La bataille entre Red Bull et McLaren pour le championnat de Formule 1 2025 a pris une tournure inattendue lors du Grand Prix des États-Unis à Austin. Un incident impliquant du ruban adhésif sur la grille de départ a valu à l’écurie autrichienne une lourde amende de 50 000 euros, dont 25 000 euros avec sursis. Derrière cette sanction apparemment anodine se cache une affaire de sabotage présumé qui révèle l’intensité de la rivalité entre ces deux géants de la discipline.
Les faits se sont déroulés juste avant le départ de la course texane, alors que Lando Norris s’apprêtait à s’élancer depuis la deuxième position sur la grille. Un membre de Red Bull Racing est retourné dans une zone strictement interdite après le tour de formation, ignorant les instructions des commissaires qui tentaient de fermer les accès à la grille. L’objectif de cette intrusion ? Retirer une bande adhésive placée stratégiquement par McLaren pour aider leur pilote britannique à positionner correctement sa monoplace.

La technique du tape marquage grille de départ F1 McLaren Red Bull et l’accusation de sabotage
Le tape de marquage utilisé par McLaren n’est pas un gadget anodin dans l’arsenal d’une écurie de Formule 1. Cette bande adhésive, généralement fixée sur le muret séparant les stands de la piste, sert de repère visuel crucial pour les pilotes. Placée à hauteur de tête du conducteur assis dans son cockpit, elle permet à Norris de positionner sa voiture avec précision dans sa case de départ après le tour de formation.
La visibilité depuis un cockpit de F1 est extrêmement limitée. Les pilotes ont du mal à distinguer les marquages au sol qui délimitent leur emplacement sur la grille. Cette difficulté avait d’ailleurs coûté cher à Norris lors du Grand Prix de Bahreïn en début de saison, lorsqu’il avait mal positionné sa McLaren, une erreur qui peut entraîner des pénalités sévères. Depuis cet incident, l’écurie de Woking a demandé et obtenu l’autorisation de la FIA d’utiliser ces repères adhésifs.
Selon les informations recueillies par plusieurs médias spécialisés, dont Motorsport.com, l’employé de Red Bull aurait tenté de pénétrer sur la grille par la porte n°1, située précisément à proximité de la deuxième position occupée par Norris. Les caméras de surveillance du circuit auraient capturé la scène, bien qu’elle n’ait pas été diffusée dans les images télévisées officielles de la FOM. Cette action délibérée visait clairement à perturber le départ du principal rival de Max Verstappen au championnat.
L’affaire devient encore plus troublante lorsqu’on apprend qu’il ne s’agirait pas de la première tentative de ce genre. Des sources proches des équipes indiquent que Red Bull aurait déjà essayé de retirer les repères adhésifs de ses concurrents directs lors de précédentes courses. McLaren aurait même adapté sa stratégie en utilisant un ruban adhésif plus résistant pour contrer ces manœuvres. C’est justement la difficulté à décoller ce nouveau tape plus solide qui aurait prolongé la présence du membre de Red Bull sur la grille, conduisant à son interception par les commissaires.
L’enquête de la FIA et la sanction contre Red Bull suite au sabotage présumé
Les commissaires de la FIA ont agi rapidement après la course remportée par Max Verstappen devant Lando Norris et Charles Leclerc. L’enquête a été ouverte pour “non-respect d’instructions de la part d’officiels”, une formulation volontairement floue qui ne mentionnait pas explicitement la tentative de retrait du ruban adhésif. Cette discrétion dans la communication officielle a alimenté les spéculations dans le paddock.
La principale infraction retenue concernait le fait que l’employé de Red Bull ait ignoré les ordres des commissaires qui tentaient de l’empêcher d’accéder à la grille. Les portes menant de la voie des stands à la grille doivent être fermées et verrouillées immédiatement après le passage du tour de formation. Sans cette procédure de sécurité complétée, le départ ne peut être donné. En forçant le passage, le membre de l’équipe autrichienne a donc compromis le protocole de sécurité pré-course.
Le rapport des commissaires précise que lors de l’audience, le représentant de Red Bull a affirmé que la personne concernée “n’était pas consciente des efforts des marshals pour l’arrêter”. Cependant, les stewards ont estimé que “toute personne affiliée à une équipe ou à d’autres parties prenantes doit être consciente que l’accès à la piste ou l’entrave aux mesures de sécurité pour préparer la piste avant la course, après que la grille a été évacuée, est absolument interdit”.
La sanction de 50 000 euros, dont la moitié avec sursis jusqu’à la fin de la saison 2025, envoie un message clair. Si Red Bull récidive, l’amende complète sera appliquée automatiquement. Cette décision reflète la gravité avec laquelle la FIA considère les violations des protocoles de sécurité, même lorsqu’elles sont motivées par des considérations compétitives. Laurent Mekies, directeur de l’équipe Red Bull, a assisté à l’audience, ce qui a retardé sa conférence de presse habituelle de 75 minutes.
La défense ambiguë de Red Bull face aux accusations de sabotage du marquage grille de départ
Laurent Mekies a adopté une posture défensive prudente lorsqu’il s’est exprimé avant la publication du verdict officiel. Le directeur français de Red Bull Racing a qualifié l’incident de “malentendu”, affirmant que le personnel de l’équipe était convaincu d’avoir suivi les instructions à tout moment. Cette version des faits contraste fortement avec les conclusions des commissaires et les témoignages des marshals présents.
“Nous respectons pleinement les commissaires”, a déclaré Mekies. “Pour vous dire ce que je sais, je crois que nous avons été convoqués parce qu’il a été estimé qu’à un moment de la procédure sur la grille, un de nos membres n’avait pas suivi les instructions d’un officiel ou d’un commissaire.” Cette formulation diplomatique évite soigneusement de mentionner la véritable raison de l’intrusion : la tentative de retrait du ruban adhésif de McLaren.
Le directeur de l’équipe a ajouté : “Nous avons revu la vidéo avec la FIA, et c’est clairement un point sur lequel nous pouvons faire mieux à l’avenir. Mais de notre côté, nous n’avons pas le sentiment d’avoir ignoré des instructions. Nous n’en avons pas reçu de spécifiques. C’est donc un incident mineur, mais que nous prendrons en compte à l’avenir.” Cette minimisation de la gravité des faits suggère que Red Bull refuse d’assumer pleinement la responsabilité de cet acte.
Le silence de l’équipe sur l’objectif réel de cette présence non autorisée sur la grille est révélateur. Ni Mekies ni aucun autre représentant officiel de Red Bull n’a confirmé ou démenti publiquement que leur employé cherchait à retirer le tape de McLaren. Cette stratégie du silence permet à l’équipe de payer l’amende tout en évitant d’admettre une tentative délibérée de sabotage, ce qui pourrait avoir des conséquences plus graves sur son image et ses relations avec les autres équipes.
Selon les informations relayées par plusieurs médias, l’identité précise de l’employé concerné et sa position hiérarchique au sein de l’équipe n’ont pas été révélées. Cette discrétion soulève la question de savoir si cette action a été menée sur ordre de la direction ou s’il s’agissait d’une initiative individuelle. Dans un environnement aussi structuré et contrôlé qu’une équipe de F1, il est difficile d’imaginer qu’un membre du personnel agisse de sa propre initiative dans un moment aussi critique que la procédure de pré-départ.
Les implications du tape marquage grille de départ F1 pour la rivalité McLaren Red Bull
Cette affaire de sabotage présumé illustre parfaitement l’intensité de la bataille entre Red Bull et McLaren pour les championnats 2025. Alors que Lando Norris tente de combler son retard sur Max Verstappen au classement des pilotes, chaque détail compte. La lutte pour le titre constructeurs est tout aussi serrée, et les deux équipes sont prêtes à exploiter la moindre faille, légale ou non, pour prendre l’avantage sur leur rival.
L’incident révèle également les zones grises du règlement sportif de la Formule 1. Paradoxalement, retirer le ruban adhésif d’un concurrent n’est pas explicitement interdit par le règlement. Ce sont les circonstances dans lesquelles cet acte a été commis – après l’évacuation de la grille et en ignorant les ordres des commissaires – qui ont constitué l’infraction sanctionnée. Cette subtilité réglementaire suggère que si l’opération avait été menée plus tôt, avant la fermeture de la grille, elle aurait pu passer inaperçue ou du moins ne pas être sanctionnée.
Gary Anderson, ancien directeur technique en F1, a commenté l’affaire pour The Race, qualifiant ces manœuvres de “classique escroquerie de F1”. Selon lui, ce type de petits coups tordus entre équipes fait partie intégrante de la culture compétitive du paddock depuis des décennies. Cependant, la professionnalisation croissante du sport et l’attention médiatique accrue rendent ces pratiques plus risquées et potentiellement plus dommageables pour la réputation des équipes impliquées.
La réaction de McLaren a été tout aussi mesurée que celle de Red Bull. L’écurie britannique a refusé de commenter officiellement l’incident, choisissant de laisser la FIA gérer la situation. Cette retenue est stratégique : en évitant l’escalade publique, McLaren maintient sa position de victime tout en préservant les relations nécessaires au bon fonctionnement du championnat. Néanmoins, l’adaptation de leur méthode de tape, avec l’utilisation d’un adhésif plus résistant, montre qu’ils ont bien conscience des tentatives répétées de sabotage.
L’affaire soulève aussi des questions sur la surveillance et la sécurité dans les zones sensibles du circuit. Si les caméras de surveillance ont effectivement capturé l’incident, pourquoi ces images n’ont-elles pas été rendues publiques ? La FIA protège-t-elle délibérément Red Bull en maintenant une certaine opacité sur les détails précis de l’affaire ? Ou s’agit-il simplement d’une volonté de ne pas transformer chaque incident mineur en scandale médiatique susceptible de nuire à l’image du championnat ?
Les répercussions du scandale du sabotage tape marquage grille de départ F1 McLaren Red Bull
Au-delà de l’amende financière, relativement modeste pour une équipe au budget de Red Bull, les conséquences de cet incident pourraient être plus profondes. L’écurie autrichienne, déjà sous pression suite aux controverses entourant son principal pilote Max Verstappen et ses manœuvres défensives agressives cette saison, voit son image écornée par cette affaire. Le terme “sabotage”, même s’il n’apparaît pas dans les documents officiels, circule désormais largement dans les médias et le public.
Cette tentative ratée pourrait également renforcer la détermination de McLaren et Lando Norris. Le pilote britannique, qui termine régulièrement sur le podium mais peine encore à décrocher des victoires face à Verstappen, pourrait trouver dans cet incident une motivation supplémentaire. Les rivalités sportives s’intensifient souvent lorsque l’un des protagonistes franchit la ligne du fair-play, et cette affaire pourrait marquer un tournant psychologique dans la bataille pour le titre.
La FIA devra probablement clarifier son règlement concernant l’utilisation de repères visuels sur la grille de départ. Si McLaren a obtenu l’autorisation d’utiliser du ruban adhésif, d’autres équipes pourraient faire de même. Une réglementation plus précise sur la protection de ces aides visuelles et les sanctions en cas de sabotage délibéré pourrait être nécessaire pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. La mise en place de zones strictement interdites avec surveillance renforcée pendant la procédure de pré-départ pourrait également être envisagée.
L’incident met également en lumière la pression immense qui pèse sur les équipes de F1 modernes. Avec des budgets plafonnés et des écarts de performance réduits, chaque avantage marginal devient crucial. Cette course aux détails peut parfois conduire à des comportements limites, voire clairement antisportifs. Le tape de marquage, innovation simple mais efficace pour aider un pilote à optimiser son départ, est devenu l’objet d’une bataille psychologique et tactique entre les deux équipes de tête.
Pour Red Bull, la question centrale reste de savoir qui a donné l’ordre ou approuvé cette action. Était-ce une initiative individuelle d’un mécanicien zélé cherchant à aider son équipe par tous les moyens ? Ou s’agissait-il d’une stratégie orchestrée depuis les plus hauts échelons de l’équipe ? Le mystère entourant l’identité et la hiérarchie de l’employé impliqué laisse planer le doute. Dans la culture ultra-professionnelle de la F1, où chaque action sur la grille est planifiée et coordonnée, l’hypothèse d’un acte isolé semble peu probable.
L’affaire du tape marquage grille de départ F1 impliquant McLaren, Red Bull et l’accusation de sabotage restera probablement comme l’un des épisodes les plus controversés de la saison 2025. Alors que Max Verstappen a remporté le Grand Prix des États-Unis devant Lando Norris, prolongeant son avance au championnat, la victoire sur la piste est ternie par cette tentative ratée de tricherie en coulisses. Ce scandale rappelle que dans la quête de la victoire en Formule 1, certains sont prêts à franchir les limites de l’éthique sportive, au risque de compromettre l’intégrité de la compétition.
Avec trois courses encore au programme de cette saison palpitante, tous les regards seront désormais tournés vers les grilles de départ. McLaren renforcera-t-il encore son système de marquage ? Red Bull tentera-t-il à nouveau de perturber ses rivaux, au risque d’une sanction encore plus lourde ? Et surtout, la FIA saura-t-elle mettre en place les garde-fous nécessaires pour garantir que le championnat se décide sur la piste et non dans les zones d’ombre des procédures pré-course ? La réponse à ces questions façonnera non seulement l’issue de cette saison, mais aussi l’avenir de la rivalité entre ces deux géants de la F1.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.