortie de virage ou en phase de freinage intense.
- La réduction du risque de highside, qui reste une des causes majeures d’accidents graves en MotoGP, n’est pas réellement assurée par ce type d’aide. Plutôt que de prévenir la chute, cela pourrait augmenter la vitesse en ligne droite, là où la maîtrise est moins fine.
- Il évoque aussi avoir testé, en tant que pilote, des restrictions similaires où la poignée de gaz était limitée, révélant que ces dispositifs masquent la compétence du pilote plutôt que de la valoriser.
Exemple concret lors du GP d’Autriche
Le test pratique à Spielberg, effectué lors des essais libres ou des qualifications, a confirmé ces craintes. Plusieurs pilotes ont dû corriger leur trajectoire ou sortir de la piste lors de freinages, ce qui montre que la limitation électronique, tout en évitant la chute, ne résout pas les risques réels. Aucune chute à haute-side n’a été constatée, mais le risque de sortie de route ou de collision s’est accentué, selon Stoner.
Impact sur le pilotage et la dynamique de course
La réduction de la maîtrise humaine
Pour Casey Stoner, ce qui est en jeu, c’est la perte de maîtrise du pilote. La technologie ne doit pas remplacer la capacité humaine, mais plutôt la compléter. Or, l’anti-highside aid aurait tendance à faire le contraire, en bouleversant la dynamique classique de pilotage.
Il ajoute que « la sécurité n’est pas renforcée, mais simplement déléguée à l’électronique. » Cela crée une illusion de sécurité qui peut se révéler contre-productive, notamment en cas de défaillance de l’ordinateur de bord ou d’interférence technique.
Les changements futurs et leurs risques
Stoner condamne aussi les modifications anticipées pour 2027, notamment la réduction des aérodynamiques et la limitation des capacités du moteur. Ces mesures, selon lui, ne font qu’aggraver la situation : elles entraînent des vitesses plus faibles, mais aussi des problèmes de turbulence, des distances de freinage plus courtes, et un risque accru de chute en cas de problème.
Il critique également la décision de limiter l’aérodynamisme qui, selon lui, favorise avant tout la réduction des coûts, mais à quel prix pour la sécurité ? La tension entre innovation et sécurité demeure un sujet brûlant dans le paddock.
Conséquences pour la discipline et l’avenir de la MotoGP
Les propos de Casey Stoner tirent la sonnette d’alarme sur la direction prise par la MotoGP. La course à la technologie, certes essentielle pour faire progresser la discipline, ne doit pas devenir un prétexte pour diluer le rôle du pilote.
Il met en exergue que chaque étape pour « améliorer » la sécurité doit être examinée à la loupe, car les décisions prises ont souvent des effets contre-productifs. La volonté des ingénieurs et des organisateurs doit toujours se faire en étroite collaboration avec la communauté des pilotes, pour préserver l’essence même du sport : la compétence humaine face à la machine.
Il conclut en soulignant qu’au lieu de faire confiance aux innovations, il serait plus judicieux d’investir dans la formation et le développement de la maîtrise du pilote, plutôt que de tout miser sur des systèmes électroniques supposés “sécuriser” la discipline.
Ce que cela signifie pour le championnat
Les critiques de Casey Stoner rappellent que l’évolution technologique doit rester un outil, et non un substitut, à la performance humaine. La MotoGP, en tant que sport ultime de pilotage, doit continuer à valoriser la compétence, la tactique, et le courage, plutôt que la sophistication électronique.
En suivant ces tendances, la discipline risque de perdre son âme si la sécurité devient une question de gadgets plutôt que d’habileté. La réflexion et le dialogue autour de ces innovations devraient s’intensifier pour garantir que le pilotage reste au cœur du spectacle.
Pour les fans, cela offre également une perspective nouvelle sur la manière dont la technologie influence le sport, et sur l’importance de préserver l’esprit de compétition authentique face aux avancées numériques. Reste à voir si la FIA et le MotoGP sauront écouter cette voix critique avant qu’il ne soit trop tard.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.