Francesco Bagnaia, pilote usine Ducati, a vivement plaidé pour que la MotoGP organise des tests préalables sur les nouveaux circuits avant d’y disputer des courses officielles. Ses déclarations interviennent après le retour chaotique du championnat au Brésil, sur le circuit de Goiânia, où des problèmes graves de piste ont terni l’événement. Alors que le paddock se réunissait à Austin au Texas, le sujet des déboires brésiliens restait brûlant.
Le double champion du monde italien insiste sur la nécessité d’anticiper les difficultés, en s’appuyant sur des expériences passées comme celle de l’Inde en 2023 ou du Brésil récemment. « Pour l’avenir, nous avons absolument besoin d’un test avant [de courir sur un nouveau circuit] », a-t-il déclaré.

Le fiasco de Goiânia au Brésil
Le Grand Prix du Brésil 2026 à Goiânia s’est transformé en véritable embarrassement pour la MotoGP. La piste, entièrement rénovée, a présenté des problèmes majeurs de surface : dégradations asphaltées, nids-de-poule et même un énorme trou sur la ligne droite principale. Ces incidents ont forcé une réduction soudaine de la distance de course et perturbé le week-end entier.
Les pilotes ont signalé des pierres projetées sur eux, rendant la conduite dangereuse. Direction de course MotoGP a publié un communiqué officiel reconnaissant les soucis, avec promesse de réparations avant le retour en 2027. Les organisateurs s’engagent à corriger ces défauts.
Malgré cela, Bagnaia a tempéré ses critiques. « En tant que pilote, je trouve la piste sympa, très agréable à piloter. Il y a eu des problèmes, c’est vrai, mais j’ai vu beaucoup d’efforts pour éviter les soucis et faire courir la course. » Le circuit n’était pas prêt, mais le week-end s’est déroulé normalement, avec des travaux en cours pour l’an prochain.
Ces événements rappellent les risques des retours sur des pistes oubliées depuis des décennies, comme Goiânia, absent du calendrier depuis 1989.
L’exemple positif de Mandalika en Indonésie
Bagnaia cite l’exemple de Mandalika, premier Grand Prix en 2022, où un test préalable a fait toute la différence. « En Indonésie, nous avions fait un test et nous avons identifié les problèmes en roulant sur place. C’était super, car nous avons compris les pneus, vu qu’ils n’étaient pas suffisants pour le week-end de course, et nous avons pu ajuster. »
Ce test a permis d’anticiper les défis logistiques et techniques, rendant l’événement fluide et agréable. Les pilotes ont pu s’adapter aux conditions locales sans surprises majeures.
L’Italien souligne que les motos MotoGP doivent être utilisées lors de ces essais, mais pas forcément avec les pilotes de course. « Pour moi, les testeurs suffisent. Si des pilotes de GP roulent, ils vont à la limite. Pas tous les testeurs, mais c’est mieux que d’arriver directement pour la course. »
Cet approach a prouvé son efficacité et pourrait servir de modèle pour les futurs ajouts au calendrier.
Les nouveaux circuits prévus pour 2027
La MotoGP prévoit deux circuits « nouveaux » en 2027 : les rues d’Adélaïde pour le GP d’Australie et Buenos Aires pour l’Argentine. Adélaïde marque un changement radical, passant de Phillip Island à un tracé urbain inspiré de la F1, sur trois jours en novembre. L’annonce officielle confirme ce premier GP de rue en ville.
Buenos Aires revient après 1999 à l’Autódromo Oscar y Juan Gálvez, rénové. Les patrons MotoGP ont visité le chantier, promettant un événement iconique.
Comme Goiânia, Buenos Aires a un passé MotoGP ancien, prouvant que l’historique ne suffit pas sans préparation moderne. Des tests seraient cruciaux pour éviter les pièges : adhérence, sécurité, pneus.
- Avantages des tests préalables :
- Identification des problèmes de surface et de grip.
- Adaptation des pneus et réglages machines.
- Évaluation de la sécurité pour les pilotes.
- Logistique améliorée pour teams et spectateurs.
Ces nouveautés s’inscrivent dans un calendrier ambitieux, avec potentiellement 25 courses, dont un retour en Chine.
Réactions des autres pilotes et perspectives
D’autres pilotes à Austin ont rejoint Bagnaia dans son appel prudent. Le consensus : tester évite les humiliations comme au Brésil ou en Inde 2023, où l’arrivée directe avait compliqué les choses.
Les testeurs comme Michele Pirro ou Cal Crutchlow jouent un rôle clé, roulant sans risquer les stars. Cela préserve la santé des pilotes pour les championnats.
Pour 2027, avec des changements techniques majeurs (850cc, Pirelli exclusif), les tests circuits seront d’autant plus vitaux.
La MotoGP pourrait officialiser une politique de tests obligatoires pour nouveaux venues, renforçant sa crédibilité.
En conclusion, les mots de Bagnaia résonnent comme un appel à la raison face à l’expansion rapide du calendrier. Tester à l’avance garantit des courses sécurisées et spectaculaires, évitant les fiascos coûteux. Pour Buenos Aires et Adélaïde, un test dès 2026 serait idéal, posant les bases d’une saison 2027 mémorable. Le paddock attend des actes concrets de Dorna.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.