Carlos Sainz critique FOM Singapour célébrités et moments clés perdus

F1

Le Grand Prix de Singapour 2025 a provoqué une vive polémique, non seulement à cause de la course en elle-même, riche en rebondissements, mais aussi en raison de la manière dont la FIA et la Formula One Management (FOM) ont géré la couverture médiatique. Au centre de cette controverse, Carlos Sainz a exprimé une critique acerbe face à ce qu’il considère comme une déviation du focus sportif, au profit d’un storytelling centré sur les célébrités et le spectacle social, au détriment des vrais moments d’action en piste.

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Contexte du GP de Singapour et de la FOM

Le GP de Singapour a toujours été un rendez-vous emblématique du calendrier, mêlant urbanisme futuriste et courses techniques exigeantes. Cette année, la FOM a intensifié ses efforts pour créer une ambiance festive et hype autour de l’événement, notamment avec la présence de nombreux influenceurs et célébrités. La retransmission télévisée n’a pas hésité à reléguer l’action dramatique en arrière-plan, privilégiant les interviews de stars présentes dans le paddock ou les images de fans acclamant leur vedette préférée.

Alors que le spectacle sur la piste offrait un duel intense entre Alonso et Hamilton, dont chaque dépassement aurait mérité une mise en avant capitale, la couverture audiovisuelle s’est concentrée sur l’ambiance sociale, laissant peu de place aux véritables moments de tension et de stratégie. En persistant dans cette voie, la FOM semble avoir perdu de vue l’essence même du sport automobile — la compétition.

La critique de Carlos Sainz : un regard lucide sur la couverture

Pour Carlos Sainz, cette priorité donnée aux célébrités et à l’atmosphère glamour est un « écart dangereux » du cœur de la discipline. Lors d’un post-course relayé sur ses réseaux sociaux, il a déclaré : « La course offre des moments incroyables comme le duel entre Alonso et Hamilton, mais tout cela est noyé dans une publicité ou une star de la téléréalité qui papote au bord de la piste. On doit pouvoir apprécier le sport dans sa pureté, pas seulement son côté spectacle. »

Ce reproche n’est pas qu’une question d’esthétique : il rappelle que les vrais fans veulent voir le dépassement décisif sur le plan stratégique, la pression en fin de course ou le moment où un pilote tente l’impossible pour gagner des positions clés. Il déplore aussi que certains officiels de la retransmission aient privilégié ces extraits superficiels, laissant dans l’ombre des séquences fondamentales, comme le retour de Sainz sur la piste ou le duel intense entre Hamilton et Alonso dans le dernier secteur.

L’exemple parfait de ce décalage ? La réaction de Sainz, lors de sa dernière relance, ou encore l’échange de positions entre Ricciardo et Norris, qui ont été quasiment invisibilisés dans le flot médiatique dominé par des images de fêtes et de selfies.

La perception du public et les implications

De nombreux spectateurs, notamment les passionnés de longue date, ont exprimé leur frustration sur les réseaux sociaux. Beaucoup considèrent que cette sur-politisation du contenu social nuit à l’expérience sportive, en empêchant la compréhension et l’appréciation d’un vrai effort de pilotage. La critique de Carlos Sainz a résonné comme un appel à un changement dans la manière dont la FOM construit ses diffusions.

D’autres réactions officielles de la part de la FOM ont tenté de justifier cette stratégie par une volonté d’inclure un plus large public, notamment les jeunes et les amateurs de divertissement. Mais peu ont convaincu face à la nécessité d’un contenu équilibré, où l’action en piste doit occuper une place prépondérante.

Il en va de la crédibilité de la discipline et de la fidélité du public : la course ne se résume pas à une toile de fond pour selfies, mais à une lutte stratégique, physique et technique, que la couverture doit mettre en avant.

Vers une couverture plus équilibrée : que faire ?

Pour revenir à l’essence du sport, certains experts proposent déjà des pistes concrètes. D’une part, l’utilisation de segments dédiés au contexte social, mais sans empiéter sur le flot principal de la course. D’autre part, mieux structurer les replays ou rendre visibles toutes les phases clés, qu’elles soient stratégiques ou purement sportives.

Il serait aussi judicieux que la FOM privilégie une approche séquencée : laisser place à l’émotion des moments forts, tout en offrant en parallèle un aperçu du back-stage ou des interviews de pilotes en course. Ces éléments devraient venir compléter la narration sans la remplacer, pour un visionnage plus fidèle à l’esprit du sport.

En définitive : ce que cela signifie pour l’avenir

Le message de Carlos Sainz, et plus largement celui de nombreux fans, c’est que l’équilibre entre divertissement et sport doit être respecté. La course doit être au centre, avec ses moments d’adrénaline et ses stratégies complexes, plutôt que la toile de fond d’un agenda social.

En adoptant une approche plus équilibrée, la FOM pourrait renforcer l’intérêt du public sportif strictement authentique tout en conservant la magie du spectacle. La prochaine saison, avec ses innovations techniques et ses enjeux sportifs, sera aussi l’occasion de repenser la manière dont la F1 se raconte, pour que chaque fan profite pleinement de ce qui fait la grandeur de la discipline.


Ce qui est certain, c’est que le débat est lancé : la course est plus qu’un décor, c’est une bataille stratégique, une symphonie de talents, et non une scène pour célébrités à la mode. La F1 doit en tirer la leçon, afin d’offrir un spectacle qui allie spectacle social et intensité sportive.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.